Poster un commentaire

Tad et le secret du roi Midas

1.jpg

Genre :comédie – aventure

Réalisateurs :David Alonso – Enrique Gato

Voix :Oscar Barberan,trevor White, Michelle Jenner, Adriana Ugarte

Musique :Zacarias M de la Riva

Image :16/9 – 1080p / 2,35

Son :Dolby Digital 5.1 Français + Néerlandais + Allemand + Italien + Japonais + Portugais + Polonais + Russe + Espagnol. Audiodescription anglaise (pour malvoyants) en 5.1. Turc : stéréo 2.0. Anglais : DDT HD 5.1

Sous-titre :toutes langues

Durée :81 minutes

Éditeur :Paramount Pictures Vidéo

Distributeur :Universal Pictures vidéo

Date de sortie :25 09 2018

Synopsis :Tad l’explorateur part à Las Vegas pour voir la dernière découverte de son amie Sara, intrépide et charmante archéologue : elle a trouvé l’un des trois anneaux d’or appartenant au collier du Roi Midas ! Selon la légende, le détenteur du collier a le pouvoir de transformer tout ce qu’il touche en or. Tout bascule lorsque l’infâme Jack Rackham et sa bande volent le joyau et kidnappent Sara. Pour retrouver son amie, Tad se lance dans une folle aventure autour du globe, avec ses inséparables compagnons : La Momie, Belzoni le perroquet et son chien Jeff. Ils ne sont pas au bout de leurs surprises…

La momie, Indiana Jones, Lara Croft and co…

De retour après un premier opus en 2012, Tad l’explorateur : A la recherche de la cité perdue ; une aventure très sympathique, attachante  et à la DA très soignée, le héros revient donc 6 ans plus tard pour nous emmener avec lui dans d’incroyables et palpitantes histoires! Ou pas. Amusant. Sympathique. Joli. Facétieux. C’est malheureusement les seuls superlatifs à concéder à un second opus bien faiblard. Loin d’être hilarant, le film, on s’en doute ne joue pas dans la cour des grands. L’animation japonaise revient cette année en salle avec quelques pépites, Mutafukazcartonne, Les Indestructibles 2fait l’unanimité, tout comme Hotel Transylvania 3ou Zombillénium… De sacrés adversaires pour que ce petit bonhomme se fraie un chemin jusqu’à la bibliothèque familiale. Plongé donc dans une quête de collier au pouvoir infini et dévastateur (comme c’est original en 2018), l’on suit donc avec distance mais malice le gauche Tad dans ses errances pleines de promesses. Un peu pataud avec celle qu’il désire plus que tout : la jolie Sara, l’ouvrier – explorateur est donc le prétexte à une nouvelle sortie qui, soyons honnêtes n’a pas remué les foules. Hormis donc trois acolytes très bien écrits, on est dans le chemin balisé.

La momie ainsi est très drôle grâce à de savants jeux de mots. L’aventurière, enfin et a l’instar du récent Shadow of the Tom Raider avec qui elle partage le short : réalise les dégâts qu’elle provoque par sa dévorante soif de trésors ! Le meilleur personnage est lui attribué au perroquet Belzoni qui balance des taglines assassines avec sa pancarte. C’est probablement tout ce qu’il y a retenir de cet inoffensif second volet. Le méchant n’a aucune épaisseur, la direction artistique est aux abonnée absente et la course-poursuite transpire le passage forcé du cahier des charges. Ajoutant à cela un script à la portée douteuse, comme dans les Aventuriers de l’arche perdu : les méchants (nazis) ne se seraient-ils pas autodétruits avec ce collier maudit?

Abusant de gimmick jusqu’à la nausée (le rat qui couine…), Tad 2brille donc avec parcimonie mais pèche par trop de timidité. Humour redondant, implication émotionnelle néante sont autant de signaux d’alarme à si la franchise veut avoir un avenir. Du cartoon lorgnant parfois vers le Tex Avery, une pédagogie historique bienvenue, une animation solide, une jolie découverte de l’Alhambra de Grenade… Il en faudrait peu pour que la franchise décolle. Une aventure de deux heures dans de nombreuses contrées insolites, de l’Amérique du sud à l’Australie par exemple, un méchant charismatique, un danger réel pour la dulcinée… Avec plus d’implication, le troisième opus devrait ainsi s’inspirer des exploits de Toy Story ou L’Age de glace numéro 3 !

Rien de nouveau sous le soleil de l’Égypte donc (comme le signale d’ailleurs nos héros ?!) ; Tad deuxième du nom est donc à réserver aux moins de 10 ans par la faiblesse de son intrigue et son aventure vite oubliée malgré u rythme soutenu. Un film inoffensif qui fera l’affaire pour un dimanche après-midi en famille avec des crêpes, obligatoirement.

Artistique : 3/6

Technique : 3/6

Interactivité : 0/6

La Technique

Image :Les décors de Juan Jesus Garcia Galocha, les effets visuels de David Beltran, l’animation dirigée par Maximino Diaz : tout ceci est calibré, suffisamment soigné mais n’éblouie jamais. A aucun moment donc, malgré une définition impeccable et une copie propre, l’image ne devrait vous décoller de votre siège. C’est du bon travail d’artisan, rien de plus

Son :La voix d’Eric Judor en VF est toujours très agréable à l’oreille. Le 5.1 vibre parfois a quelques occasions (la course poursuite, la grotte) mais tout ceci est tout de même très ; trop timide…

Interactivité : Rien, nada, walou, keutchi, peau de balle.

 

 

Publicités
Poster un commentaire

Billions : saison 1

1

Genre : drame – aventure

Réalisateurs : Neil Burger (pilote), Scott Hornbacher, Neil Labute…

Acteurs : Damian Lewis, Paul Giamatti, Maggie Siff

Musique : Eskmo

Image : 4BD-50 – 1.78 / HD 1 080p 16/9

Son : VF, allemand et espagnol : Dolby Digital 5.1 -VO, : Dolby TrueHD 5.1

Sous-titre : toutes langues

Durée : 12 épisodes de 60 minutes env. (504’)

Editeur : Paramount

Distributeur : Universal

Date de sortie : 4 septembre 2019

Synopsis : Dans le monde de la haute finance à New York, le procureur Chuck Rhoades et l’ambitieux gestionnaire de Axe Capital Bobby Axelrod s’affrontent en utilisant chacun leur considérable pouvoir d’influence pour détruire l’autre.

 Wallstreet ou les poches pleines (de sang)

Crédité d’un lancement d’une quatrième saison prévue en 2019, la série précitée semble séduire nos voisins d’outre-Atlantique. Malgré de grosses ficelles narratives, d’une écriture un peu balourde et d’un manque de subtilité certain, autant se l’avouer de suite, le show a le mérite de se bonifier avec le temps.

Autre porte ouverte à enfoncer de prime abord, n’espérez absolument pas retrouver la tensions, twists sidérants ou l’ambiance pesante des deux plus criardes inspirations : Damageset surtout House of cards. Maggie Siff n’est pas Glenn Close, Damian Lewis n’est pas Kevin Spacey. A la limite du plagiat, les premières heures passées en compagnie de ces salopards maitres ès-escrocs de la finance hypnotisent tout d’abord par la « ressemblance » face aux intrigues de la série carnassière de Beau Willimon. On troque ici les côtes de porc de Freddy pour une pizzeria qui rappelle les souvenirs d’enfance, une épouse mi ange – mi démon prête à tout pour protéger les siens, la manipulation médiatique et les rdv secrets… Bref, tout ceci est visible et dommageable. Un aveu de paresse évident. Autre écueil scénaristique 1erdegré : le couple Smith – Giamatti adepte du SM pourquoi pas. On le sait, certains hommes de pouvoir, habitués à piétiner le monde ont parfois besoin de se rendre dans des lieux d’humiliation ou de luxure pour retrouver le palpitant. Ce n’est ici qu’une simple pirouette. Inutile, vaine et sans aucun impact émotionnel. Projet entamé il y a 4 ans, Showtime a pris son temps pour trouver le chemin de l’hexagone. Krach,W,Wallstreet I et II,Les Initiés,Trader, Une femme d’affaires, Le loup de Wall Street…  Le cinéma a toujours adoré détester ces histoires de Rise and Fall, voir mordre la poussière à ces prédateurs avides et au cynisme exacerbé… Un parti pris souvent partagé que les scénaristes tentent visiblement d’éviter dans la série. Pas de jugement de valeur, pas de moral porte-étendard : juste des portraits plus ou moins acides.

Capitalism, A love story

 Alors donc que tout n’est pas à jeter dans le show dont on ne peut ici qu’évoquer les grandes lignes, (non par peur du spoiler mais parce que cette dernière se résume à un chien enragé de procureur prêt à tout pour croquer les fesses du méchant riche) ; la révélation des fondations de la richesse de l’anti-héros est d’une nullité sans nom. Billions n’est pourtant pas un mauvais spectacle en soi.

C’est plutôt bien interprété (Giamatti éclipse tout le monde), on se prend petit à petit à vouloir connaitre la fin de l’histoire et, tout comme dans Homeland, (attention spoiler) : Lewis sera t’il pendu au bout d’une corde (fin de spoil)? L’univers des fonds d’investissement est également un théâtre d’ombres suffisamment captivant pour jubiler à la vision de la confrontation du procureur fédéral incorruptible face à ce Bobby Axelrod dans un jeu de dupe qui, sans crier au génie, réserve dans son derniers tiers la tension que l’on attendait tant. Un concours de b… pardon, une bataille d’égo : c’est peu pour tenir en haleine toute une saison. Pour autant, on saluera le travail d’Andrew Ross Sorkin, à l’origine de la série et journaliste économique au New York Times. L’homme connait son affaire et en situant son affaire dans le monde post 11 septembre, y ajoute un écrin de véracité et tension bienvenu. Pas la plus originale des idées mais ça fonctionne. L’arrogance de Bobby, l’épouse sexy du procureur qui bosse pour lui (?!) ; le chantage à la divulgation d’informations compromettantes… Ce château de carte est donc souvent au bord du gouffre du cliché mais parvient toujours à rattraper la rambarde.

Un vocabulaire parfois hermétique. Une toxicité intolérable des lobbys financiers et industriels. Des complots aux tentacules insoupçonnables… Il y a beaucoup à faire en matière d’écriture érudite et au travail d’investigation pour une série basée sur la finance. En l’état, Billionsest donc une proposition vite oubliée mais qui ravira les amateurs d’enquête au premier degré, à la thalasso pour neurones. Assurez-vous donc que vous vous engagez dans une déclaration d’impôts incomplète. Pas pour l’affaire Cahuzac, à qui ce texte est humblement dédié. Une partie d’échec puérile certes mais des échecs quand même.

« Le capitalisme est cette croyance étonnante que les plus mauvais des hommes feront les pires des choses pour le plus grand bien de tous. »

John Maynard Keynes, économiste britannique et père de la macroéconomie

La Technique

Image :

Le rendu est impeccable. Contraste, définition, piqué… Rien à dire de ce côté-là, c’est du bel ouvrage. Mais la froideur de l’image et son manque de personnalité sont des artifices trop faciles pour signifier l’univers bancaire. Pour les restes, des grosses baraques, des grosses bagnoles… N’est pas Darius Khondji qui veut.

Son :

Imposez-vous la VO pour un peu plus de profondeur et d’ampleur dans le mixage. Pour le reste, Axel est étrangement plus agressif en VF et son timbre original lui n’a rien de terrifiant. C’est essentiellement verbeux donc votre caisson de basse est parti faire une sieste.

Interactivité :

L’argot de Wall Street (3)
Présentation des personnages(8)
Le lieu : New York (7)
Développement des personnages (11)
Ombres et lumières (8)

Les noms se suffisant à eux-mêmes : évoquons simplement des modules très courts et très classiques. Les coulisses de la série sous forme de mini scénettes donc. De l’intention des chef op’ avec la création du bureau qui met en scène le golden boy, un théâtre vitré froid comme la glace, des petits encarts sur les personnages ou les acteurs expliquent ce que l’on a vu depuis 12 épisodes, les lieux de tournage… Le meilleur module concerne donc NY et ses restaurants fétiches, souvent lieux d’affaires conclues, de dessous de table (sans jeu de mots) et d’OPA sanglantes. Inoffensif donc mais le lexique est une bonne idée.

Poster un commentaire

JACKAL

1

DESSINATEUR : Bingono
SCENARISTE : Thirault
NOMBRES DE PAGES : 128
DISTRIBUTEUR : Glénat
DATE DE SORTIE : 20 juin 2018

NOTE : 3/6

LE PITCH : Mercenaire sans foi ni loi, Jackal n’a qu’une faiblesse : les jolies femmes. Il y en a justement deux qui allient jeunesse, beauté et caractère : Scarlett et Nasha. Scarlett cherche à retrouver un trésor qui lui permettrait de sauver la vie de son père. Nasha est la rescapée du massacre d’un clan Navajo, à qui le trésor maudit a été volé des années plus tôt.

SKIN AND BONES, SKIN AND BONES, SKIN AND BONES DON’T YOU KNOW ?

« J’étais croque-mort.
Mes derniers cercueils ont été ceux de ma femme et de mes enfants.
Ce jour-là, je suis devenu Jackal
. »

N’étant pas sans rappeler l’ambiance de Jeremiah Johnson réalisé en 1972 par Sydney Pollack, le scénario de John Milius s’inspirait lui du « mountain Man », plus célèbre sous le nom de « Johnson le mangeur-de-foie ». Ce tueur de « corbeaux » : les assassins amérindiens de sa femme, aurait ainsi fait durer sa vengeance sur une vingtaine d’années… Mythe ou légende, bien qu’il ne soit pas question de cannibalisme ici, nous sommes immédiatement happés par la ressemblance entre les personnages : leur âpreté, leur cynisme, leur nihilisme.

Un mercenaire sans foi ni loi et des jolies femmes : Scarlett et Nasha. Voilà donc le trio parfait qui parcourt le récit simple et frontal de la collection Flesh and Bones de Glénat. L’une cherche à retrouver un trésor qui lui permettrait de sauver la vie de son père, l’autre (rescapée Navajo) à remettre la main sur cet objet maudit. Triangle narratif extrêmement classique de prime abord, le récit s’embourbe quelque peu avec l’apparition au fil du récit de ce qui est considéré comme le premier serial killer américain. Exagération inhérente à nombre d’adaptation, le récit de Philippe Thirault (ancien des Humanoïdes associés avec Miss par exemple) et Bingono (Paradise de Sokal) n’ont à vrai dire rien de particulièrement original à proposer.  Western gore aussi aride que les plaines de l’ouest, Glénat a toutefois la bonne idée de proposer son œuvre (soignée mais étonnement proprette donc) à moins de 10 euros. Premier bon point. Le second est, et de loin, l’écriture des deux personnages féminins. Toutes les deux ont un caractère en acier trempé et pourrait même donner naissance à une série en quelques tomes. On pense parfois à la magnifique Ciride The Witcher IIIou à la Jennifer Lopez de U-Turn. Des personnages sexy, dangereux, au masque de cire friable et avec le cœur d’une lionne. On parcours donc une histoire convenue de recherche de trésors sous le chapeau d’un anti-héros finalement personnage secondaire de son propre récit, pilleur mais également juge et bourreau. La main droite du diable semble alors traverser l’existence avec autant de fatalisme que de folie meurtrière. Difficile ainsi de justifier les actions de sa faucille et de s’abandonner à un minimum d’empathie…

DANS LES YEUX DE DJANG… NASHA !

Nous évoquions plus haut un classique du septième art. Nous pourrions tout autant insister sur les deux derniers Tarantino. Source d’inspiration indéniable, par le prisme de cette violence graphique subite ou ce regard frontal sur une torture lente et sauvage. Mais tout le monde n’est pas Tarantino. Dans le fond déjà. Quand l’un des personnages les plus attachant semble disparaitre pour de bon, on se demande « Mais à quoi bon ?! ». Lorsqu’on se fiche du destin d’un héros salopard spécialiste ès mise à mort et exactions pour le seul bien de sa(es) bourse(s), on réitère : « Mais à quoi bon ?! ». A vrai dire, alors que le western, à plus forte raison lorsqu’il se veut hardboiled, peut devenir l’écrin parfait pour l’évocation de thématiques variées et profondes : la finitude de l’homme, la soif de revanche, l’amour face aux éléments hostiles, le respect de dame nature et sa cruauté, la possibilité d’une seconde chance etc etc etc. Le scénariste manque ici d’un minimum de prise de recul. Tout ceci est un peu trop frontal, trop lisible, trop inoffensif. Bien entendu, il n’existe qu’un Jodorowsky et qu’un Bouncer mais le trait de Boucq n’est visiblement pas du goût de Bingono. Malheureusement, malgré la qualité de certains crayonnés, de certains cadrages outrognes patibulaires, l’histoire manque cruellement de visibilité et d’ampleur. Pas de double page surprenante et inoubliable, pas de cases choc. Le tout est malheureusement très fouillis et manque énormément de clarté. On parvient parfois à se demander qui du salopard assassin ou du héros est illustré (merci le chapeau) et quel personnage a passé l’arme à gauche. Un reproche grave et quasi insurmontable. Dommage car ce Colorado de 1858 a tout pour nous faire les yeux doux, malgré on le répète, une histoire mille fois entendue.

De ce trait charbonneux et du trio criminel se muant en quatuor abandonné en plein errance, nous soulignerons donc un conte classique, viril mais trop timoré pour remuer le genre. On reste persuadé qu’avec une véritable écriture, ce Jackal peut devenir passionnant. Son rapport chaotique aux femmes, son intériorité explosive, son histoire, sa maitrise de la mise à mort et son destin brisé à chaque claquement de botte… Nul doute que Glénat poursuivra l’aventure. On leur conseille en toute humilité une mise sous projecteur des femmes, toujours aussi captivantes à écrire et au background (géo)politique : indispensable à tout grand récit. Une bonne série B donc, sincère mais trop peureuse.

 

Poster un commentaire

Battleship Island : BD

1

BATTLESHIP ISLAND (Gun-ham-do)

Genre :action – drame – guerre

Réalisateur :Ryoo Seung-wan

Acteurs :Hwang Jung-min, So Ji-seob, Song Joong-ki, Lee Jung-hyun, Kim Su-an

Musique :Leo Bang

Image :1080p – 2.35 :1

Son :DTS HD Master Audio : Français 5.1 – Coréen 5.1

Sous-titre :  Français

Durée :2h12 / 2h32 (version longue)

Distributeur :Seven7

Éditeur :Métropolitan Vidéo

Date de sortie :18 juillet 2018

Artistique :4,5/6

Le pitch : Pendant la Seconde Guerre mondiale, plusieurs centaines de Coréens sont emmenés de force sur l’île d’Hashima par les forces coloniales japonaises. L’île est un camp de travail où les prisonniers sont envoyés à la mine. Un résistant infiltré sur l’île élabore un plan d’évasion géant, afin sauver le plus grand nombre de prisonniers possible.

LA GRANDE EVASION

Battleship Island est avant tout une histoire d’amour. Subtile comme un lancer de parpaing certes, mais de l’affection oui. Le récit de galériens, frères d’armes embarqués dans un enfer sans nom, 1km sous le niveau de la mer, suintant le charbon par 45 degrés. Dans ce petit paradis sur terre : inspiré à l’évidence du formidable Roberto Benigni dans La Vie est belle, un père musicien : le génial Hwang Jung-min et sa fille (Kim Suan qui a la classe d’avoir aussi joué dans Dernier Train pour Busan !) vont tenter de survivre aux maisons closes, à la faim, à la soif, à la chaleur, aux geôliers, à la violence, et surtout à l’injustice. Pan oublié de l’histoire du vingtième siècle (on comprend pourquoi certains livres, en fonction de leur origine, ont « omis » de mettre en lumière cette période infernale), basée à 18km de la tristement célèbre Nagasaki :  une galerie de portait au vitriol va s’affronter.

Nous y reviendrons pour les griefs. Certains vont alors naturellement s’évertuer à échafauder un plan d’évasion. Classique dans sa narration (des quidams innocents subissent une injustice et, malgré leurs faiblesses, unir leurs forces pour retourner le cours logique de l’histoire), le film est démesuré. Comme par exemple 6 mois de construction pour retranscrire à l’écran les 2/3 de l’ile originale ou cette galerie d’interprètes de haut vol (mention spéciale au Yakusa Chil-sung, joué par So-Ji-sub ou à la magnifique et scarifiée Lee jung-byun : quelle beauté !). Le film est maitrisé de bout en bout. Que ce soit les décors gigantesque (« l’escalier pour l’enfer » est terrifiant), sa colorimétrie étouffante et grisâtre, sa photo (la scène des bougies par exemple) ou l’utilisation judicieuse de quelques moments de climax savamment distillé (l’arrivée sur l’île, l’évasion, le morceau mythique de Morricone…) : tout transpire le soin et la conscience dans ce devoir de mémoire.

Premièr film à dépasser les 2 000 copies en Corée du sud (et la polémique de domination des salles qui va avec), projeté à l’UNESCO : Battleship Island est donc à recevoir comme une gifle, le rappel d’une histoire oubliée. Sous occupation japonaise durant la seconde guerre mondiale, ces centaines de travailleurs forcés ont ainsi vécu la torture, le châtiment, la mort. Hashima, ville minière surnommée l’ile du cauchemar… Quand on sait qu’elle n’excédait pas quelques centaines de mètres de long, on peine à imaginer autant de souffrance dans un si petit périmètre… C’est que nous étions bien mal renseignés.

MEURTRES A HASHIMA : The ecstasy of gold

Techniquement inattaquable, interprété de manière magistrale et réalisé avec soin (certains plans virevoltent et d’autres sont pure poésie), le principal reproche à faire au film et son ton UNIQUEMENT à charge. Nul doute qu’en ourdissant cet enfer, la Corée à fait exploser sa rage déjà paroxystique pour son voisin japonais. Mais dans cette galerie de personnages tous plus dégueulasses les uns que les autres, un minimum de retenue ou du moins un personnage japonais nuancé eût été judicieux. Tous sont alors des salopards de la pire espèce. Violentant et abusant sexuellement des femmes, pédophiles sans remords, jouissant de la souffrance affligée et crachant sur les vies humaines comme si elles n’étaient que de simples morceaux de charbon… L’âme des japonais est souillée comme la peau sous la suie. Les lanternes défuntes ne s’envoleront jamais pour eux. Un constat dramatique de virulence et de pessimisme. Un âpre bilan donc, à écorcher les plus solides diplomates japonais…

Cette erreur mise en lumière et éprouvée, reste le cinéma. Malgré un second défaut mineur (le twist que tout le monde avait envisagé), et les inventions historiques (aucune évasion de ce genre n’a eu lieu mais le camp lui a existé),  le film est  un vrai morceau de bravoure. Virtuose donc, condensé haletant de mise en scène inspirée et d’une réelle empathie pour ce tableau peint au charbon, cette fresque est à voir d’urgence, que vous soyez friands de technique, de réalisation, de dramaturgie ou d’honnêteté historique (sans subtilité aucune, voir avec une touche de nationalisme nauséabond on le rappelle).

Intime autant que spectaculaire, révoltant autant que salutaire, Le film de Ryoo Seung-wan est une nouvelle claque assénée par le cinéma coréen. Enchainant les pépites années après années, le pays domine la planète en termes d’intensité et de suffocation. Une nouvelle fois, exception faite du continent américain, la Corée prouve donc pour les cancres du fond de la classe à quel point ses créations sont aussi spectaculaires que riches en sens. Cinemateaser parle de chef d’œuvre. On en est tout proche. Du grand art mais pas toute la vérité. Je le jure !

LA TECHNIQUE

Image : 5/6

Une photographie exceptionnelle faisant rapidement oublier quelques fonds verts maladroits ou CGI pixellisés. La définition est remarquable (même au second voir au troisième plan !), le piqué lui nous fait ressentir la suie, la sueur, la crasse et le poids des guenilles. Un travail remarquable tout simplement.

Son : 5/6

.Des explosions dévastatrices, un caisson de baisse qui crache ses tripes pour dégager de ce bourbier. Les deux versions en DTS-HD ont visiblement été envisagées avec soin tant l’équilibre est palpable. Une nouvelle fois un travail impeccable qui vous épuisera dans son dernier tiers.

Interactivité : 4/6

Dommage qu’avec un film si riche en relectures et en implication, l’éditeur n’ait pas décidé de mettre le paquet. Une heure et demi de coulisses aurait été les bienvenus

.Making of (9 min 30, 1080i)

Dans ce cours segment d’une dizaine de minutes, vous pourrez apprécier, entre autres :  les déclarations de Lee mo Gae (le directeur photo), du talentueux chef décorateur Lee Hwo-Kyung ou du chorégraphe. Vous apprendrez ainsi que l’incroyable séquence de fin à nécessité plus de 30 jours de tournage ! Malgré des dithyrambes un peu forcées de la part des acteurs sur le metteur en scène (« Voilà pourquoi il est le meilleur », OK), on comprend les difficultés de tournage, et les performances de ces derniers ont autant plus de valeur. Qu’il s’agisse de la douce Lee Jung-byun qui fait le job en racontant ses misères ou le module expliquant le gigantisme de la reconstitution, nous sommes à l’évidence devant un projet pharaonique, accordé à l’unisson avec précision et professionnalisme.

I.nterview de Ryoo Seung-wan (8 min 03, 1080i)

Interview de 8 minutes du réalisateur réalisée à Sitges par Frédéric Ambroisine, habitué des éditions cinématographiques de cinéma asiatique. Le réalisateur évoque le devoir de mémoire. Bien que ce dernier indique que la version plus courte de 20 minutes soit destinée à la distribution internationale et un soi-disant propos plus acceptable, nous pouvons vous rassurer sur la violence des images et l’empathie ressentie en fin de métrage, le souffle court. Le propos est convenu.

.Bande annonce (1 min 56, 1080p) et teaser (1 min 15, 1080p) français du film

.3 bandes annonces de l’éditeur (Kundo, Nameless Gangster et The Strangers, 1080p)

Poster un commentaire

DETECTIVE DEE : La Légende des rois célestes (Di Renjie zhi Sidatianwang)

1

Genre : action – aventure – fantastique

Réalisateur : Tsui Hark

Acteurs : Marc Chao, Feng Shaofeng, Gengxin Lin

Musique : Kenki Kawai

Durée : 2h12

Distributeur : Les Bookmakers / The Jokers

Date de sortie : 8 août 2018

Artistique : 4/6

Le pitch : Une vague de crimes perpétrée par des guerriers masqués terrifie l’Empire de la dynastie des Tang. Alors que l’impératrice Wu est placée sous protection, le Detective Dee part sur les traces de ces mystérieux criminels. Sur le point de découvrir une conspiration sans précédent, Dee et ses compagnons vont se retrouver au cœur d’un conflit mortel où magie et complots s’allient pour faire tomber l’Empire…

China Blues. En 2D, 3D ou 4DX

Une vague de crimes perpétrée par des guerriers masqués. Une insupportable impératrice (très bien interprétée) placée sous protection. A moins que… On ne peut plus original donc (puisqu’on ne pose même pas la possibilité d’un whodunit final) ; inutile de s’attarder sur une narration déjà vue, entendue ou lue 1000 fois auparavant. Un complot dans les hautes sphères de l’état donc, orchestré pour prendre le pouvoir. Bien.

C’est toujours le problème avec Tsui Hark. Passer de l’excitation lorsqu’on connait le talent du bonhomme, magnifié dans des projets cultes tels que : Zu, les guerriers de la montagne magique (1983), Il était une fois en Chine (1991) ou l’extraordinaire The Blade (1996). Il y a quatre ans, le réalisateur avait prouvé qu’il avait encore beaucoup de choses à dire et pas mal de chevaux sous le capot avec le spectaculaire La Bataille de la montagne du tigre. Pourtant déjà auteur des deux très réussis premiers volets, le metteur en scène se prend pour la première fois les pieds dans le tapis avec la franchise. Nous sommes en effet cette fois plus proche de Double Team… Nous exagérons c’est vrai mais c’est qu’on connait le potentiel du cinéaste et l’attente / exigence est proportionnelle à l’affection…

A bientôt 70 printemps, le hong-kongais rempile une troisième fois pour nous narrer les aventures du facétieux détective. 8 ans après sa découverte sur grand écran, ce mix jubilatoire entre Sherlock Holmes et les virevoltants héros du Wu Xia s’emploie cette fois à révéler au grand jour une machination inouïe.

Avant d‘évoquer les sujets qui fâchent, force est de constater que le bonheur de Hark transpire sur la pellicule. Une bobine généreuse. Tellement généreuse qu’elle semble totalement en roue libre ! Des masques de cire qui s’étripent sur les toits, des gorilles albinos (Oui oui, un peu comme dans le si subtil Rampage), du mobilier qui prend vie (la plus belle scène du film) et des lames de la taille d’un homme ! N’en jetez plus, le film est jouissif et sincère, ses combats dantesques : c’est une certitude. Sa galerie de personnages a elle aussi quelque chose de très attachante. La grande méchante a vraiment une tête à claque, le moine sage ou les seconds couteux de Lee sont bien interprétés et apportent eux de la fraicheur à un script oubliable ; mention spéciale à Sichun Ma, amazone ès casse-noisette géniale mais sous-exploitée.  Malheureusement cela ne suffit pas à faire un grand film.

The Sword ébréchée, la bride abandonnée

L’un des principaux griefs qu’il faudrait in fine retenir (ou pas) de ce troisième opus serait à n’en point douter (et avant son bestiaire) sa direction artistique. C’est moche, tout simplement. Les couleurs sont criardes, l’or prédomine et les associations douteuses faites en dépit du bon sens. Au lieu d’étalonner son film avec trois teintes prédominantes et en justifier une quatrième pour illustrer un propos ; on assiste ici à une bouillie indigeste. Se prenant l’espace de quelques plans pour le Ang Lee de Tigre et Dragon ou le Zhang Yimou du Secret des poignards volants, ce n’est pas faire injure que de constater que le film est de plus particulièrement mal réalisé.

Le cadrage est souvent catastrophique, les mouvements de grue sur-soulignés empiètent sur le fond et le montage est chaotique. C’est la confusion totale, la pagaille, le bazar : au choix. Et ce n’est pas non plus la colorimétrie, malgré une utilisation de la 3D judicieuse mais par définition assombrie qui viendra jouer les contrepoids.

C’est un constat acide et bien dommage car on reste persuadé qu’avec plus de retenue, de pertinence artistique (en se penchant sur Hokusai pour une ambiance feutrée, propice aux manigances par exemple) : le film aurait dévoilé un tout autre visage. Mais rien à faire, l’inspiration n’y est pas. Les tenues de l’impératrice sont honteusement pompées sur Padmé Amidala, certains dangers volants sur les marionnettistes tentaculaires de Naruto et la meilleure scène du film sur un personnage iconique de Dragon Ball Super. Etc etc etc. Bien entendu, les précités sont eux-mêmes issus du folklore historique (Le Roi Singe notamment) mais malgré sa caution « mythologique », le film ne pioche que trop peu dans sa pourtant si riche histoire artistique et géopolitique. Pourrait-on alors oser aller jusqu’à la fainéantise ? Même Kenji Kawai, surdoué compositeur derrière Ghost in the shell, Ring ou son chef d’œuvre absolu Avalon, ne dépasse jamais ici l’esquisse d’un frisson. C’est trop peu pour une telle équipe de rêve.

Difficile de constater que cette fois, le résultat est raté tant la bienveillance, le travail et la générosité transpirent à l’écran… Mais cette accumulation de bonnes volontés ne suffit pas à faire oublier un script indigent, une esthétique indigeste et des inspirations paresseuses. C’est dommage car l’hexagone est cruellement en manque de pellicules de ce genre.

Malgré un détective sous-exposé, on se doute que Tsui Hark, malicieux comme un singe, utilise son film pour détourner la censure chinoise en évoquant l’opium du peuple et les cadavres dans le placard. En attendant donc son prochain bijou (car nous en sommes sûrs, il arrive) et dans un tout autre registre, on se penchera avec beaucoup d’attention sur Une pluie sans fin de Dong Yue. Il semble bien parti lui, pour devenir l’un des films asiatique de l’année.