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Border

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Genre:Fantastique – Drame
Réalisateur:Ali Abbasi
Acteurs:Eva Melander, Eero Milonoff, Vikor Akerblom
Musique:Chritoffer berg et Martin Dirkov
Durée:1h48
Distributeur: Metropolitan FilmExport

Date de sortie: 9 janvier 2019

LE PITCH: Un garde-frontière doté d’un sixième sens pour identifier les contrebandiers se retrouve face à une personne qu’il est bien en mal de désigner comme coupable ou non.

4/6

DOLL HUNTER

Auréolé du prix Un certain regard en 2018, le film n’est pourtant pas conseillé à toutes les rétines. Inclassable et malaisant, Border lorgne souvent du côté du cinéma de David Cronenberg ou Lars Von Trier; notamment L’ Hôpital et ses ses fantômes ou Chromosome 3 pour le premier. On le sait, depuis une vingtaine d’années, la Suède multiplie les pépites pelliculées. Uniquement porté par deux acteurs formidables, l’expérience est unique voir désagréable. Inutilement long, contemplatif à excès (voir suffisant), l’ œuvre est une errance privé de repères dans un monde hors du temps, froid et visiblement désenchanté. Dans cet univers étouffant, Tina est une douanière redoutable. Hideuse, elle possède, au propre comme au figuré, un flair quasi surnaturel pour démasquer les fraudeurs qui souhaiteraient passer la frontière. Cet odorant extraordinaire fait d’elle, au-delà de cette apparence monstrueuse, un être à part. Tina subit son quotidien et ne trouve visiblement pas la félicité dans ce monde gris et sans pitié. C’est alors qu’un matin comme les autres, un étrange individu se présentera face à elle. Ils partagent de plus un mimétisme physique plus que troublant. Vore est suspect. Dans son attitude, ses gestes, son regard et ses propos. Et pour la première fois, Tina semble perdre ses moyens. C’est alors le début d’un jeu de cache-cache naviguant jusqu’ à la nausée entre attirance et dégout. Alors que le réalisateur cite les surréalistes comme inspiration, c’est dans l’œuvre de John Ajvide Lindqvist (Morse) qu’il trouvera le prétexte à son propos. Novateur, le film ne l’est probablement pas autant que le metteur en scène le souhaiterait. Toutefois, de par sa noirceur éthérée, un duo de comédiens au diapason et un jeu de miroir quasi magique, Border porte en lui les promesses d’une génération de cinéastes au propos originaux et bienvenus. Après Shelley en 2016, nul doute que cette fois, le monde devra vivre différemment après la vision de ce malaise à 24 images seconde.

LES MORSURES DE L’AUBE

Bien qu’il soit complexe d’évoquer le voyage de nos deux antagonistes sans trop en révéler du bien fondé de cette rencontre, il advient tout autant de tempérer une critique internationale dithyrambique. Alors que David Lowery, tétanisait les marionnettes que nous sommes par le prisme de son chef d’œuvre plastique et à la portée philosophique inouï: A Ghost story, il transpire parfois de ce Border un ton complaisant, voir prétentieux dans certains plans forcés et inutilement oniriques. Manquant parfois de jusque-boutisme, le film aurait probablement gagné à cracher ses certitudes sous formes de cendres, à l’image d’un mineur aux poumons détruits par le charbon. Il faut entendre par cette métaphore que le fait de jongler entre deux intrigues entrelacées (la relation des deux inconnus et la découverte de leur vraie nature face à une intrigue policière peu finaude) rend parfois le film bancal. Évoquant autant la psychologie des contes de fées, le folklore scandinave, les créatures légendaires (smafolk) et des peurs bien plus contemporaines comme la crainte de la maternité, le kidnapping et l’abandon de soi, force est de capituler: le film est inclassable. Parfois pataud dans son propos (la douanière qui recherche l’identité de l’inconnu n’est-elle pas elle même en quête de sa propre humanité), Border est quoi qu’il en soit indispensable pour tous ceux qui pourront se rendre dans les salles obscures ce 9 janvier. Un acte presque militant pour le septième art. Impossible alors et in fine de ne pas évoquer le travail de maquillage et les effets indétectables de Peter Hjorth et enfin souligner une dernière fois la partition inattaquable d’Eva Melander. Épaulée par Eero Milonoff (plusieurs fois récompensé pour son travail), l’actrice est aussi terrifiante qu’émouvante. Elle EST tout simplement Tina. Un film imparfait donc mais grâce auquel le cinéphile vivra un grand huit émotionnel rarement ressenti. Un voyage dans les forêts de conte de fées, un propos sur la monstruosité permettant d’être un peu moins sot après la vision du film: on n’en attendait pas tant. Un film calibré pour les festivals donc mais pas pour l’exploitation. Une bonne raison de s’y rendre.

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Illang: la brigade des loups

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Un film Netflix de Jee-Woon Kim
Durée: 2h19mn
Avec: Woo-sung Jung, Hyo-ju Han, Dong-won Gang

Synopsis: En 2029, une unité spéciale de la police sud-coréenne, surnommée Illang, fait face à un groupe de terroristes qui menace de détruire des années de travail pour rapprocher les deux Corées.

2/5

Le Territoire des loups…Édentées.

S’abandonner pour la première fois devant Jin Roh et sa terrifiante uchronie est une expérience quasi-inoubliable. Oserait-on dire aussi forte que le premier visionnage de Ghost in the shell ou Akira? Sous la plume du monument Mamoru Oshii qui, 4 ans plus tôt, mit la planète K.O avec GITS: Jin-Roh sort sur les écrans nippons le 17 novembre 1999. Plongé dans un Tokyo hostile et éprouvant, le film narre la remise en question d’un soldat d’élite à la suite du suicide d’un (toujours) trop jeune kamikaze. Les années 50 et une Allemagne nazie victorieuse d’un japon convalescent, une organisation terroriste secrète dénommée «La Secte», un propos mature évoquant autant la révolution (responsabilité?) civile que la répression armée… Autant de thématiques lourdes de sens qui firent entrer Jin-Roh, la brigade des loups dans le panthéon du cinéma d’animation. Réalisé de main de maître par Hiroyuki Okiura, le cinéaste laisse alors exploser, pour son premier long-métrage, l’érudition acquise durant une dizaine d’années avec, excusez du peu, des postes d’animateur sur Roujin Z ou Patlabor 2.

Le film est donc de nouveau sous les projecteurs, sous le prisme de cette nouvelle adaptation. Lourde tâche donc pour Jee-Woon Kim de retrouver l’avant-gardisme du précité, d’errer avec autant de maestria avec la beauté paradoxale de ces menaces sans ombres, alternant avec brio errances méditatives et fracas métalliques. Pour autant, l’homme derrière l’objectif est loin d’être un inconnu. Scénariste et réalisateur de 2 sœurs, A Bittersweet life ou Le bon, la brute et le cinglé, il est surtout l’auteur d’un polar cauchemardesque, parmi les plus impitoyables, définitifs et suffocants des 10 dernières années: J’ai rencontré le diable. Il était donc plus qu’envisageable d’être confiant quant à cette nouvelle production… Malheureusement, autant confesser que l’inspiration semble cette fois pointer aux abonnées absentes, en lieu et place d’un pur film de commande. Aucun Min-sik Choi pour exploser la rétine face caméra, aucun chef opérateur pour magnifier un propos dur et polysémique comme Roger Deakins avec le récent Blade Runner 2049 (une inspiration évidente), aucun souffle court à la révélation d’un twist honteux et éventé depuis les premières minutes… Un peu comme si, cynique et affamé par l’appât du gain, à l’instar d’une meute de loups face à un troupeau de chèvres: un studio décidait un remake de Ghost in the shell, avec un metteur en scène incompétent et une actrice bancable, en Amérique. Inconcevable donc…

Maîtresse ès-polar de la planète cinéma, la Corée du sud multiplie les pépites policières depuis au moins deux décennies. Cet héritage artistique, culturel, (géo)politique et militaire est cette fois sacrifié sur l’autel du dieu dollar. Cuisant échec commercial (moins de 900 000 spectateurs et moins d’un tiers de son budget remboursé par les recettes) et critique lors de sa sortie en salles au pays du matin calme, les cinéphiles coréens semblent eux, avoir conscience de l’héritage qu’il incombait à l’équipe en charge de cette relecture. C’est en effet frustré que l’on ressort de la vision d’ Illang. L’idée frontale d’évoquer la réunion des deux Corées avant 2030, portée par des hommes politiques jouant enfin un rôle visionnaire semblait ainsi particulièrement judicieuse. Tout comme le fait de jongler entre diverses intrigues à tiroirs comme le masque social friable, cher à Carl Jung, des membres de cette unité, l’utilisation de la BO de l’anime original ou l’utilisation de l’architecture de la ville…

Malgré donc ce champ des possibles, malgré même les dithyrambes d’Oshii sur le film (??), cette appropriation ne dépasse jamais le statut d’actioneer bas du front. Après une exposition particulièrement paresseuse, portée par une tension dramatique nulle, l’on plonge tête la première, pieds-poings liés et la corde au cou dans une accumulation de poncifs quasi irréelle!

De la bluette insipide entre deux antagonistes à une intrigue confuse et opaque qui souffre des dizaines de protagonistes interchangeables (un Pirate des caraïbes 2 uchronique en somme), le film ne cherche même jamais à dépasser son statut de divertissement vite emballé. Ni Woo-sung Jung (Asura), ni Dong-won Gang (Kundo) ne semblent y croire une seconde, peu aidé il est vrai par une bande originale particulièrement inventive dans laquelle l’on provoque la tristesse par le violoncelle… Du génie. Le manga Kerberos Panzer Cop invoquait à sa sortie une noirceur palpable par le trait aiguisé et agressif de Fujiwara Kamui. Illang lui enfonce le clou en sabotant les derniers espoirs par une direction artistique passe-partout. N’est pas Lubezki qui veut. Par cette accumulation de clichés insultante (affrontement de frères ennemies, romance, final contre le grand méchant…), il ressort de ces deux heures un sentiment de gâchis et de manque d’implication. D’autant que parfois, le temps d’une séquence réussie, l’on passe un instant agréable et apaisant comme lors des estampes du Petit chaperon rouge par exemple.

Au lieu donc de singer le NWR de The Neon Demon pour ses éclairages, John Wick pour ses combats, les films de mafieux pour sa rencontre chez le barbier ou Alex De La Iglesia quand il filme des égouts dans El Bar, Jee-Woon Kim aurait dû sacrifier son chèque pour une exigence artistique a nul autre pareil. Les sauts au dessus du bar pendant une fusillade, le cache-cache dans un palais des glaces ou des marches arrière durant une course-poursuite ne sont pas un problème en soit pour un film quelconque. Le problème est qu’il s’appelle La brigade des loups et son héritage est un honneur. En effet, nous aurions pu écrire un dossier entier sur cette saga, des films The Red Spectacles et Stray Dogs d’Oshii à tout ce que Jin Roh a inspiré en terme de narration visuelle.

De la progressive déshumanisation de ces soldats à une société tentaculaire privant ses citoyens de liberté et ses enfants d’innocence, le film passe in fine complètement à côté de sa raison d’être. Reste la beauté magnétique d’Hyo-ju Han… Mieux vaut, à n’en point douter, tourner la page sur cette image.

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Black Monday murders: T1 Gloire à Mammon

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Dessinateur: Tomm Coker – Coloriste: Michael Garland

Scénariste: Jonathan Hickman

Nombre de pages: 240

Distributeur: Urban Indies
Date de sortie: 22 juin 2018

Bande dessinée: 5/6

Cette puissance, manipulée et alimentée par un groupe d’individus vénérant Mammon, Prince des Enfers et de la Cupidité, est aujourd’hui au fait de sa gloire. Le premier krack boursier de 1929, le premier choc pétrolier de 1974, la crise bancaire de 2008… Autant d’événements qui furent orchestrés par les serviteurs du Démon pour régenter en sous-main l’humanité. C’est sur cet univers occulte que l’enquêteur s’apprête à braquer les lumières de son enquête liée au meurtre ritualisé de l’une des grandes figures de Wall Street…

EYES WIDE CLOSED

Nouvelle série particulièrement ambitieuse, Black Monday Murders multiplie, sur plus de deux cents pages, denses et complexes les références culturelles, qu’elles soient cinématographiques ou littéraires. Melting pot plus ou moins digeste, le récit jongle ainsi avec le roman fantastique du 19ème, l’abandon dans les méandres complotistes de sociétés secrètes ou l’écriture tentaculaire d’un John Grisham (La Firme). Ce premier tome pose alors les fondations d’une série exigeante et particulièrement érudite (voir opaque), une habitude chez Hickman, très à l’aise lorsqu’il s’agit de marier événements historiques et mystique. Du cerveau torturé d’Alan Moore ou du Fincher de Se7en, on ne sait quelle embarcation à décidé de piloter l’auteur mais sa traversée du Styx transpire la recherche maladive de documentation et l’ implication la plus totale, lorgnant souvent vers l’exigence de la série True Detective. 1929, les crises financières, une banque qui semble liée à des forces occultes et marionnettistes installées depuis la nuit des temps… La plongée dans l’ambiance de BMM est particulièrement savoureuse, que vous soyez adepte des films d’Oliver Stone ou de la BD 30 jours de nuit. De ses ouvrages qui, après la lecture, vous donne envie de recommencer la première page immédiatement: Gloire à Mammon, s’il n’est pas immédiatement compréhensible dans toutes ses subtilités (ses symboles, ses ellipses temporelles, ses créatures cauchemardesques…) n’en est pas moins fascinant! Bien que manquant parfois de subtilité (le nom de Rothschild par exemple), cette plongée conspirationniste est, qui plus est pour une première collaboration, un sentiment intense qui vous empêche de reposer votre bande dessinée une fois entamée. Cynique? Réaliste? Révérencieuse? Difficile de qualifier un tel ovni. Bien entendu, l’idée d’un démon orchestrant dans l’ombre les grandes errances de l’humanité n’est pas nouvelle: de l’Associé du diable de Taylord Hackford aux informations télévisés (crises bancaires, choc pétroliers, affaires de corruption), notre société esquive, sans relâche, années après années, une Damoclès toujours plus menaçante… Reste à savoir si c’est bien un démon qui nous inflige tel châtiment. Pas sur en effet que l’homme moderne ait besoin d’un tel coup de pouce…

LES ASSOCIES DU DIABLE

Il parait quasi impossible de condenser l’expérience ressenti d’ une lecture aussi dense en quelques lignes. Chaque page réservant son lots de surprises, d’interrogations, de suppositions et de doutes, la moelle de cet ouvrage réside donc en une enquête mené par l’inspecteur Théodore Dumas suite à la découverte du cadavre d’un banquier richissime, dans son appartement.

Un pitch on ne peut plus banal qui s’enivre pages après pages pour vous laisser le souffle court. Sous la plume du scénariste de Pax Romana, l’ésotérisme, le fantasme des sociétés secrètes (La Vigie, La Balance, Le Trône de Pierre), l’inspecteur gagnera t-il cette partie d’échec? Ce puzzle au trop nombreuses pièces manquantes est-il tronqué d’avance? C’est avec malice que le récit morcelé se découvrira, tantôt avec vigueur et puissance, tantôt comme une chute vertigineuse. Qu’elle ressemble à un banquier qui fait faillite et saute du haut d’une tour ou à la courbe d’un krach boursier.

Au delà donc d’une écriture intelligente (suffisante?), l’illustration est elle aussi tout à fait remarquable. Le trait est sec, dur, le graphite nous égraine et le carbone laisse des traces de suie sur les doigts. Le découpage est maîtrisé, les visages particulièrement expressifs et ses jeux d’ombres et lumières plongent littéralement dans l’Amérique des années 30, de la cendre froide du détective privé aux néons éblouissant une nuit sans lune. Tout comme l’on s’abandonne au fil des pages à un récit mature ou s’entrechoquent magie noire et secrets d’alcôve, on se plaît également à croire en ces langues antédiluviennes, à cette mythologie narrée, quelque soit l’effort de concentration exigée. Les deux seuls reprochent à faire au récit étant alors son devoir d’attention et une révélation sur les origines de ses hommes agissant en sous-main un peu décevante car trop évidente. Pour le reste, c’est du grand art.

Chez Urban, le lecteur n’est jamais pris pour un consommateur. Comme un quidam assoiffé de lecture jetable ou un numéro de carte de crédit. Une nouvelle fois, l’éditeur propose un récit exigeant, érudit, destiné à interroger l’hypothèse fascinante du démon argent, puissance plus ou moins occulte mais régissant le monde des hommes. Des hommes soumis, qu’ils soient conscients ou pas. De la couverture hypnotisante aux planches de fin de tomes, des leçons d’économies a un feutre déposé sous les pas de loups voraces et organisés, Black Monday murders fascinera tous ceux qui un jour ont tapé «Cathares, Rose – Croix ou Francs-maçons» dans un moteur de recherche. En attendant la suite, nul doute qu’on tient ici l’une des séries les plus stimulantes de l’année.

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Tad et le secret du roi Midas

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Genre :comédie – aventure

Réalisateurs :David Alonso – Enrique Gato

Voix :Oscar Barberan,trevor White, Michelle Jenner, Adriana Ugarte

Musique :Zacarias M de la Riva

Image :16/9 – 1080p / 2,35

Son :Dolby Digital 5.1 Français + Néerlandais + Allemand + Italien + Japonais + Portugais + Polonais + Russe + Espagnol. Audiodescription anglaise (pour malvoyants) en 5.1. Turc : stéréo 2.0. Anglais : DDT HD 5.1

Sous-titre :toutes langues

Durée :81 minutes

Éditeur :Paramount Pictures Vidéo

Distributeur :Universal Pictures vidéo

Date de sortie :25 09 2018

Synopsis :Tad l’explorateur part à Las Vegas pour voir la dernière découverte de son amie Sara, intrépide et charmante archéologue : elle a trouvé l’un des trois anneaux d’or appartenant au collier du Roi Midas ! Selon la légende, le détenteur du collier a le pouvoir de transformer tout ce qu’il touche en or. Tout bascule lorsque l’infâme Jack Rackham et sa bande volent le joyau et kidnappent Sara. Pour retrouver son amie, Tad se lance dans une folle aventure autour du globe, avec ses inséparables compagnons : La Momie, Belzoni le perroquet et son chien Jeff. Ils ne sont pas au bout de leurs surprises…

La momie, Indiana Jones, Lara Croft and co…

De retour après un premier opus en 2012, Tad l’explorateur : A la recherche de la cité perdue ; une aventure très sympathique, attachante  et à la DA très soignée, le héros revient donc 6 ans plus tard pour nous emmener avec lui dans d’incroyables et palpitantes histoires! Ou pas. Amusant. Sympathique. Joli. Facétieux. C’est malheureusement les seuls superlatifs à concéder à un second opus bien faiblard. Loin d’être hilarant, le film, on s’en doute ne joue pas dans la cour des grands. L’animation japonaise revient cette année en salle avec quelques pépites, Mutafukazcartonne, Les Indestructibles 2fait l’unanimité, tout comme Hotel Transylvania 3ou Zombillénium… De sacrés adversaires pour que ce petit bonhomme se fraie un chemin jusqu’à la bibliothèque familiale. Plongé donc dans une quête de collier au pouvoir infini et dévastateur (comme c’est original en 2018), l’on suit donc avec distance mais malice le gauche Tad dans ses errances pleines de promesses. Un peu pataud avec celle qu’il désire plus que tout : la jolie Sara, l’ouvrier – explorateur est donc le prétexte à une nouvelle sortie qui, soyons honnêtes n’a pas remué les foules. Hormis donc trois acolytes très bien écrits, on est dans le chemin balisé.

La momie ainsi est très drôle grâce à de savants jeux de mots. L’aventurière, enfin et a l’instar du récent Shadow of the Tom Raider avec qui elle partage le short : réalise les dégâts qu’elle provoque par sa dévorante soif de trésors ! Le meilleur personnage est lui attribué au perroquet Belzoni qui balance des taglines assassines avec sa pancarte. C’est probablement tout ce qu’il y a retenir de cet inoffensif second volet. Le méchant n’a aucune épaisseur, la direction artistique est aux abonnée absente et la course-poursuite transpire le passage forcé du cahier des charges. Ajoutant à cela un script à la portée douteuse, comme dans les Aventuriers de l’arche perdu : les méchants (nazis) ne se seraient-ils pas autodétruits avec ce collier maudit?

Abusant de gimmick jusqu’à la nausée (le rat qui couine…), Tad 2brille donc avec parcimonie mais pèche par trop de timidité. Humour redondant, implication émotionnelle néante sont autant de signaux d’alarme à si la franchise veut avoir un avenir. Du cartoon lorgnant parfois vers le Tex Avery, une pédagogie historique bienvenue, une animation solide, une jolie découverte de l’Alhambra de Grenade… Il en faudrait peu pour que la franchise décolle. Une aventure de deux heures dans de nombreuses contrées insolites, de l’Amérique du sud à l’Australie par exemple, un méchant charismatique, un danger réel pour la dulcinée… Avec plus d’implication, le troisième opus devrait ainsi s’inspirer des exploits de Toy Story ou L’Age de glace numéro 3 !

Rien de nouveau sous le soleil de l’Égypte donc (comme le signale d’ailleurs nos héros ?!) ; Tad deuxième du nom est donc à réserver aux moins de 10 ans par la faiblesse de son intrigue et son aventure vite oubliée malgré u rythme soutenu. Un film inoffensif qui fera l’affaire pour un dimanche après-midi en famille avec des crêpes, obligatoirement.

Artistique : 3/6

Technique : 3/6

Interactivité : 0/6

La Technique

Image :Les décors de Juan Jesus Garcia Galocha, les effets visuels de David Beltran, l’animation dirigée par Maximino Diaz : tout ceci est calibré, suffisamment soigné mais n’éblouie jamais. A aucun moment donc, malgré une définition impeccable et une copie propre, l’image ne devrait vous décoller de votre siège. C’est du bon travail d’artisan, rien de plus

Son :La voix d’Eric Judor en VF est toujours très agréable à l’oreille. Le 5.1 vibre parfois a quelques occasions (la course poursuite, la grotte) mais tout ceci est tout de même très ; trop timide…

Interactivité : Rien, nada, walou, keutchi, peau de balle.

 

 

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Billions : saison 1

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Genre : drame – aventure

Réalisateurs : Neil Burger (pilote), Scott Hornbacher, Neil Labute…

Acteurs : Damian Lewis, Paul Giamatti, Maggie Siff

Musique : Eskmo

Image : 4BD-50 – 1.78 / HD 1 080p 16/9

Son : VF, allemand et espagnol : Dolby Digital 5.1 -VO, : Dolby TrueHD 5.1

Sous-titre : toutes langues

Durée : 12 épisodes de 60 minutes env. (504’)

Editeur : Paramount

Distributeur : Universal

Date de sortie : 4 septembre 2019

Synopsis : Dans le monde de la haute finance à New York, le procureur Chuck Rhoades et l’ambitieux gestionnaire de Axe Capital Bobby Axelrod s’affrontent en utilisant chacun leur considérable pouvoir d’influence pour détruire l’autre.

 Wallstreet ou les poches pleines (de sang)

Crédité d’un lancement d’une quatrième saison prévue en 2019, la série précitée semble séduire nos voisins d’outre-Atlantique. Malgré de grosses ficelles narratives, d’une écriture un peu balourde et d’un manque de subtilité certain, autant se l’avouer de suite, le show a le mérite de se bonifier avec le temps.

Autre porte ouverte à enfoncer de prime abord, n’espérez absolument pas retrouver la tensions, twists sidérants ou l’ambiance pesante des deux plus criardes inspirations : Damageset surtout House of cards. Maggie Siff n’est pas Glenn Close, Damian Lewis n’est pas Kevin Spacey. A la limite du plagiat, les premières heures passées en compagnie de ces salopards maitres ès-escrocs de la finance hypnotisent tout d’abord par la « ressemblance » face aux intrigues de la série carnassière de Beau Willimon. On troque ici les côtes de porc de Freddy pour une pizzeria qui rappelle les souvenirs d’enfance, une épouse mi ange – mi démon prête à tout pour protéger les siens, la manipulation médiatique et les rdv secrets… Bref, tout ceci est visible et dommageable. Un aveu de paresse évident. Autre écueil scénaristique 1erdegré : le couple Smith – Giamatti adepte du SM pourquoi pas. On le sait, certains hommes de pouvoir, habitués à piétiner le monde ont parfois besoin de se rendre dans des lieux d’humiliation ou de luxure pour retrouver le palpitant. Ce n’est ici qu’une simple pirouette. Inutile, vaine et sans aucun impact émotionnel. Projet entamé il y a 4 ans, Showtime a pris son temps pour trouver le chemin de l’hexagone. Krach,W,Wallstreet I et II,Les Initiés,Trader, Une femme d’affaires, Le loup de Wall Street…  Le cinéma a toujours adoré détester ces histoires de Rise and Fall, voir mordre la poussière à ces prédateurs avides et au cynisme exacerbé… Un parti pris souvent partagé que les scénaristes tentent visiblement d’éviter dans la série. Pas de jugement de valeur, pas de moral porte-étendard : juste des portraits plus ou moins acides.

Capitalism, A love story

 Alors donc que tout n’est pas à jeter dans le show dont on ne peut ici qu’évoquer les grandes lignes, (non par peur du spoiler mais parce que cette dernière se résume à un chien enragé de procureur prêt à tout pour croquer les fesses du méchant riche) ; la révélation des fondations de la richesse de l’anti-héros est d’une nullité sans nom. Billions n’est pourtant pas un mauvais spectacle en soi.

C’est plutôt bien interprété (Giamatti éclipse tout le monde), on se prend petit à petit à vouloir connaitre la fin de l’histoire et, tout comme dans Homeland, (attention spoiler) : Lewis sera t’il pendu au bout d’une corde (fin de spoil)? L’univers des fonds d’investissement est également un théâtre d’ombres suffisamment captivant pour jubiler à la vision de la confrontation du procureur fédéral incorruptible face à ce Bobby Axelrod dans un jeu de dupe qui, sans crier au génie, réserve dans son derniers tiers la tension que l’on attendait tant. Un concours de b… pardon, une bataille d’égo : c’est peu pour tenir en haleine toute une saison. Pour autant, on saluera le travail d’Andrew Ross Sorkin, à l’origine de la série et journaliste économique au New York Times. L’homme connait son affaire et en situant son affaire dans le monde post 11 septembre, y ajoute un écrin de véracité et tension bienvenu. Pas la plus originale des idées mais ça fonctionne. L’arrogance de Bobby, l’épouse sexy du procureur qui bosse pour lui (?!) ; le chantage à la divulgation d’informations compromettantes… Ce château de carte est donc souvent au bord du gouffre du cliché mais parvient toujours à rattraper la rambarde.

Un vocabulaire parfois hermétique. Une toxicité intolérable des lobbys financiers et industriels. Des complots aux tentacules insoupçonnables… Il y a beaucoup à faire en matière d’écriture érudite et au travail d’investigation pour une série basée sur la finance. En l’état, Billionsest donc une proposition vite oubliée mais qui ravira les amateurs d’enquête au premier degré, à la thalasso pour neurones. Assurez-vous donc que vous vous engagez dans une déclaration d’impôts incomplète. Pas pour l’affaire Cahuzac, à qui ce texte est humblement dédié. Une partie d’échec puérile certes mais des échecs quand même.

« Le capitalisme est cette croyance étonnante que les plus mauvais des hommes feront les pires des choses pour le plus grand bien de tous. »

John Maynard Keynes, économiste britannique et père de la macroéconomie

La Technique

Image :

Le rendu est impeccable. Contraste, définition, piqué… Rien à dire de ce côté-là, c’est du bel ouvrage. Mais la froideur de l’image et son manque de personnalité sont des artifices trop faciles pour signifier l’univers bancaire. Pour les restes, des grosses baraques, des grosses bagnoles… N’est pas Darius Khondji qui veut.

Son :

Imposez-vous la VO pour un peu plus de profondeur et d’ampleur dans le mixage. Pour le reste, Axel est étrangement plus agressif en VF et son timbre original lui n’a rien de terrifiant. C’est essentiellement verbeux donc votre caisson de basse est parti faire une sieste.

Interactivité :

L’argot de Wall Street (3)
Présentation des personnages(8)
Le lieu : New York (7)
Développement des personnages (11)
Ombres et lumières (8)

Les noms se suffisant à eux-mêmes : évoquons simplement des modules très courts et très classiques. Les coulisses de la série sous forme de mini scénettes donc. De l’intention des chef op’ avec la création du bureau qui met en scène le golden boy, un théâtre vitré froid comme la glace, des petits encarts sur les personnages ou les acteurs expliquent ce que l’on a vu depuis 12 épisodes, les lieux de tournage… Le meilleur module concerne donc NY et ses restaurants fétiches, souvent lieux d’affaires conclues, de dessous de table (sans jeu de mots) et d’OPA sanglantes. Inoffensif donc mais le lexique est une bonne idée.