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Avatar


Bien que les 140 millions de dollars du budget de com’ nous ait un peu forcé la main,
nous ne pouvions décemment pas passer à coté du titanesque projet de James Cameron.
Alors coup d’épée dans l’eau ou nouvelle expérience cinématographique ?

Golden Globes, nominations aux Oscars, record de recettes, une décennie de préparation,
tournage à Los Angeles et en Nouvelle-Zélande, l’entourage du film lui-même, de sa
genèse aux inévitables produits dérivés est un évènement en soi.

Tachons toutefois de rester centrés sur le film lui-même, il est de toute façon impossible
de se montrer exhaustif sur l’oeuvre du cinéaste, fusion unique d’un propos écologiste et
d‘un déferlement d’effets spéciaux qui restera longtemps gravé dans vos rétines réjouies.

Fantasme vivant, l’aventure grandiloquente qu’est Avatar réussit l’exploit hybride de
fusionner film à grand spectacle, histoire d’amour et hommage aux séries B de
science-fiction.
Soyons honnêtes, c’est bien entendu l’aspect plastique du film qui interpelle de prime abord.
Véritable prouesse marquant à coup sûr un tournant dans l’histoire du cinéma, Cameron,
comme il l’avait déjà fait avec Alien, ou Terminator , nous empêche en quelques secondes
de douter de la véracité du monde merveilleux qui s’étale devant nos mirettes ébahies.

Pandora existe, presque palpable, riche d’une faune et d’une flore qui, bien qu’entrevue dans
certains jeux vidéos notamment (Halo par exemple) prend enfin toute sa dimension.
Entité à part entière, cette planète semble respirer, rire ou pleurer. Rien que pour cet univers
cohérent et qui forcément appelle de nouveaux visionnages, on peut saluer le travail
du cinéaste.

Mais le tour de force nes’arrête pas là : le génial réalisateur nous y adjoint un formidable
bestiaire (bon sang, ce rhinocéros requin-marteau !) ou une faune qu’une fois n’est pas
coutume, on songerait vraiment à préserver…

Comme l’avait fait M. Mann avec Le Dernier des Mohicans, Zwick avec Le Dernier Samouraï
ou Costner avec Danse Avec Les Loups, Cameron nous plonge dans la psyché de ce soldat qui
doit déjà gérer sa nouvelle condition (belle esquisse d’une réflexion philosophique sur la
relation de l’homme avec l’âme et le corps) tout en jouant les espions auprès d’une peuplade qui,
inévitablement, finira par le toucher en plein coeur.

Mélange d’émotion à la Miyazaki (il cite sans se cacher, Princesse Mononoke, ou
Le Château Dans Le Ciel), de romantisme SF post guerre froide et tour de force technique,
le papa d’Abyss nous emmène ainsi par la main, pour un voyage qu’on lui accorde sans résistance.

Alors Avatar, film parfait ? Malheureusement, ce n’est pas encore pour cette fois.

Même si l’on attend beaucoup de la version longue (28 minutes supplémentaires) et tout
révolutionnaire qu’il soit, le film n’évite malheureusement pas certains écueils.
La musique tout d’abord, bien trop influencée par un mélange de genres qui la dessert
(pop, rock, ethnique, orchestral ?!), mais aussi certains personnages bien trop caricaturaux
(suivez mon regard), sous exploités (Michelle Rodriguez) ou enfin l’emprunt répété à ses propres
films : Ripley et son mécha notamment, n’en sont que quelques exemples.

A l’instar de Spielberg et Lucas et leurs dernières réalisations, James Cameron nous rappelle que
le film est son bébé et qu’il décide seul de ce qu’il sera. Ce parti-pris s’avère donc parfois préjudiciable
par son propos écologiste qui, bien que salutaire, se révèle un peu trop simpliste.

L’éternel passionné de technologie et de mondes imaginaires, en réunissant Pocahontas et Alien,
fable écologique et Space Opera se retrouve donc parfois à la limite de la surenchère.

Inutile cependant de faire la fine bouche, peu de cinéastes aujourd’hui auraient été
capables de livrer tel bijou, Peter Jackson mis à part.
Harmonieux, le film l’est à coup sûr dans son unicité, dans sa volonté sincère de provoquer un
consensus quant à la portée de son propos. L’humanité, ici diabolisée, n’est peut-être pas si
vénale que dans le long métrage (pas entièrement, espérons-le), la naïveté parfois évoquée concernant
les relations entre différentes peuplades ou une utilisation parfois anecdotique de la 3D
(on reste très loin, rassurez-vous, de la vulgarité dans l’utilisation du procédé d’un Destination Finale 4)
ne sont donc que peu de choses quant au sentiment que le film provoque.

Propos bienveillant, sonnette d’alarme, caprice de réalisateur ayant fait ses preuves, rouleau-compresseur
hollywoodien, Avatar est tout cela à la fois. Émerveillé durant 2h40, le constat est simple : une envie folle
de retourner dans la salle de projection une fois le voyage achevé.
C’est bien là le signe d’un diamant brut : une beauté aux milles facettes, certes imparfaite mais qu’on
souhaite admirer encore et encore. Rien que pour cela, la planète et moi-même, vous disons merci et
chapeau bas, monsieur Cameron.

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2 commentaires sur “Avatar

  1. J’ai vu le film en salle, tout à fait d’accord avec toi !!! On retrouve bien entendu l’un des personnages préférés de Cameron, Ripley, mais elle est si parfaite dans le rôle de l’indomptable, la tigresse au grand coeur !!! Sigourney se fait rare, le clin d’oeil à Alien ne me dérange pas, je le prend comme un hommage à ses fans !!!

  2. alors là, je suis d’accord avec vous, cher M.Jonathan!
    c’est vraiment tres bien ecrit comme texte.
    Mais où allez vous chercher tout ca? Pfff, que d’idees!

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