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24 heures chrono – Saison 1

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Originale, trépidante, révolutionnaire, les superlatifs ne manquent pas pour désigner ce que fut l’apparition de la série 24 (24 heures chrono dans l’hexagone) dans la production télévisuelle américaine.
Mené tambour battant, le show créé par Joel Surnow et Robert Cochran narre les aventures, ou plutôt la journée infernale que va vivre l’agent Jack Bauer, qui, à la tête de la cellule anti-terroriste de Los Angeles,
va tenter de protéger son pays contre les attaques répétées des ennemis du drapeau étoilé.

Avant de s’intéresser au scénario, la principale attraction de 24 est bien sûr son unité de temps. En effet, la serie se déroule quasiment en temps réel. Un épisode ne dure donc pas réellement une heure mais 43 minutes.
Ceci étant, celui-ci tient compte des 3 coupures pub durant chaque épisode pendant lesquels le temps s’écoule permettant aux scénaristes de ne pas faiblir quant au rythme plus que soutenu exigé par l’intrigue.
Ainsi ces « entractes »  permettent à nos personnages de se rendre d’un point A à un point B,etc. La « silent clock » du début nous plonge donc dans ce qui sera pour beaucoup un véritable uppercut dans l’histoire télévisuelle.

Notre héros, Jack Bauer, incarné par l’impeccable Kiefer Sutherland, véritable colonne vertébrale du show, est à la tête de la cellule anti-terroriste de Los Angeles. Celui ci est averti que le sénateur David Palmer,
candidat noir à la présidence des Etats Unis (vous voyez sûrement le parallèle avec une élection récente) est menacé d’assassinat. Parallèlement sa fille Kim est enlevée par ces mêmes terroristes et,
pour parachever cette situation infernale, une taupe est probablement impliquée dans ces deux affaires.
Postulat passionnant à mi chemin entre le thriller et l’actioneer, la série donne le ton dès le début : prenez une grande inspiration car vous ne pourrez expirer qu’à la fin de l’épisode.

Cette théorie du complot touchant autant les strates du gouvernement que le législatif, ce tempo infernal qui ne laisse aucun répit au téléspectateur qui, à l’image du « héros » » est véritablement pris en étau par les intrigues à tiroirs,
sont autant de raison de se réjouir d’un tel show.

Jack va donc devoir tour à tour tenter de retrouver sa fille, et sa femme Terry (qui donnera dans un dernier épisode ahurissant de maîtrise, son entrée à 24 au panthéon des séries télé américaines tant l’émotion et la tension ,
palpables, se mêlent pour mieux nous prendre à revers), jongler entre les manipulations des hautes strates de l’état ou au sein même de son unité, les ambitions et retournements de vestes de nombre de personnages (leitmotiv de la série),
et sauver la vie du premier candidat noir présidentiable de l’histoire des Etats Unis.

A un scénario diaboliquement orchestré qu’il est impossible de résumer ici tant les retournements de situations sont légions, s’ajoute une réalisation se mariant parfaitement au sujet illustré.
On pense parfois au Timecode de Mike Figgis pour l’utilisation du splitscreen cher à Brian De Palma, ou à sa notion d’action «en temps réel ». La mise en scène caméra à l’épaule totalement maîtrisée,
un peu a la manière de l’autre excellente série hardboiled The Shield, utilisée avec parcimonie et justesse est, comme le scénario, un support plus qu’efficace pour marier maestria technique et suspense haletant.

24, saison 1 n’est peut être pas exempt de menus défauts. En effet, on effleure un peu trop parfois la frontière du 1er degré bête et méchant, un peu réac qui, s’il est mal interprété,
peut être un porte étendard du Machiavélisme au sens premier du terme, à savoir : la fin justifie t-elle les moyens ? Doit-on se perdre dans le bourbier administratif lorsque la situation exige une réponse immédiate et ferme ?
24 heures chrono n’est pas cela, ce n’est ni une tribune pour les WASP, ni le propos ultra républicain de la chaîne qui le diffuse, Fox. La série réussit, malgré sa proximité chronologique avec le 11 septembre 2001,
à éviter les écueils des réactions a chaud, rends crédible l’élection d’un candidat issue des minorités à la présidence américaine, se veut une critique sans détour de l’administration Bush
(il suffira pour s’en persuader de regarder de quelle façon elle traite ses dirigeants dans les saisons suivantes) tout en conservant une bonne dose de patriotisme, à l’image de son ( anti-)héros, l’infatigable ou asocial Jack Bauer.

Les relations affectives se nouant au fil des épisodes entre les personnages, la mise en scène énergique et avant-gardiste, des scénaristes qui ne cachent pas leur plaisir de travailler pour un tel show,
des intrigues à tiroirs et des acteurs habités font que 24, n’en déplaise à ses détracteurs est une série qui a fait date et a marqué pour longtemps la rétine des téléspectateurs. Sa longévité en est une preuve supplémentaire.
Cette dithyrambe en est une autre !

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