La Cabane dans les bois : Top 10 Maisons Hantées

A l’occasion de la sortie le 2 mai du film de Drew Goddard, la rédaction de cinévibe vous propose un tour d’horizon de nos films de maisons hantées favoris. Bienvenue chez nous.

Des étudiants venus passer un week-end dans une cabane au fond des bois sont confrontés à deux employés de bureau liés au mystérieux passé des lieux…

10. Beetlejuice

Adam et Barbara filent le parfait amour dans leur jolie maison sur la colline, et…ils meurent. Fantômes coincés dans leur maison, ils voient avec horreur arriver de nouveaux habitants : une famille de New-Yorkais stressés qui décident de s’attaquer à leur demeure pour lui donner un cachet plus contemporain. Pour les déloger, le manuel de bienvenue dans l’Autre Monde s’avère insuffisant, et ils se voient dans l’obligation de faire appel à un bio-exorciste aux méthodes radicales. Beetlejuice ! Beetlejuice ! Beetlejuice !

Malgré seulement 17 minutes à l’écran, le héros du chef d’œuvre d’un Tim Burton encore inspiré imprima pour longtemps nos rétines réjouies. De ce récit unique d’ « exorciste inversé », le réalisateur nous livre un bijou de marginalité, bourré de clins d’oeils et de trouvailles toutes plus délirantes les unes que les autres. Doté d’une bande originale au diapason et d’une interprétation inattaquable, Beetlejuice reste pour beaucoup le travail le plus abouti du fou génial.

9. House

Auteur de romans d’horreur et vétéran de la Guerre du Vietnam, Roger Cobb s’installe dans un vieille demeure léguée par sa tante. Mais il est très vite poursuivi par l’armée de fantômes dirigée par Ben, un ancien du Vietnam abandonné par Roger.

Réalisé par le talentueux Steve Miner, House est toujours aujourd’hui l’une des plus intéressantes réussites de la série B des 80’s. D’un décalage assumé à un traitement du traumatisme post vietnamien assez inattendue, House,  à l’instar du totalement barré film éponyme de Nobihiko Obayashi, est un jouissif et salvateur défouloir. Une comédie horrifique inoffensive et bien foutue.

8. Inferno

Une jeune femme qui vient d’aménager dans un luxueux immeuble new-yorkais apprend que l’architecte l’a conçu pour les trois divinités maléfiques qui gouvernent le monde…

Dario Argento… Tantôt génial, tantôt gênant… Sordide, le film du réalisateur transalpin prouve avec Suspiria de la maestria d’antan de l’auteur du futur Dracula 3D… Grandiloquent, baroque, terrifiant, intriguant, Argento livre avec ce cauchemar pelliculé un souvenir éprouvant de ses obsessions géométriques horrifiques. Un must aussi maniéré que grotesque.

7. Shining

Jack Torrance, écrivain, prend la charge de gardien dans un grand hôtel fermé l’hiver afin de se consacrer à son nouveau roman. Accompagné de sa femme et de son fils Danny, il s’apprête à vivre de longs mois de solitude dans ce lieu isolé. Danny, qui possède le Shining, un don de médium, commence vite à comprendre qu’ils ne sont pas si seuls dans cet endroit marqué par de tragiques évènements.

Septième ou premier, inutile de réitérer les louanges d’un film que l’auteur de ces lignes qualifierait de parfait. Obsédant et d’une maitrise formelle quasi chirurgicale, le fantôme du feu Stanley Kubrick rodera pour toujours aux alentours de l’Overlook Hotel. Labyrinthique et effrayant, Shining est à coup sûr une leçon d’épouvante illustrée. Un film aussi dérangeant qu’entêtant, comme le fracas des lettres d’une machine à décrire le trépas.

6. Evil Dead

Cinq jeunes vacanciers s’installent dans une baraque au coeur d’une sinistre forêt. En descendant dans une cave lugubre, les deux garçons de la bande découvrent un vieux magnétophone qui, une fois remis en marche, émet une incantation magique. Celle-ci va réveiller les forces du mal, déclenchant ainsi une horreur sans nom…

Des têtes à claques dans un bois, isolées et sans issues, voilà un pitch dont la simplicité et la sincérité frôlent le suicide. Et Pourtant… Schème de nombres de sombres suiveurs, le délire à 24 images secondes de Sam Raimi n’a malgré tout rien d’une obscure série Z sans ressources. D’une imagination sans bornes, le créateur de Spider Man ou d’Un Plan simple personnifie grâce à cette entité maléfique hors champ nos peurs les plus enfouies. Hilarant, gore ou monstrueux, ce Kaleidoscoque d’émotions imprévisibles est un grand 8 toujours aussi respecté. S’il ne devait rester qu’un seul ambassadeur, Evild Dead grimperait sans mal sur les marches du podium.

5. La Maison du diable

Pour poursuivre ses expériences de parapsychologie, le professeur Markway réunit un groupe de personnes dans un vieux manoir réputé hanté. Dès la première nuit, les hôtes sont terrorisés par des bruits insolites. Eleanor est au bord de la dépression et le professeur lui conseille de partir. Elle refuse, prétendant que la maison la retient.

Mis en image par le docteur ès Robert Wise, ce film d’un autre temps (que cite parfois le surestimé La Dame en noir) est pour tout cinéphile une véritable leçon de septième art. Du cadre à l’intensité sonore, de l’interprétation sans failles à une photo assez remarquable, l’œuvre nous prend par la main pour mieux nous pousser dans le vide. Formellement inattaquable, La Maison du diable est un incontournable de l’épouvante.

4. Poltergeist

La vie d’une famille californienne sombre dans la terreur quand d’étranges phénomènes commencent à se produire dans leur foyer dont un mauvais esprit s’est emparé.

S’inspirant de nombre de faits divers ayant défrayé la chronique au pays de l’Oncle Sam, Poltergeist de Tobe Hooper (non non, pas Spielberg) traumatisa nombre de spectateurs lors de ses diverses projections. La véracité de ces personnifications venues de l’au delà frappèrent en effet en plein cœur un public peu enclin à un si traumatisant face à face avec l’autre côté du miroir. Magnifié par la sublime JoBeth Williams, la pellicule vous noue la gorge pour ne plus vous lâcher. Une descente aux enfers inévitable que l’on concède, suffoquant et résigné.

3. Les Autres

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Grace vit avec ses deux enfants dans un manoir sur l’île de Jersey, attendant le retour de son mari parti au front. Elle est obligée de cloîtrer ses enfants à l’intérieur de la demeure car ces derniers sont atteints d’une maladie rare qui leur interdit le contact direct avec une quelconque source de lumière. L’arrivée de nouveaux serviteurs vient perturber l’ordre établi, et des manifestations étranges apparaissent…

Pur chef d’œuvre inattendu d’Alejandro Amenabar, Les Autres et cette sombre (sic) histoire de progéniture condamnée à l’obscurité offre à Nicole Kidman le meilleur rôle de sa carrière. Huis clos Hitchcockien aux rumeurs colportées par le craquement d’un parquet vieillissant, cette réflexion hypnotique nous achève par un twist final imparable. Jamais égalé, Les Autres est un modèle de mise en scène soignée et de découpage réfléchi. Un sans faute.

2. Les Innocents

Fin 19ème siècle, une gouvernante inexpérimentée s’occupe de deux jeunes orphelins dans une grande maison victorienne. Des apparitions étranges et le comportement de plus en plus imprévisible des enfants vont semer le doute et l’inquiétude chez la jeune femme. Qu’est devenue ainsi la précédente gouvernante ? Et pourquoi ses jeunes protégés deviennent aussi incontrôlables ?

Partageant l’affiche avec robert Wise eu égard aux cadors du genre, le film de Jack Clayton et sa portée émotionnelle quant à la personnification du mal est aujourd’hui intacte. Malaise intemporel oppressant autant que vomissure terrifiante des peurs indicibles, ce joyau de suggestion est un vibrant hommage au roman d’Henry James : Le Tour d’écrou. Baladant le spectateur de l’inquiétante étrangeté du fantastique Victorien à la tradition gothique de l’innommable, Les Innocents abandonne un spectateur le souffle court, perdu dans les méandres d’une psyche frustrée et incrédule. Un monument.

1. L’Orphelinat

Laura retourne dans la maison où elle a passé son enfance, et décide d’en faire un orphelinat. Peu de temps après, son fils, Simon, se fait un ami imaginaire.

Esthétiquement inattaquable, la réussite de Juan Antonio Bayona alterne avec brio frissons d’effroi et réflexion poignante sur la maternité. Lorgnant du coté des peurs enfantines et de films comme L’Échine du Diable ou Les Autres (impossible ici de ne pas remarquer son origine ibérique); le film est parfois taxé d’assez peu original. On lui préférera les adjectifs de sobre, d’inspiré, ou de maitrisé. Sans stylisation excessive, le film vous laisse gorge nouée par tant de maestria narrative, le tout porté par une interprétation et une ambiance ultra-efficace. Un bel instant de cinéma.

De Voldemort et Harry Potter pour les bouts de choux à l’inoubliable professeur abatant au pistolet un as du sabre dans Indiana Jones et le temple maudit, l’histoire du septième art est semée de ces duels gravés au fer rouge. A l’occasion de la sortie d’Hunger games, tour d’horizon forcément subjectif d’une thématique sans âge.

Cinéma de genre et concours de b…

Alors que Robert De Niro et John Travolta s’apprêtent à s’entretuer en pleine forêt dans le prochain Killing season de Mark Steven Johnson, tâchons de jeter un œil dans le rétroviseur pour une réminiscence salvatrice de quelques uns des plus beaux manos à manos du cinéma fantastique. Pour les grincheux, il vous reste le forum pour y déverser votre cinéphilie…

A peine ce nouveau millénaire entamé, nous nous vîmes renverser de notre fauteuil avec les nouvelles trilogies Star Wars. Pourtant, force est de constater que la trilogie initiée par tonton Lucas nous a fait vivre de sacrés faces à faces. Autre chose que le final contre Dark Maul dans l’épisode I : La Menace fantôme en somme…

Sûr que Dark Vador contre Luke Skywalker, bien qu’un peu « au ralenti », c’était tout de même autre chose… Sacrifié sur l’autel du mercantilisme, cet affrontement final vendu comme définitif ressemblera en effet bien plus à un pétard mouillé.

Plus proche de nous, la trilogie des frères Wachowski : Matrix, dont le premier volet sortît sur nos écrans le 23 juin 1999, tenta vainement de nous vendre une mythologie tout aussi légendaire. Un coup dans l’eau tant celle ci perdît son public dans un imbroglio philosophico-science fictionnel ampoulé. Reste toutefois un spectaculaire combat entre Neo (Keanu Reeves) se frittant avec une centaine d’agent Smith.

Nous pourrions donc simplement apprécier le Christophe Lambert de Highlander et son duel à l’épée avec le terrifiant Clancy Brown ou même Sylvester Stallone face à Wesley Snipes dans Demolition man  en 1994… Mais l’histoire des salles obscures et ses séances SF et fantastiques connut de bien plus marquantes figures inoubliables.

Impossible ainsi d’ignorer l’incroyable Sigourney Weaver dans Alien en 1979 ( !) puisAliens, le retour de James Cameron en 1986. Ici, la belle se débarrasse de la créature en la propulsant dans l’espace à travers en sas, non contente d’avoir auparavant revêtue un exosquelette motorisé ayant rendu bouche bée tous les gamins que nous étions. Sacré duel !

Mais le patron en matière de cinéma SF demeure et demeurera toujours notre Schwarzy vénéré. Grâce aux deux premiers volets de Terminator  tout d’abord où le précité James Cameron nous offre un trip définitif en matière de baston entre robots futuristes, mais surtout grâce au favori de l’auteur de ces lignes : Predator. Le burné John Mctiernan nous offre ainsi en 1987 ce qui est surement l’une des plus belles «course-poursuite dans la forêt jusqu’à la mort » que l’on ai jamais vu.107 minutes de tension, d’ingéniosité, de brutalité et de frayeur. Un pur chef d’œuvre.

Encore plus flippant et gore, n’oubliez pas non plus de jeter un œil du côté de deux cadors du genre horrifique : l’inégale saga Halloween et le bijou The Thing : Tous les deux bien sûr signé John Carpenter.

Alors que dans lepremier : La Nuit des masques,  l’innocente Jamie Lee Curtis tâche de semer le terrifiant Michael Myers (il crève quand celui là !), le second nous offre une hécatombe de second rôles dont l’apogée sera la décision finale choisie par l’impeccable Kurt Russel face à une créature sanguinaire. Tour à tour subjectifs, esthétiques, angoissants ou métaphysiques, ces deux films catapultent le cinéma de genre dans la cour des grands. Tous les deux objets d’un remake, aucun ne purent réitérer l’exploit de ces deux joyaux : un must !

Du thriller 100% testostérone au  western spaghetti  !

Nous évoquions plus haut John Travolta dans son futur film d’action, nous pourrions tout autant citer le réussi Volte face en 1997. L’inégal John Woo offre ici à l’acteur et à Nicolas Cage un script halluciné mais assumé nous faisant presque croire à cette histoire  de changement de visages. Deux belles performances d’acteurs tout de même pour un film un peu bancal mais complètement second degré. De performances il en sera également question avec les exemples suivants.

D’un côté il y a le sympathique Invincible de Walter Hill avec Ving Rhames et Wesley Snipes, de l’autre Rocky IV. Deux manières bien différentes d’appréhender la boxe ou le foutage sur la tronche. Si nous ne pardonnerons jamais à Dolph Lundgren d’avoir exécuté Carl Weathers, on appréciera les manières toutes personnelles de notre Sly favori pour lui rendre la pareille. Intense, éprouvant, frôlant parfois avec le pathos, ce cri du cœur de 1976 résonne encore aujourd’hui  quelque soit le nombre de visionnage.

Duel a mort ? Pas tout a fait mais sacrément enthousiasmant!

Derniers regards dans le rétroviseur. Gladiator tout d’abord nous offre un magnifique final à mort digne des plus belles tragédies grecques. Dans le chef d’œuvre de Ridley Scott, Commodus et Maximus s’affrontent dans l’arène pour l’honneur et une apogée lyrique plus que poignante. Plus convenue mais pas moins soigné : le Traqué du grand William Friedkin.

En plus d’un casting 4 étoiles où s’affrontent Benicio Del Toro et Tommy Lee Jones, on reste pendu à la réalisation sans faille, un script carré et une ambiance haletante. Simple mais efficace, le film du réalisateur de L’Exorciste remplit son office en laissant son spectateur le souffle court, un regard inquiet dans le dos.

Le duel au cinéma, c’est un peu comme le sourire béat après l’amour, c’est inévitable. C’est ce que l’on appelle pour les scénaristes en herbe : « l’élément déclencheur du récit ». Lorsqu’on « contrarie » celui-ci pour y apporter imprévus et intérêt. Tout ça pour dire qu’il n’est jamais aussi magnifié que dans les figures mythiques d’un genre à part : le western.

Encore plus populaire que pour les genres cités plus haut, le western est dans l’imaginaire peuplé de ces duels aux pistolets au milieu des verres de scotchs et des crachoirs.

Du final inoubliable du chef d’œuvre de Sergio Leone : Le Bon, la brute et le truandoù Clint Eastwwod, Eli Wallach ou Lee Van Cleef se lancent à la poursuite d’un trésor caché dans un cimetière ou Mon nom est personne où Henry Fonda et Terrence Hill se livrent un « amical duel à mort » inoubliable, cette tranche de septième art qu’est le western regorge de ces moments de bravoure. Un vrai bonheur pour tous les amoureux des histoires simples, là oùl’honneur et la loyauté font loi.

Plus proche de nous, Mort ou vif du surdoué Sam Raimi est l’un d’entre eux. La belle Sharon Stone, Gene Hackman, Leonardo DiCaprio… Voilà un casting 4 étoiles pour un film réévalué aujourd’hui et parsemé de duels au soleil divertissants et à la réalisation ludique.

Dans un tout autre registre, sombre et viril, reste en mémoire le jouissif Impitoyable du grand Clint. Cow boy sadique, prostitué défigurée, tueur reconverti, le film est comme un Colt plaqué sur la nuque : menaçant et au dénouement inévitable. Réaliste et poignant, démythifiant les héros de western, Eastwood parvient àr etranscrire avec justesse la laideur noire et sarcastique d’une époque qu’il n’a pas connu. Un film définitif.

Vendredi ou le duel sauvage

Quand l’immense John Boorman réunit deux légendes du septième art, Lee Marvin et Toshiro Mifune, pour leur offrir une confrontation grandiose au sein d’une île déserte, il ne fait pas les choses à moitié. Élégie panthéiste, duel implacable, conflit d’une humanité et d’une beauté saisissante, Duel dans le Pacifique contient et magnifie l’ensemble des thématiques du metteur en scène. Servi par des décors impressionnants et des comédiens au charisme imposant (surtout Mifune, dont ‘intensité ne faiblit jamais), le long-métrage demeure un des plus beaux affrontement pelliculés qui soit, sorte de Robinson Crusoé sauvage et impitoyable.

Des gunfights au pays du matin frais

L’Amérique n’est pas la seule à régler certains de ses problèmes l’arme au poing. Petit zoom donc chez nos amis asiatiques.

Quentin Tarantinoleur leur rendra d’ailleurs hommage avec son très beau diptyque :Kill Bill, et notamment ce duel à mort entre Lucy Liu et Uma Thurman dans un magnifique jardin japonais, lieu inespéré pour y laisser son dernier souffle. Inutile pourtant de chercher si loin.

Que ce soit le magnifique The Killer de John Woo en1995 au fantastique et mythique combat de fin d’Operation Dragon deRobert Clouse et un Bruce Lee au corps griffé inoubliable (et n’y voyez là aucun jugement …  esthétique !), les faces à faces sont donc également légions de ce côté du globe.

Pour l’auteur de ces lignes, l’apogée demeurera toutefois le chef d’œuvre dantesque, terrifiant, hard boiled et poétique d’Ötomo : Akira.

Duel au sommet entre deux amis d’enfance qu’aujourd’hui tout sépare, l’opposition entre Tetsuo et Kaneda dans un Neo-Tokyo post apocalyptique est encore aujourd’hui l’une desplus violentes et effroyables illustration du traumatisme nippon dans l’histoire de leur animation. Du pur génie.

De Derrick contre Superman du récemment oscarisé Michel Hazanavicius (et oui) pour déconner un peu à Gandalf contre le Balrog dans Le Seigneur des anneaux ou de Jean Claude Van Damme face au « Démon » dans Coups pour coups (pour continuer) au très classe James Bond contre Auric Goldfinger, difficile d’englober la planète cinéma dans une si large thématique.

Le choix de la rédaction

Comme expliqué cidessus, il serait aisé d’écrire une dizaine de dossiers identiques en changeant chaque fois de films tant le parcours cinématographique mondial est semé de ces affrontements sanglants. Il était toutefois de notre ressors d’effectuer un choix, modeste pied à l’étrier pour accéder, pas après pas, au nirvana artistique et éclectique.

Nous vous laissons donc avec ce que certains d’entre nous estiment être le top du top. A vous désormais de dénicher vos propres pépites. Sur ce, dos à dos et 10 pas. Feu !

Crépusculaire, anthologique, flamboyant, culte, Heat de Michael Mann est tout cela à la fois. Duel inespéré entre Al Pacino et Robert de Niro (un vrai fantasme) magnifié par de seconds rôles plus parfaits les uns que les autres, cette exploration sombre et angoissante des rapports humains laisse dans la bouche un goût âpre de lucidité. Des hommes, des vrais, qui s’apprennent, s’affrontent et se respectent, c’est peut-être ça finalement, un duel au cinéma.

A l’occasion de la sortie de Twixt, nouvel opus de Francis Ford Coppola, la rédaction de Cinevibe a reçu l’insigne honneur de s’entretenir durant près d’une heure avec le génie du septième art lors d’une table ronde. Récit non exhaustif d’une rencontre inoubliable avec un gentleman à l’humilité confondante.

Un salut aucunement emprunté est adressé à Laurence Granec, Karine Ménard et la délicate Laura Degiorgi. Merci à elles.

Y-a-t ‘il un lien entre le mot Twist et le titre de votre film et pouvez vous nous l’expliquer ?

Le titre original était Twixt Now and Sunrise. C’est du vieil anglais qui évolua au fil du temps en betwixt puis between. J’ai lu ça dans une nouvelle de Nathaniel Hawthorne et j’ai trouvé cela très beau. C’est exactement là ou se situe le film. Un monde « entre deux ». Entre le bien et le mal, le rêve et la réalité. (…) Le titre original était trop long et lorsqu’un titre de film est surprenant (comme Apocalypse now), cela lui donne une certaine énergie. Voilà pourquoi j’ai souhaité le raccourcir mais sans rapport avec un twist non.

En voyant le film, on se dit que vous vous êtes bien amusé. Il y a beaucoup de clins d’œil à d’autres réalisateurs comme Tim Burton ou David Lynch et un second degré assumé. Vous prenez toujours autant de plaisir à réaliser ?

Encore plus aujourd’hui oui car j’ai moins de pression.

Quand on finance soi-même son film et qu’on met son propre argent en jeu, il n’y a personne pour vous rendre fou, personne qui envoie son consultant sur le plateau On est plus libre tout simplement. Lorsque le budget est réduit, les idées peuvent s’épanouir. C’est ce que je crois.

Quand un film coûte énormément, il n’a pas le droit à l’échec, mais il ne peut pas non plus s’agir d’un véritable succès, car ce besoin de ne pas se planter est une limite en soi. Aujourd’hui, tous les films se ressemblent, appliquant une même recette leur garantissant un revenu minimum. Mais vous avez beau avoir un acteur merveilleux comme Leonardo Di Caprio à l’affiche, cela ne vous garantit pas le succès, tout au plus la curiosité des spectateurs. Il vaut mieux s’assurer que le film ne coûte pas grand-chose. Comme ça si on perd, on ne perd pas trop

Vous avez déclaré vous être inspiré de vos propres rêves pour l’esthétique du film. Avez vous illustré celles-ci de façon exacte ?

Ce fut très curieux. J’étais en Turquie à la recherche d’un lieu intéressant et après quelques verres de raki, un alcool local, j’ai fais un rêve saisissant. Ça s’est passé exactement comme dans le film. Ensuite peut-être y avait –il certaines différences avec Twixt mais ce qui importe c’est l’impression qui en résulte. (…)

Réveillé par la prière de cinq heures du matin, je ne pu retrouver mon rêve et y connaître la fin. J’ai donc décidé de tourner chez moi, en Californie, au milieu des forêts  et de ces petites villes étranges où vivent des gens étranges. D’ailleurs cet endroit où le sheriff vend des cabanes à oiseaux existe réellement, je ne l’ai pas inventé. (…) Dans le film, on suit un Val Kilmer assez pathétique. C’est un peu comme ça que je me perçois parfois.

Ma carrière à débuté quand j’avais une vingtaine d’années, et depuis elle n’a fait que décliner. J’ai connu de plus en plus d’ennuis. Apocalypse now c’était n’importe quoi, on a explosé le budget, c’était horrible. Depuis cet énorme succès qu’a été Le Parrain, j’ai toujours eu l’impression d’être un has-been. Aujourd’hui on me demande « pourquoi les films que vous réalisez aujourd’hui ne sont pas aussi bons que ceux d’autrefois ? », ce à quoi je réponds « mais ceux d’avant, personne ne les trouvait bons non plus ». Peut-être que mes films ont besoin de vieillir, peut-être que si vous revoyez mes films d’aujourd’hui d’ici vingt ans vous les aimerez, c’est comme ça.

Twixt est un film de vampires. La comparaison avec Dracula semble inévitable. Comment expliquez-vous ce grand écart formel et sémantique.

Dracula est vraiment différent. A l’époque quand on m’a proposé cette commande, j’étais vraiment un réalisateur hollywoodien et le projet me plaisait. M’atteler à l’œuvre de Bram Stoker, utiliser des effets spéciaux à la Méliès… Mais les films n’ont rien à voir l’un avec l’autre si ce n’est mon amour pour les romans gothiques américains. Bram Stoker, Mary Shelley, Hawthorne, Robert Louis Stevenson, Edgar Allan Poe… J’ai toujours aimé la littérature fantastique.

Un mot à propos de votre rapport à Hollywood. Cela fait une dizaine d’année que vous travaillez en dehors du système. Etre vous prêt à collaborer avec eux de nouveau pour un gros budget ?

Hollywood, je ne sais pas ce que cela signifie. Même en mettant son propre argent en jeu on ne peut pas gérer la distribution. On peut toujours travailler avec ses propres caméras mais la distribution c’est une autre histoire. Il faudrait presque faire comme George Lucas : engager la 20th Century Fox, leur donner plein d’argent et leur demander de bien vouloir distribuer son propre film. (…) Je ne pourrais plus aujourd’hui réaliser un film qui aurait ne serait-ce que la moitié de l’impact du Parrain à l’époque. J’ai voulu pour un temps redevenir un simple étudiant en cinéma, et travailler sans tout ça, sans les acteurs incontournables du moment, ou le chef opérateur que tout le monde s’arrache.

M’éloigner d’Hollywood pour un temps m’a permis de ne pas réaliser le même film encore et encore et passer à côté de quelque chose de nouveau. Réaliser ces trois films fut une sorte de nouveau départ mais il est vrai que mon nouveau projet nécessitera plus de moyens. C’est un film en costume des années 20/30 et couvrant plusieurs périodes historiques. J’ai besoin de voitures, de costumes et c’est différent de réaliser un film à 7 millions de dollars et un à 80. Je ne sais même pas si j’y arriver car, mis à part pour un film de gangster, je ne connais personne aujourd’hui qui me prêterait une telle somme.

Quid de votre collaboration avec Val Kilmer. C’était autrefois une grande star, que l’on a pu voir dans The Doors ou Heat, mais aujourd’hui il a l’air plus proche du personnage d’écrivain alcoolique qu’il incarne dans Twixt

De nombreux acteurs ont plus ou moins dévié du « droit chemin »… On ne peut leur faire confiance, ils s’engueulent avec le réalisateur etc.  John Travolta était de ceux là. Moi je n’avais pas un budget illimité et j’avais besoin d’un acteur acceptant un salaire réduit. Val n’était pas de ces acteurs qui descendent de l’avion et restent 4 ou 5 jours. J’admirais Val. Il n’est pas alcoolique et a été parfait. Peut-être par le passé… Il est intelligent, drôle et excentrique. J’espère que le public se rappellera qu’il est très bon acteur.

On peut déceler certaines influences dans Twixt et notamment celle de Twin Peaks. David Lynch était un clin d’œil conscient ?

Pas du tout. Bien que j’admire David Lynch et notamment Eraserhead ou Elephan man, je n’ai jamais rien vu de Twin Peaks mais je sais que je devrai… La ville où se déroule mon film existe réellement, c’est même tout près de chez moi.  Les gens ont beaucoup critiqué Twixt eu égard à sa ressemblance avec Twin Peaks mais en réalité, je n’en sais rien.

Autre influence explicite cette fois : Edgar Allan Poe, l’écrivain favori de Tim Burton.

Ce n’est pas forcément mon écrivain préféré. Mais depuis quelques années je lis de plus en plus. Un de mes rituels est de ne jamais me coucher sans un livre. Toutefois, je ne consulte rien lié de près ou de loin à mon travail du moment. Cela demeure ainsi comme un plaisir, des vacances. 

Il y a un an et demi j’ai décidé je relire toutes les nouvelles d’Edgar Allan Poe. J’ai connu Roger Corman au moment où il réalisait La Chute de la maison Usher, c’est un genre littéraire que j’affectionne particulièrement et j’espérais pouvoir y trouver une histoire qui m’inspire. Je me suis également intéressé à sa biographie que j’ai trouvé poignante. Malgré la perte de ses parents et une relation conflictuelle avec son beau père, il reçut une très bonne éducation et parlais plusieurs langues. Pauvre, il a ensuite perdu sa compagne qui était sa propre cousine. On peut dès lors déceler dans ses écrits les traces de cette tragédie.

Lorsque l’équipe fut réunie il me restait peu de temps pour achever le long métrage et je n’imaginais pas un dénouement aussi personnel. Mais au final on a tous beaucoup ri car c’est très agréable de tourner chez soi. Une seule exigence, ne pas tourner la nuit car je suis trop vieux pour ça. Toutes ces scènes excepté une sont donc réalisées en nuit américaine d’où cette lumière bleutée et rouge incandescente.

Votre collaboration passée avec Roger Corman vous a t’elle été utile pour cette œuvre a petit budget ?

C’était un expert du petit budget ! Et en tant qu’assistant, j’en suis devenu un moi-même. On a arrondi les angles pour donner l’effet d’un film plus couteux.  Et au final, on subi beaucoup moins de pression. Imaginez déjà que pour un film à 2 millions de dollars, on dort très mal en subissant les mauvaises critiques. Imaginez ce que c’est pour un film à 200 millions ! Pensez au pauvre homme qui a réalisé John Carter ! Tout le monde déteste son travail. Il doit se sentir si seul…

Un dernier mot sur votre ami George Lucas et sa décision de ressortir Star Wars en 3D ?

Quelle mauvaise idée ! Il devrait tourner la page Star Wars une fois pour toute. Il a suffisamment d’argent maintenant ! Il devrait se mettre à des films plus personnels. De toute façon, il fait toujours comme moi. C’est comme mon petit frère. Il a beaucoup plus de talent que les gens l’imaginent et nous avons beaucoup d’influence l’un sur l’autre.

Propos recueillis par Jonathan Deladerrière le 15 mars 2012.

A l’occasion de la sortie sur nos écrans de La Colère des Titans, zoom non exhaustif sur l’utilisation du mythe en salles obscures !

« La mythologie est souvent considérée comme étant la religion “des autres” alors que la religion peut être définie comme étant de la mythologie mal interprétée. » (Joseph Campbell) (cf. le site web L’Encyclopédie du Cinéma Fantastique de Gilles Penso)

De L’Odyssée à O’Brother

Comme récemment Matrix l’a fait eu égard à L’allégorie de la caverne de Platon, le cinéma n’a eu de fait que figurer les grands mythes fondateurs de nos sociétés contemporaines. Réalisation de soi, dépassement devant les obstacles ou résurrections, autant de thématiques toujours d’actualité.

« Celui qui aime les mythes est, en quelque manière, philosophe, car le mythe est fait de merveilles. »

Aristote, Métaphysique

En effet, nos réalisateurs réinventent ces grands récits d’antan et, à leur manière, font rêver les masses. Tout comme la plupart des récits, il est aisé de retrouver une forme d’universalité dans ces diverses illustrations de tragiques destins. Une manière de se réinventer, de se questionner quant à l’origine du monde ou au sens de la vie sous les oripeaux des sirènes hollywoodiennes.

Ainsi peut-on non seulement retrouver dans quelques  textes mythologiques grecs certains schèmes de nos théories scientifiques (le Big Bang) que les créatures les plus délirantes propres à nous divertir.

Récupérés par Rome, ces histoires fantastiques tomberont  par la suite dans le folklore jusqu’ à rejaillir aujourd’hui sous les visages de la psychanalyse ou des comics.

On s’enorgueillira toutefois de certains moments de bravoure, dont l’apogée se fera par le biais des frères Coen et leur relecture décalée de L’Odyssée, avec le jouissif O’Brother et ses sirènes d’un type singulier…

Mais foin d’interrogations métaphysiques, ou historiques quant à la véracité de l’origine du péplum, tranchons dans le vif avec certains de ses plus illustres représentants.

L’avènement des héros

La dernière bataille pour le pouvoir met en scène des hommes contre des rois et des rois contre des dieux. Mais la guerre entre les dieux eux-mêmes peut détruire le monde. Né d’un dieu mais élevé comme un homme, Persée ne peut sauver sa famille des griffes de Hadès, dieu vengeur du monde des Enfers. N’ayant plus rien à perdre, Persée se porte volontaire pour conduire une mission dangereuse et porter un coup fatal à Hadès avant que celui-ci ne s’empare du pouvoir de Zeus et fasse régner l’enfer sur terre.

Créatures, dieux et récits fantastiques, voilà le berceau de notre « Entertainment » quotidien. Mais au delà de ces fondations qui participèrent à bâtir jadis de formidables cités, quid de l’origine de nos aventuriers cinématographiques ?

L’un d’eux résonne immédiatement à nos oreilles : Persée.

Que ce soit dans la relecture récente de Louis Leterrier (Le Choc des Titans) en avril 2010 et son budget de 125 millions de dollars ou dans le mythique film de juillet 1981 réalisé par Desmond Davis, le fils de Zeus reste pour nous l’incarnation même de la bravoure. Créé par Hésiode dans La Théogonie puis repris par Ovide, celui qui parvint à tuer Méduse demeure aux yeux de tous, LE demi-dieu définitif.

Avant lui,  Hercule (Héraclès) fit également office de poule aux œufs d’or pour Hollywood et ses nombreuses déclinaisons.

De Disney à une oubliable série télé, d’Hercule contre les mercenaires d’Umberto Lenzi à Ulysse contre Hercule en 1962, d’innombrables dérivés mercantiles du colosse firent les beaux jours des salles obscures. On lui préfèrera tout de même le plus intéressant et quasi invincible Achille, apparu dans L’Iliade d’Homère et magnifié notamment par Brad Pitt dans Troie de Wolfgang Petersen.

Souvent également, Hollywood se permit certaines libertés avec la « réalité » épistolaire du mythe. Nous excuserons donc le Persée version Leterrier qui arrache tout sur son passage alors que celui-ci a surement exécuté la créature démoniaque dans son sommeil, ou de Pégase, cheval ailé dompté par notre ami aventurier et en réalité : né de la mort de Méduse !

Inutile alors d’évoquer le Kraken, originalement issu des légendes médiévales scandinaves…

Au delà donc de la liberté utilisant les patronymes de ces diverses légendes, de nombreux longs métrages s’inspirèrent plus ou moins frontalement de ce vivier intarissable de récits incroyables.

This is… Hollywood !

Alors que le film de Desmond Davis magnifiait son propos grâce à la magie des effets spéciaux de  Ray Harryhausen, d’autres tours de forces plus proches de nous n’ont pas à rougir de leur prédécesseur.

300 de Zack Snyder est l’un d’entre eux, revisitant avec une violence graphique unique, la bataille des Thermopyles opposant les spartiates à l’imposante armée Perse. Sanglante, cette brillante adaptation du comic éponyme de Frank Miller imprime pour longtemps la rétine.

Plus anecdotique voir mercantile mais de bonne facture pour les bouts de choux, Percy Jackson et le voleur de foudre  demeure une bonne adaptation des écrits du même nom. Une jolie initiation en somme.

Le haut du panier

Nous évoquions plus haut l’un des plus célèbres représentant du genre : Le Choc des Titans (et son remake). Mais au-delà de ces fameuses tranches de cinéma, certains longs métrages demeurent au panthéon des œuvres du genre. Revue non objective de certains faits marquants.

Jason et les Argonautes. 1963.

A n’en point douter, l’un des chocs cinématographique d’enfance pour l’auteur de ces lignes. Le film de Don Chaffey demeure, 50 ans plus tard, toujours aussi jouissif. Bien sûr peut-on l’attribuer au charme désuet des effets spéciaux du précité Ray Harryhausen et cette stop motion   attendrissante. Mais le film demeure encore une valeur sûre dans l’histoire du cinéma fantastique, notamment grâce à une dantesque séquence peuplée de squelettes animés. Un régal.

Dans cette veine d’ « aventures d’un autre temps », impossible également de ne pas citer Le Voleur de Bagdad de 1924 réalisé par Raoul Walsh, et même son remake de 1940, dirigé cette fois par Michael Powell. Deux œuvres « mythiques » du septième art, dont le souvenir ému d’un tapis voulant ne peut vous laisser insensible.

Plus proche de nous, le décrié Legend de Ridley Scott mérite sans aucun doute de figurer dans ces pages. A la vision du métrage, force est de constater que le bestiaire et surtout l’inoubliable Darkness font parmi des plus belles réussites du talentueux réalisateur.

Enfin, impossible de ne pas évoquer le chef d’œuvre de John Boorman : Excalibur.  Légende Arthurienne certes, mais quel film ! Grandiloquent, ambitieux, Excalibur est l’une des plus belle transposition d’écrits légendaires.

Uter Pendragon reçoit de Merlin l’Enchanteur l’épée mythique Excalibur. A la mort d’Uter, l’épée reste figée dans une stèle de granit. Seul le jeune Arthur, fils illégitime d’Uter parvient à brandir l’épée Excalibur et devient par ce geste le roi d’Angleterre.

Si toutefois vous n’en avez pas assez appris de ce dossier, n’hésitez pas à approfondir votre connaissance du cinéma fantastique en allant jeter un œil du côté du barré Zu, les guerriers de la montagne magique de Tsui Hark ou du plus contemporain et spectaculaire Beowulf de Robert Zemeckis. Sur ce, il est temps d’affronter créatures et autres monstres merveilleux ! En même avec une plume, c’est pas gagné…

Bonus dossier :

Un chef d’œuvre : Orphée de Jean Cocteau

L’histoire a traversé les siècles… Orphée a perdu Eurydice, mordue par un serpent. Pour la ramener sur terre, il n’hésite pas à affronter tous les périls de l’enfer. Une seule condition : lors de cette lente remontée vers le monde des vivants, il ne doit pas se retourner, ni regarder la bien-aimée. Hélas !

Puissante, lyrique, poétique, la vision du réalisateur du célèbre mythe demeure d’une beauté sans pareille.

Un jeu : GOD of WAR

D’une brutalité extrême, cette relecture vidéoludique des mythes grecs est à ne rater sous aucun prétexte. Trois opus indispensables pour tous les amoureux de belles histoires et de jeux vidéo. Une aventure moderne de la quête de Persée couplée à une grandiloquence cinématographique bienvenue.

3 films références pour une mythologie…

Egyptienne : Immortel, ad vitam ; La Momie ; La Reine Soleil

Nordique : Erik le viking ; Thor ; Les Nibelungen

Japonaise : Blue seed, Pompoko, Un été avec Coo

Hindoue : Bal Ganesh ; Hanuman ; Sita sings the blues

Bibliographie :

Dictionnaire de la Mythologie Grecque et Romaine de Pierre Grima

La Théogonie d’Hésiode

L’Iliade et l’Odyssée d’Homère


 

Parfois, un téléphone numérique c’est un peu comme une malle poussiéreuse dans un grenier : on y retrouve certains trésors… Ainsi, tout récemment, Ecran Large mît la main sur une interview du réalisateur Todd Solondz, réalisée lors du dernier Festival du Film Américain de Deauville ! Sortant dans les salles obscures le 25 avril prochain, il était de notre devoir de vous faire partager les confessions d’un metteur en scène toujours aussi à part, peu loquace, mais incroyablement attachant… Morceaux choisis…

EL : Quelques jours avant la diffusion du film au public, pouvez-vous nous confier si vous vous souciez de la reconnaissance de vos pairs et de la critique ?

TD : À la cérémonie d’hier, les critiques m’ont dit avoir adoré le film. C’est ce que je veux : qu’ils l’aiment ! Et là, je me sens mieux.

EL : Avez-vous un favori parmi les films présentés ?

TD : Je n’en ai vu aucun. Je ne vais jamais au cinéma. Je préfère regarder des films chez moi, sur mon téléviseur ou mon ordinateur.

EL : Le passage à l’âge adulte, souvent synonyme de compliqué voir triste dans votre cinéma semble être un leitmotiv de votre œuvre.

TD : Ce fut très compliqué de réaliser ce film. Cette mélancolie, cette absence de responsabilité demeure une thématique prédominante pour moi. Comme dans le film présenté Terry, le personnage est en surpoids et ne comprends pas cette méchanceté ambiante. Il grandira par son propre parcours.

El : Est-il, d’après vous, important de connaître votre filmographie avant de voir Dark Horse ou tout autre de vos longs métrages ?

TD : Pas du tout. Cela n’a aucune importance. J’essaie simplement toujours de trouver une sorte d’alchimie entre le pathos et la comédie.

EL : Cette « patte » qui vous caractérise, c’est le prix de la liberté ?

TD : Malheureusement, c’est tout à fait ça. Plus le budget est réduit, plus la liberté est grande. On économise sur la promotion, le casting pour pouvoir faire le film qu’on veut. Malheureusement, le public est de moins en moins nombreux…

EL : Revenons à la thématique du film : le passage à l’âge adulte. Lorsqu’on apprécie dans le film cette obsession pour les figurines, les films ou les jeux vidéo, doit-on y voir une allégorie vers un « autre monde » ?

Td : Tout ça est très commun chez les hommes de nos jours. Beaucoup possèdent et font collection d’ « action-heroes » chez eux, c’en est presque une obsession ! Au final, c’est elles qui le possèdent ! mais qu’adviendra t’il lorsque ces collectionneurs mourront ?

EL : Un dernier mot à propos de votre prochain projet ?

TD : On ne sait jamais si l’on pourra refaire un film. Celui-ci  dépend de l’expérience, des rencontres et l’on ne sait jamais si on parviendra à réunir l’argent ! Mais j’ai quelques projets…

 

 

Twixt

Posted: 14 mars 2012 in critique, film
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photo twixt

A l’occasion d’une tournée de promotion, un écrivain au succès déclinant arrive dans une petite ville. Il découvre qu’un meurtre mystérieux impliquant une jeune fille s’y est produit. Une nuit, en rêve, un fantôme nommé V lui raconte une étrange histoire qui pourrait avoir un rapport avec le meurtre. Il sera surpris d’apprendre que certaines des réponses aux questions qu’il se pose peuvent être trouvées dans sa propre vie.

Difficile pour votre serviteur d’entamer la critique d’un film fantasmé et que l’on souhaitait fracassant.

En effet, la nouvelle œuvre de l’auteur d’Apocalypse now, Le Parrain ou Dracula n’arrive malheureusement pas aux chevilles de ses illustres prédécesseurs… Illustrant avec brio, il faut bien lui reconnaître, une histoire toute personnelle de meurtres étranges dans une bourgade paumé, Twixt parvient a donner le change durant un premier tiers plutôt intriguant. Citant frontalement et sans retenue (Coppola a t’il besoin de ça !?) : Tim Burton, David Lynch ou De Palma et passant allégrement de U-Turn à L’Antre de la folie, le cinéaste se perd alors tout seul dans une bouillie de références indigestes et totalement inutiles.

Comme un caprice d’enfant gâté et forcement insupportable de la part d’un tel génie, le film se dilue ensuite  entre un second tiers insipide, un Val KIlmer bouffi en mode automatique ou de seconds rôles incroyablement mal écrits (c’est quoi cette bande de jeunes !).On pouvais pourtant attendre bien mieux aux vues de certaines fulgurances visuelles (la première séquence en noir et blanc est magnifique), de sa totale liberté de production ou d’un casting de qualité.Cela ne suffira finalement pas à sauver le film, celui-ci se plombant entre un ridicule assumé (le visage dans la lune…), un script des plus banals  ou une fin expédiée en deux minutes.Ajoutez à cela certaines incohérences impardonnables (le fax après Skype ?), les placements de produits Apple ou une 3D dont l’inutilité et la grossièreté frisent la folie, et vous aurez un magnifique écrin rempli d’aspérités décevantes.

Une plus grande retenue dans le propos aurait surement été de mise si Twixt était un premier film eu égard à sa sincérité et au plaisir évident. Le problème est que c’est l’énième long métrage d’un géant du cinéma dont le nom seul fait déplacer les cinéphiles. Amère déception donc pour cette œuvre hybride et un peu bancale.

Rock’nLove

Posted: 14 mars 2012 in critique
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photo rock...

de David MacKenzie

 Adam, popstar américaine, et Morello, rockeuse anglaise indé, doivent se produire dans le même festival rock. Alors que tout les oppose et qu’ils ne se supportent pas, un petit plaisantin les menotte l’un à l’autre et disparaît aussitôt. C’est la panique : comment vivre le festival ainsi enchaînés – voir leur conjoint, dormir, se laver… et surtout, comment assurer leur concert alors qu’ils ne peuvent pas se séparer ? Malgré tout, petit à petit, Adam semble commencer à apprécier la situation…

Rock’n Love… Avec un titre aussi effrayant, inutile de vous confesser notre fébrilité à l’approche de la salle obscure… C’est toutefois plutôt enjoué et conscient d’avoir échappé à une purge annoncée que l’on sort d’une telle projection.

Le film de David MacKenzie distille en effet une certaine euphorie en fin de séance. Peu crédible récit de deux rockstars en mode « je t’aime, moi non plus », le film se reçoit plutôt comme un pur trip de plaisir si l’on souhaite  y accorder un minimum de crédit.On appréciera donc certains moments de bravoure de certains groupes venus balancer leur fougue, une version live et « improvisée de « Tainted love » absolument jouissive et une vraie belle impression d’arpenter les allées d’un festival. On reconnaît les metaleux, les alcoolos, les amoureux de musique ou vous et moi…

Malheureusement, loin de crier au génie, ce « documenteur » racoleur ne s ‘envole jamais au dessus des pâquerettes. Lorgnant du coté de certains illustres ainés, de Spinal Tap à quelques obscures biopics musicaux polluant régulièrement notre septième art (le récent Cloclo…), cette énième histoire de buddy movie sans surprise ne démarre jamais.Réussissant le pari d’ennuyer malgré sa durée anémique d’1h20, l’intrigue, cousue de fil blanc, de ces anti-ennemis contraints de collaborer malgré leurs divergences n’emporte ainsi jamais l’adhésion.

En effet, malgré une réalisation plutôt efficace : le seul gros point fort du film (on a envie de retrouver l’ambiance des festivals estivaux !), et un montage a la lisière de la nausée, l’empathie demeure aux abonnés absents.Cette errance festivalière d’une jeunesse dorée et insouciante qui ne pense qu’à baiser et picoler peine  alors à émouvoir les cinéphiles que nous sommes.Achevant un scénario des plus communs (attention spoil !) par une happy end prévisible et décevante, Rock’n Love et ses deux popstars qui s’encanaillent ne restera pas dans les mémoires.

Rock’n Love oscille donc constamment entre de jolis tranches de vie (on rit aussi souvent) et l’envie de passer  en mode  headbanger et une certaine déception sur certains choix scénaristiques ou techniques (personnages transparents, second tiers très creux).Si toutefois vous avez une petite sœur fan de 30 seconds to Mars, vous pourrez éventuellement lui conseiller cette inoffensive comédie et sa bande originale réussie. Loin de plus.

 

Enseignants et cinéma : it’s the hard-knock life

 

Pour la sortie de Detachment et alors qu’une nouvelle campagne destiné à sensibiliser les jeunes sur le harcèlement à l’école débute, la rédaction d’Ecran Large vous propose un petit tour d’horizon de la figure de l’enseignant illustrée sur grand écran. Pécha, au tableau !

Septième art et cour d’école

Dans son ouvrage : «  Les enseignants de français face au cinéma : un problème de représentation ? », Philippe Bourdier, à partir d’un postulat sociologique, met en exergue la relation des enseignants français face à l’étude du cinéma dans un contexte scolaire. Bien que celle-ci semble, à l’évidence, un apport non négligeable à l’enseignement du français notamment, une certaine méfiance semble en effet émaner de nos immuables forgerons de neurones. Méfiance, analogie fallacieuse ou développement de l’esprit critique : à n’en point douter, le cinéma lui, semble voir en la figure du professeur une intarissable source d’inspiration. Tâchons donc d’y voir un peu plus clair dans ses plus célèbres représentations.

L’imaginaire français et le professeur « old school »

De l’aveu de tous et si l’on prend la peine d’étudier celui-ci avec un minimum de partialité, l’instituteur dans les vertes contrées hexagonales participe plus de l’image d’Epinal de la nostalgie de l’enfance ou du charme de nos campagnes que du messager sacerdotal. Pourtant, dans les cycles supérieurs, celui-ci se veut aussi moderne et urbain qu’il crée avec ses élèves un rapport conflictuel allant du débat d’opinion au fantasme sexuel. Portrait.

Du cliché sur le personnel administratif et son surveillant bienveillant véhiculé par Les Choristes, à cette insupportable Isabelle Adjani dans l’incroyablement surestimé :La Journée de la jupe et sa relecture réactionnaire des « zones d’éducation prioritaires », l’incarnation et le rôle de l’école sur nos toiles se font aussi diverses que controversées.

Nous citions plus haut le film de Christophe Barratier et ses 8 millions d’entrées, relecture moderne de La Cage aux rossignols de Jean Dréville en 1945. On se souvient en effet de ce professeur de musique qui, choqué par les méthodes répressives de cet austère pensionnat, initiait au chant choral les jeunes élèves et transfigurait alors leur quotidien.

Avec Entre les murs, Laurent Cantet décroche lui la palme d’or en 2008 grâce à cette adaptation du roman éponyme de François Begaudeau, coscénariste et acteur principal du film. A contrario du non moins célèbre Etre et avoir, il ne s’agit pas d’un documentaire mais d’une fiction bien entendu basée sur sa propre expérience.

Plus éloigné de nous : Le Plus beau métier du monde dans lequel Gérard Depardieu campe un agrégé d’histoire-géographie muté en région parisienne afin de se rapprocher de ses enfants reçoit comme cadeau de bienvenue la crainte  « 4ème techno »… Consensuel et prévisible, le film est directement inspiré par le documentaire Une Vie de prof d’Hervé Chabalier, récompensé par un Fipa d’Or.

Citons également L’Ecole pour tous d’Eric Rochant pour qui « faire partager la jouissance du savoir, c’est le rôle du professeur ». Ici Arié Elmaleh joue un énième professeur confronté à une classe difficile sauf que cette fois, il se trouve être lui-même recherché par la police. Anecdotique.

Enfin, impossible de ne pas citer les mythiques P.R.O.F.S de Patrick Schulmann en 1985 (ah Charles Max le coco …) et Les Risques du métier d’André Cayatte en 1967.

Dans le premier, Patrick Bruel campe ce jeune professeur de lettres : Fréderic Game. Méthodes peu orthodoxes, inimitié des collègues et inévitable adoration des élèves, le film est une comédie légère entendue. Révérencieuse à de nombreuses reprises au M.A.S.H de Robert Altman, il n’atteint pas son niveau d’excellence.

Enfin mais non des moindres, Les Risques du métier offre lui un rôle inoubliable à un Jacques Brel acculé. Accusé à tort de viol par une élève éconduite, le jeune comédien impressionne dans la tourmente et cosigne la bande originale.

Pour une bonne tranche de rire, n’oubliez pas de revoir le … définitivement bas de plafond Les Sous doués, ne serait-ce que pour Hubert Deschamps et sa partition anthologique. Dans ce nanar absolu, Léon Jumaucourt, vieillissant et aux sérieux troubles auditifs se fait mener par le bout du nez par un Daniel Auteuil cabotin.

Asie : Fantasme et conflit avec l’histoire

Avant de nous intéresser aux inévitables incarnations des plus indicibles fantasmes de nos chérubins, un focus nous semblait obligatoire sur deux des mètres-étalons du genre.

Madadayo d’Akira Kurosawa en 1993 fait ainsi partie du haut du panier. Dernier métrage de son auteur réalisé à 83 ans, celui-ci brosse le portrait d’un enseignant en fin de carrière qui décide de partir vivre de sa plume. Figure immuable du maitre à penser, du « sensei », le personnage poursuit une sorte de parcours initiatique destiné à l’accomplissement de soi. Signifiant son intention de vivre jusqu’au bout sa vie d’écrivain (il répond à ses élèves lui demandant s’il est prêt à mourir : « Mada Dayo ! »(pas encore !)), le rôle est un hommage non feint à Hyakken Uchida, écrivain vénéré par Kurosawa.

Habile mélange d’humour et de mélancolie, le film est et demeure, un joli conte nippon.

Plus décalé mais encore plus inoubliable : Battle Royale de Kinji Fukasaku. Leçon du jour : entretuez-vous ! C’est sur ce postulat peu commun que le film délaisse la part habituelle au professeur, incarné toutefois par un terrifiant Takeshi Kitano. Dans une société où la délinquance juvénile atteint des sommets, les adultes décident de recadrer les chères têtes blondes en les envoyant se foutre sur la tronche sur une île déserte. Armés et déterminés à survivre (il ne peut en rester qu’un), le film est un déchainement de violence graphique, comme une catharsis jouissive et peu avouable de ces enseignants qui, un jour, ont forcément eu envie de se lâcher sur l’un de ces « petits merdeux ». Personnage cynique et vil au destin tragique, Kitano obtient sans mal la palme du pire prof de l’histoire du cinéma.

Qu’ils soient voyous, séducteurs ou extraterrestres, les professeurs dans la bande dessinée orientale (à contrario de la BD occidentale, excepté de la parodique Les Profs) se veulent omniprésents chez nos amis du pays du matin calme.

Le plus définitif en la matière reste sans nul doute Onizuka de l’hilarante série GTO. Diplômé d’une université bas de gamme, docteur ès drague, Onizuka devient enseignant pour y côtoyer les jeunes filles. Gagnant peu à peu la confiance de ses élèves, celui-ci se résous au final à leur venir en aide plutôt qu’à les mettre dans son lit. Pièges machiavéliques, élèves suicidaires ou explosion de violence inouïe, la série est à lire ou à voir de toute urgence !

Negima le maitre magicien face aux créatures démoniaques et aux robots tueurs, Le Préféré de la prof et son amour interdit (à réserver à un public averti) ou encore Living in a happy world : Shōjo peuplé de non dits et de touchantes confessions, il incomberait au rédacteur de cet article un dossier uniquement consacré cette figure tutélaire en Asie.

Nous citerons toutefois en guise d’ultime évocation : Please Teacher ! et son héros Kei kusanagi, lycéen atteint de « stagnation ». En effet, ce dernier plonge dans un état comateux dès qu’il se trouve en situation de stress émotionnel. Propiceà la loufoquerie, le pitch réussit à nous faire croire à l’emménagement du dit héros avec une séduisante extraterrestre pacifique devenue son professeur principal… Classique au niveau de la symbolique, la série fut adaptée en anime de 12 épisodes.

Outre-Atlantique : Le mythe professoral et une symbolique ampoulée

Du récent Bad teacher où la sculpturale Cameron Diaz campe un professeur soi-disant provoc’ (on lui préfèrera de loin l’allumée et non moins magnifique Marion Cotillard dans le jouissif Dikkenek) à Alan Rickman et la série des Harry Potter, l ‘Amérique semble considérer son rapport à l’enseignement comme particulièrement problématique. Avant de nous intéresser à d’autres métrages pour le moins mélodramatiques, penchons nous sur certains des plus impitoyables et siphonnés maitres d’écoles.

Fumiste, mais ô combien attendrissant, Jack Black incarne dans Rock Academy le plus improbable et attachant des enseignants. Nouvelle usurpation d’identité, nouveau rôle hors-normes pour ce prof de musique peu conventionnel. Rien de bien neuf certes mais ça fonctionne. Tout comme Fast times et son Mr Hand totalement débordé face au surfeur, le pays de l’Oncle Sam n’a eu de cesse que de nous proposer des méthodes iconoclastes et des personnages au grand cœur.

Plus proches d’un Coluche dans Le Maitre d’école (souffre douleur sympa et tolérant) que d’un John Cleese, inoubliable dans cette désormais mythique présentation du Sens de la vie, voici quelques- uns des plus célèbres en la matière.

Bonus Dossier :

Bibliographie :

La représentation des enseignants dans le cinéma français (1964-1994) : Gauthier G.

Pour aller un peu plus loin : (source Vogazette)

THE UNKNOWN (L’Inconnu) Tod Browning – Etats-Unis, 1927 ; Une enseignante et un homme sans bras.

MERLUSSE Marcel Pagnol – France, 1934

L’enseignant type du cinéma français jusqu’en 1960. Un gentil raté, déçu de la vie, brimé par l’administration, cachant sous sa sévérité une humanité refoulée pour les exigences de la discipline.

GOODBYE, MR. CHIPS (Au revoir Mr Chips) Sam Wood – Etats-Unis, 1939

Grand classique de la MGM retraçant la vie d’un timide professeur. Un témoignage quasi- documentaire sur le monde des écoles anglaises.

OLIVIA Jacqueline Audry – France 1950.

Nouvelle pensionnaire anglaise d’un internat français, Olivia trouble mademoiselle Julie, le professeur de littérature qui trouble habituellement ses élèves.uvelle pensionnaire d’une institution française, la jeune Anglaise Olivia trouble Mademoiselle Julie, professeur de littérature qui, elle-même, trouble habituellement toutes ses élèves.

THE BROWNING VERSION (L’Ombre d’un homme) Anthony Asquith – Grande-Bretagne, 1950

Un des premiers films qui s’interroge vraiment sur le rapport entre enseignats et élèves avec profondeur de vue.

LES DIABOLIQUES Henri-Georges Clouzot – France, 1954

Michel Delasalle dirige à Saint-Cloud une “institution pour jeunes gens”. C’est un homme tyrannique, odieux. Il terrorise sa femme Christina et martyrise sa maîtresse attitrée Nicole, professeur dans l’établissement. Un chef d’œuvre de film noir, hanté de souvenirs d’institutions.

PAPA, MAMAN, LA BONNE ET MOI Jean-Paul Le Chanois – France, 1954

Quand il perd sa place de stagiaire chez un avocat, Robert Langlois préfère ne pas en parler à ses parents, chez lesquels il habite encore, et entreprend de donner des leçons particulières pour vivre. Bientôt, il rencontre Catherine, dont il tombe amoureux. Celle-ci élève seule la fille de sa soeur, morte en couches…

MY FAIR LADY George Cukor – Etats-Unis, 1963

L’illustre professeur Higgins parie avec son ami le colonel Pickering qu’il peut métamorphoser une simple vendeuse de fleurs à l’accent cockney en une dame distinguée. Mais l’objet du pari, la jeune et belle Eliza (Audrey Hepburn), montre du caractère et se révèle beaucoup moins malléable que prévu. Ilparvient, contre toute attente, à la transformer : Eliza peut désormais faire illusion dans le beau monde.

I PUGNI IN TASCA (Les Poings dans les poches) Marco Bellocchio – Italie, 1965

Catégorie mauvais prof, celui que l’on aimerait pas avoir, mais sur lequel on est tous tombés, un jour.

COURS DU SOIR Nicolas Ribowski – France, 1967

Tourné en marge de Playtime, ce court métrage en utilise les décors et la distribution. Les hommes d’affaires sont transformés en sages écoliers découvrent les différentes manières de fumer une cigarette, de monter à cheval, ou de tomber dans un escalier. Le professeur de cette leçon d’observation, c’est Hulot, qui en entrant dans la classe, ôte son chapeau et son manteau pour prendre les traits de Jacques Tati.

CHILD’S PLAY Sidney Lumet – Etats-Unis, 1972

Jerome Malley est un jeune professeur d’une école catholique de garçon. Une montée de violence et de brutalité parmi les élèves laisse Jerome perplexe. Il en vient à suspecter l’un des plus anciens professeur qui inciterait les élèves à ces comportements hostiles. Une charge féroce contre l’enseignement catholique américain.

LE PROFESSEUR Valério Zurlini – Italie, 1972

Avec Alain Delon, dans l’un de ses plus beaux rôles. Un nouvel instituteur est nommé à Rimini. Jeune et beau, il ne tarde pas mener une vie dissolue et à tromper sa femme avec l’une de ses élèves.

UNE SEMAINE DE VACANCES Bertrand Tavernier – France, 1980

La difficulté d’être et les remises en question des enseignants dans le monde contemporain.

LE MAITRE D’ECOLE Claude Berri – France, 1981

Une image très traditionnelle de l’enseignant, qui a des problèmes avec les enfants et l’administration, mais qui s’en sort grâce à sa gentillesse bonhomme.

TEACHERS (Ras les profs) Arthur Hiller – Etats-Unis, 1984

De l’impossibilité d’enseigner devant la montée de la violence dans les collèges américains.

COURS PRIVE Pierre Granier-Deferre – France, 1986

Professeur dans une école privée, Jeanne Kern est jeune, belle et plaît beaucoup. Même le directeur est amoureux d’elle. Des lettres anonymes arrivent à l’établissement : Jeanne est visée, salie. La photo, sans tête, d’une femme au milieu d’adolescents nus faisant l’amour est diffusée. Jeanne est expulsée de l’établissement.

DE BRUIT ET DE FUREUR Jean-Claude Brisseau – France, 1987

Sous les apparences d’un fait divers, le film raconte la découverte du monde par un jeune adolescent Bruno. Il vient habiter Bagnolet et qui se retrouve confronté, par le bais d’une amitié avec Jean-Roger, autre adolescent du quartier, à un tissu social en pleine décomposition : délinquance précoce, échec scolaire, parents irresponsables, violence.

MERY PER SEMPRE (Mery pour toujours) Marco Risi – Italie, 1989

Figure du professeur-mentor qui a la responsabilité d’aider à la réinsertion de jeunes délinquants.

TAKHTE SIAH (Le Tableau noir) Samira Makhmalbaf – Iran, Italie, 1999

Un groupe d’instituteurs, tableaux sur le dos. Venus de nulle part, ils errent à la recherche d’élèves, portant leur unique bagage comme un lourd fardeau, prêts à échanger leur savoir contre une bouchée de pain ou une poignée de noix.

 

Trust : critique

Posted: 12 janvier 2012 in critique
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Présenté en compétition lors du dernier Festival du Cinéma Américain de Deauville, le long métrage de l’ex-star de sitcom des 90’s, autant le dire tout de suite, fut l’une des très jolies surprises de cette 37ème édition.

Après un premier tiers porté par une actrice principale prometteuse et une direction d’acteurs remarquable (Clive Owen, comme toujours, est impeccable), David Schwimmer parvient à captiver son auditoire, le noyant tête la première dans cette mélasse écœurante, décontenancé et suffocant. Loin de sombrer dans un excès de démagogie ou de pathos dégoulinant, le metteur en scène fait ainsi oublier son maigre budget grâce à une écriture documentée (celui-ci rencontra de nombreuses familles victimes de ce type d’agressions) et, l’empathie aidant, provoque chez son audience une succession de sentiments aussi éprouvante qu’efficace.

Au rythme de cette descente aux enfers, les yeux emplis de larmes et les poings suintant de colère, les quidams que nous sommes se voient alors achevés par un clap de fin en guise de coup de grâce. Sans doute les blasés condamneront-ils le film de « pédagogique », larmoyant, ou d’un trop plein de bonnes intentions (ils n’ont d’ailleurs pas entièrement tort), toujours est-il que cette sombre histoire de prédateur tissant sa toile dans les eaux troubles du net trouve forcément écho car dramatiquement familière…

Un soupçon de monotonie et une réalisation parfois grossière ne sont enfin que peu de choses eu égard à cette peinture sans emphase d’une famille atteinte en plein cœur. Un foyer dont le salut, une fois n’est pas coutume, ne viendra peut-être que d’eux-mêmes. Loin du « vigilante » tant apprécié par nos voisins d’outre atlantique, Trust n’a donc d’autre prétention que de dresser un état des lieux âpre mais lucide d’une société aux mille visages. Une mise en garde à conserver dans un coin dans la tête, drapé sous les oripeaux d’un bel instant de cinéma.

Happy new year : lorsque l’écran devient vitrine

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A l’occasion de la sortie de l’anecdotique Happy New Year, la rédaction d’Ecran Large vous propose un rapide tour d’horizon forcément non exhaustif des plus beaux castings de l’histoire du septième art. Point d’exigence qualitative pour apparaitre dans ces lignes donc, un seul mot d’ordre : de la distribution 4 étoiles !

Le film de Garry Marshall sortant sur les écrans le 21 décembre propose en effet une affiche assez hallucinante. Voyez-donc par vous-même : Katherine Heigl, Robert De Niro, Ashton Kutcher, Sarah Jessica Parker, Halle Berry, Zac Efron, Hilary Swank, Michelle Pfeiffer, Jessica Biel, Carla Gugino (sacré paquet de canons!), Sienna Miller etc.

L’occasion était donc trop alléchante de revenir sur quelques-unes des plus belles affiches depuis la création du cinéma.

La French Touch : le prétexte chouchou de l’hexagone

Une fois n’est pas coutume, débutons ce tour d’horizon avec nos cinéastes ayant mis un point d’orgue à faire danser les salles obscures au rythme d’apparitions d’étoiles hexagonales.

Paris brûle-t-il ? fait office de réfèrent en la matière. Apparu sur les écrans français le 26 octobre 1966, le film de René Clement réussit l’exploit de réunir à l’écran : Jean Paul Belmondo, Alain Delon, Kirk Douglas, Orson Welles, Simone Signoret, Bruno Cremer, Michel Piccoli, Jean-Pierre Cassel, Yves Montand, Anthony Perkins ou Jean-Louis Trintignant. Au-delà donc d’un film inégal, reste un souffle d’ivresse ressenti au moment de sa sortie.

A ce patriarche inégalé succédera tout de même un classique authentique : Papy fait de la résistance.

Le 26 octobre 1983 verra effectivement se jouer le sort d’une France sous l’occupation sous les oripeaux des plus grandes stars de l’époque. En plus de toute la célèbre équipe du splendid (Jugnot, Clavier etc.), Jean Marie Poiré se paient le luxe d’y adjoindre les trognes inoubliables de Jean Yanne, Jacqueline Maillan ou Jean Carmet. Instantanément culte !

Plus proche de nous, Uranus fait office de parfait prétexte à tel dossier. Citant sans gêne le film précité, le métrage de Claude Berri semble avoir été mis en chantier pour le simple fait d’y présenter la plus définitive des brochettes. Michel Blanc, Jean-Pierre Marielle, Daniel Prévost, Gérard Depardieu, Philippe Noiret, Michel Galabru, Fabrice Luchini… Accordons-lui tout de même que ça a de la tronche !

Récemment Guillaume Canet semble être le plus à même à entreprendre ce genre de prestigieuses réunions. Avec Ne le dis à personne en 2006 tout d’abord, se donnaient la réplique : Jean Rochefort, François Cluzet, Nathalie Baye, Gilles Lellouche, François Berléand, Kristin Scott Thomas ou André Dussolier pour ne citer qu’eux. Plus récemment, Les Petits mouchoirs renchérît grâce à son florilège de trentenaires à succès : Marion Cotillard, Jean Dujardin, Benoît Magimel, Gilles lellouche ou Mathieu Chédid.

Nous pourrions également évoquer les adaptations cinématographiques des aventures d’Asterix qui, hormis l’hilarante partition d’Alain Chabat, ne parvint pas à dérider une audience consterné devant autant de talent gâché, Les Acteurs de Bertrand Blier, ou le vrai-faux documentaire Le bal des actrices et son alléchante affiche que je vous laisse le soin de déguster.

Tarantino vs Rodriguez : on a plein de potes et on vous le montre !

De True Romance à Pulp Fiction en passant par Kill Bill ou Reservoir Dogs, l’ex-loueur de vidéo autodidacte est passé maitre en l’art de réunir des castings aussi improbables qu’éblouissants.

Lorsqu’il scénarise ce premier pour Tony Scott, Tarantino se paie le luxe de voir illustrer ses écrits par la fine fleur des acteurs « indés » de l’époque. Christian Slater, Dennis Hopper, Gary Oldman, Christopher Walken, James Gandolfini, Tom Sizemore, Patricia Arquette, Brad Pitt, Chris Penn ou Samuel L Jackson, Oui, Pas mal pour un premier projet !

Il atteindra des cimes en tant que réalisateur dans tous ses projets suivants, le casting 4 étoiles étant l’une de ses marques de fabrique, et plus précisément avec Pulp Fiction, sans doute l’un des meilleurs films de cette fin de siècle dernier. Maria de Medeiros, Bruce Willis, John Travolta, Harvey Keitel, Steve Buscemi, Ving Rhames, Tim Roth ou Christopher Walken ne sont donc que quelques-unes des têtes d’affiches qui se disputent la première place de ce petit bijou d’écriture.

Autre réalisateur « décalé » semblant aujourd’hui surpasser l’avant-gardiste Quentin, Robert Rodriguez prouve qu’on peut réaliser de très bons films en composant avec une multitude de stars, pour peu que l’on sache les diriger et cohabiter pour un même projet.

Sin city avait déjà bluffé tout son petit monde avec son incroyable cast : Mickey Rourke, Rosario Dawson, Carla Gugino (ah Carla…), Bruce Willis, Michael Clarke Duncan, Benicio Del Toro, Jessica Alba, Clive Owen, Josh Harnett, Rutger Hauer, Michael Madsen… Le réalisateur se fera d’énormes plaisirs avec Planet Terror puis Machete : odes à la série B et monuments de bisserie ultra jouissifs. Dans ce dernier, Danny Trejo (habitué au casting de choix depuis le Heat de Michael Mann) cabotine comme jamais en compagnie d’autres « gueules »bien connues des aficionados : Steven Seagal, Robert de Niro, Jeff Fahey, Don Johnson, Lindsay Lohan, Jessica Alba ou Michelle Rodriguez pour les belles pépés…

Impossible enfin de ne pas évoquer la nouvelle figure du plaisir bis assumé et du bourrin qui tâche : Sly et sa mine patibulaire reviennent en effet en aout prochain pour une réunion de gros bras qui risque d’être encore plus devastatrice ! Déjà avec Copland, Sylvester Stallone goutait au plaisir de donner la réplique à de nombreux acteurs célèbres, il personnifie avec Expendables 2 le rêve de tous les lecteurs d’Impact et du cinéma d’action de la fin des 80′s. Sous la houlette de Simon West, Bruce Willis, Jean Claude Van Damme, Arnold Schwarzenegger, Dolph Lundgren, Jason Statham ou Chuck Norris échangeront donc des politesses dans ce futur monument de poésie et de lyrisme…

Nous pourrions tout aussi bien évoquer le bien nommé Celebrity de Woody Allen, Sleepers, Les Joueurs, J’adore Huckabees, Valentine’s Day, Panique à Hollywood, Magnolia, ou Collision que nous serions encore loin du compte.

Nous citerons toutefois l’inévitable trilogie du fade Steven Soderbergh : Ocean’s 11, 12 et 13, où le mythique Rat Pack se voit revisité sous les traits de Matt Damon, Brad Pitt ou George Clooney, et donnent la réplique à Andy Garcia, Vincent Cassel ou Al Pacino.

Le All-star cast, tradition américaine de filous producteurs, remonte en effet à la grande époque où les acteurs se voyaient liés par contrat à leur studio. Aucun problème d’agenda à l’horizon donc. Plus compliqué aujourd’hui, cette volonté de réunir sur une même affiche plusieurs visages célèbres a toutefois réussi à nous livrer son lot de pépites.

Quand tous regardent dans la même direction

Il arrive en effet que l’humilité reprenne ses droits et que toutes ces « vedettes » marchent dans la même direction. Inutile d’évoquer les grandes réussites que furent par exemple Les Incorruptibles ou la trilogie du Parrain. D’autres, peut-être un peu moins célèbres, n’ont pourtant pas à rougir de cohabiter en ces lignes.

Le Crime de l’Orient-Express de Sidney Lumet par exemple, référence incontournable de la littérature policière est une brillante adaptation cinématographique en plus d’un plateau de choix. La légende dit même que les stars se bousculèrent pour apparaitre au casting. Albert Finney, Sean Connery, Anthony Perkins, Vanessa Redgrave, l’électrique Lauren Bacall ou la magnifique Jacqueline Bisset servent ainsi un propos maitrisé faisant accéder le film au statut de modèle de polar à tiroirs.

Les Experts de Phil Alden Robinson, sorti en janvier 1993 fait également figure d’outsider à (re)découvrir. Robert Redford, Dan Aykroyd, Ben Kingsley, Sydney Poitier, David Strathairn ou River Phoenix, n’en jetez plus, voilà l’affiche idéal pour apprécier ce captivant thriller politique.

Avant de jeter un œil du côté d’un autre genre porte étendard du « film à stars », impossible de ne pas rendre hommage à Robert Altman et au mythique The Player.

Vertigineux. Plongée au cœur des rouages de la machine hollywoodienne, l’adaptation du roman de Michael Tolkin fait frémir de bonheur n’importe quel cinéphile. Autour d’un Tim Robbins au top de sa forme, se forme donc l’une des plus inoubliables ribambelles d’acteurs jamais vus sur grand écran : Fred Ward, Whoopi Goldberg, Peter Gallagher, Dean Stockwell, Vincent d’Onofrio, Sydney Pollack, Lyle Lovett, Richard E Grant, Gina Gershon, John Cusack, Robert Carradine, Harry Belafonte, Cher, James Coburn, Peter Falk, Jeff Goldblum, Angelica Huston, Jack Lemmon, Elliot Gould, Dennis Franz, Malcolm McDowell, Andie McDowell, Nick Nolte, Julia Roberts, Burt Reynolds, Susan Sarandon, Lily Tomlin, Bruce Willis, Robert Wagner, Rod Steiger, Patrick Swayze. Définitif.

Guerre et western : l’écrin idéal

Alors que Soderbergh réussit l’exploit de faire du vent avec un cast qui ferait baver n’importe quel réalisateur (oui je parle de Contagion), certains ne font pas de cette suite de noms l’intérêt principal du récit et se portent sur la véritable raison d’être d’un film : raconter une histoire. En l’occurrence La Conquête de l’Ouest et ses 4 réalisateurs en est l’un des plus fiers représentants.

Doté d’une infrastructure démesurée, ce monument découpé en 4 segments racontant l’histoire de l’Amérique des Indiens et de la ruée vers l’or est unique à de nombreux égards. Son procédé (le Cinerama), ses figurants : 12 000, son propos, et donc, bien entendu, son casting, synonyme de friandise à cinéphile. Retrouvez donc si vous ne connaissez pas encore ce mythe du septième art : Henry Fonda, Gregory Peck, James Stewart, Eli Wallach, John Wayne, Richard Widmark, Walter Brennan, George Peppard, Karl Malden, Lee J Cobb, Spencer Tracy, Thelma Ritter, Debbie Reynolds. Ah oui, quand même…

L’illustration des grands conflits sont par définition sujets à accueillir une multitude d’interprètes. Apocalypse Now et Platoon viennent bien sûr immédiatement à l’esprit, nous nous intéresserons à d’autres chefs d’œuvres, peut-être un peu vite oubliés…

Le jour le plus long évidemment, narrant le débarquement normand du 6 juin 44, le film dirigé à 6 mains est, 50 ans après, toujours aussi savoureux. John Wayne, Henry Fonda, Bourvil, Robert Mitchum, Richard Burton, Sean Connery, Robert Wagner…Est-ce bien nécessaire d’en rajouter ?

Un pont trop loin sorti en 1977 et réalisé par Richard Attenborough n’a pourtant rien à envier au film précité. Evocation de la plus grande défaite des Alliés dans leur progression vers Berlin, le film, épique et spectaculaire, décroche lui aussi la mâchoire à l’évocation de ses nombreux interprètes : Dirk Bogarde, Sean Connery, Ryan O Neal, Gene Hackman, Michael Caine, Anthony Hopkins, James Caan, Maximilian Schell, Hardy Kruger, Liv Ullmann, Elliott Gould, Robert Redford, Ben Cross, Laurence Olivier… Bref, un vrai régal !

Last but not least, l’un des films favoris pour l’auteur de ces lignes, le merveilleux La Ligne rouge. 20 ans d’absence, l’aura quasi mythique du cinéaste aidant, le tout Hollywood se bat pour apparaitre dans le film de Malick. Mortensen ou Rourke seront par exemple coupés au montage… George Clooney avait lui déclaré à l’époque du tournage : « S’il me demande juste de balayer le plateau, je le ferais ».

Effectivement, le choix des comédiens donne le vertige : Jim Caviezel, Ben Chaplin, Sean Penn, Woody Harrelson, Adrien Brody, Nick Nolte, John Travolta, John C.Reilly, Nick Stahl, Jared Leto, Elia Koteas, John Savage, Kirk Acevedo, Tim Blake Nelson, George Clooney, Thomas Jane, Miranda Otto, John Cusack… Lumineux, philosophique, poétique, immensément beau, La Ligne rouge est probablement le mètre étalon d’un cinéma porté par des acteurs concernés, quel que soit leur degré de notoriété. Indispensable.

Les étoiles brillent toujours…

Inutile de paniquer, il semble que ces caprices de producteurs soient toujours d’actualité en 2012. En tout premier lieu : Fight for your rights revisited, projet d’Adam Yauch, membre de de l’excellent groupe Beastie Boys, réunit une liste de noms à en faire pâlir Hollywood !

Susan Sarandon, Stanley Tucci, Rainn Wilson, Rashida Jones, Will Arnett, Ted Danson, Roman Coppola, Amy Poehler, Alicia Silverstone, Steve Buscemi, Jody Hill, Kirsten Dunst, Maya Rudolph, Orlando Bloom, Will Ferrell, John C. Reilly, Jack Black, David Cross, Chloe Sevigny , Laura Dern, Milo Ventimiglia, Adam Scott, Mike Mills, Mary Steenburgen . Ahurissant ! Sorti en début d’année, on peut rêver d’une sortie française…

Futur projet en date paraissant sur les écrans français le 29 février 2012 : Les Infidèles réunira non seulement une fine équipe de réalisateurs français : Jan Kounen, Michel Hazanavicius ou Fred Cavayé, autant qu’une distribution des plus prestigieuses : Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Alexandra Lamy, Sandrine Kiberlain, Guillaume Canet ou encore Mélanie Doutey.

Une conclusion s’impose, bien qu’elle ne soit pas toujours synonyme de qualité, l’importance accordée à la distribution d’un film semble encore prépondérante pour monter des projets face à certains scénarii ou metteurs en scène pourtant prometteurs. Nous faisons confiance aux lecteurs d’Ecran Large pour continuer à dénicher d’obscures productions et à prendre un ticket pour ces films ne jouant pas le jeu de la promotion auto-révérencieuse…

Bonus dossier : The Banquet

4 réalisateurs et des dizaines d’acteurs se retrouvant bénévolement pour soutenir les victimes de l’inondation du Yangtze en 91, un film inédit en France, et pourtant, un des plus beaux défilés de stars de l’histoire du cinéma asiatique. Si vous ne connaissez pas le film et appréciez le jeu du who’s who, ruez-vous sur The Banquet. Pour vous aider à vous décider, une petite sélection de noms alléchants : Jackie Cheung, Tony Leung, Maggie Cheung, Stephen Chow, Anita Mui, Eric Tsang, Simon Yam, Leslie Cheung, Andy Lau, John Woo, Leon Lai, Aaron Kwok, Gong Li, Sammo Hung, Rosamund Kwan, Tony Leung Ka Fai.