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Coupe du monde : Quand le ballon rond s’invite au cinéma


La 19e Coupe du monde de football démarre ce vendredi en Afrique du Sud. Les passionnés vont pouvoir se régaler jusqu’au 11 juillet. L’occasion d’une rétrospective des films les plus marquants avec un ballon rond.

A l’occasion de la 19e Coupe du monde se déroulant en Afrique du sud du 11 juin au 11 juillet 2010, nous vous proposons un arrêt sur le sort réservé au ballon rond par le septième art. L’idylle débute avec un film bientôt centenaire : Harry the Footballer, production britannique, ça ne s’invente pas ! De Coup de tête à Looking for Eric, petit tour d’horizon en moins de 90 minutes. Au delà, des sempiternels refrains sur l’aspect rassembleur et universel du football, celui ci sert souvent de trame de fond pour dénoncer certains drames sociaux, certaines détresses. Où quand « soccer » rime avec la recherche du bonheur…

Le terrain de foot, théâtre de tous les maux
Chauvinisme oblige, commençons ce panorama par le célèbre Coup de tête de Jean-Jacques Annaud. Sorti dans l’Hexagone le 14 février 1978, celui-ci voit François Perrin (Patrick Dewaere), ailier droit dans la petite ville de Trincamp, renvoyé de son usine après un énième coup de gueule. Accusé à tort de viol, sa participation à la coupe de France semble plus que compromise…

Ici, point de supporters en liesse, et de franche camaraderie, Annaud s’en prend ici aux quidams, fans de ballon rond. Hypocrisie, tel est le maître mot du long métrage au ton accusateur, s’en prenant à tous ses provinciaux et à leur passion incontrôlable. Bien qu’un peu manichéen dans le traitement et manquant forcément parfois de subtilité, les dialogues sont pétris de phrases cultes, et la condescendance de certains protagonistes face à un Dewaere inoubliable laisse songeur.

Coup de tête, ou l’alliance parfaite entre la comédie noire et le portrait au vitriol d’une France profonde, face à ses démons.
Dans un genre similaire, un autre classique nous vient immédiatement à l’esprit : À mort l’arbitre.
Réalisé en 1984 par le très inégal, Jean Pierre Mocky, le film se dote d’un casting 4 étoiles : Michel Serrault, Eddy Mitchell, Carole Laure… L’histoire est simple comme un tir au but : Maurice Bruno a le mauvais rôle. Il siffle un penalty qui fait perdre l’équipe locale. Ici le traitement fait froid dans le dos surtout lorsqu’on connaît les débordements que ce sport pourtant magnifique a provoqué chez les supporters.

Les récentes dissolutions d’associations à Paris ou à Nice, le drame des affrontements entre spectateurs d’un soir où parfois la mort pointe le bout de son nez, les hooligans et leur violence exacerbé… Ici tout est présenté avec froideur, et nous assistons médusés et craintifs à un déchaînement de pulsions ensevelis sous le vernis du masque social. Traque, chantage, ville en feu, l’instinct grégaire dans ce qu’il a de plus condamnable et de plus menaçant. A coup sur, le film imprime la rétine pour longtemps.

Nos voisins d’outre-Manche, malheureusement souvent confrontés aux pires violences dans l’histoire condamnable du football, ont bien sûr à maintes reprises illustré leurs fables sociales grâce au médium foot. Et pour cela qui mieux que le peintre habitué de la satire et des faces à faces difficiles, Ken Loach.
De My Name is Joe ou il dresse le portrait d’un ancien alcoolique au chomage dont la seule passion se trouve être la plus mauvaise équipe de Glasgow en passant par Looking for Eric avec le grand Cantona, drame familial et économique, bouffée d’air et d’espoir, le cinéaste s’en tire avec brio.

On pourrait sans doute également citer le Carton rouge de Skolnick, et ses gardiens de prisons affrontant une équipe de prisonniers, ou Hooligans de Lexi Alexander mais le football peut aussi, et c’est la sa mission première, redonner le sourire dans une société souvent morne. Car oui, cela a beau être un cliché, le foot rassemble et apporte de la joie !

En pleine lucarne !
Intégration, effondrement des barrières, 12e homme…Tels sont les mots que l’on entend souvent lorsqu’on évoque le sujet numéro 1 des bistrots. Au delà des frasques des joueurs ou du problème scandaleux des sommes qui y sont investis, le sport, et la réussite qu’il provoque pour certains, fait rêver. Nombre de destins extraordinaires peuplent les tabloïds : du gamin de cité aux pieds d’or au petit africain devenu star mondiale, le cinéma s’est empressé d’y voir des sujets parfaits pour enivrer les jeunes générations.On pense forcément à des films comme Joue-là comme Beckham ou Goal !
Dans le premier, Jess Bharma, jeune fille d’origine indienne vivant en Angleterre, ne cherche ni un mari ni à terminer ses études mais passe le plus clair de son temps à améliorer sa technique. Sa rencontre avec une joueuse d’une équipe féminine sera le début d’une belle aventure.

Le second film lui, premier volet d’une trilogie, narre le parcours d’un joueur espagnol, de Los Angeles à la coupe du monde, en passant par l’Angleterre et le Real Madrid. Manichéen au possible, consensuel et mielleux, ce genre de film n’est pas fait pour plaire aux cinéphiles tel le Ballon d’or de Cheik Doukouré. Souvent cadré avec les pieds (pardon, je n’ai pas pu m’en empêcher), et prévisible au possible, le résultat est bien loin du maître étalon du genre, A nous la victoire pourtant loin d’être le meilleur film de John Huston qui réunissait Pelé et Stallone pour une rencontre d’anthologie. On est pourtant loin d’en avoir fini avec ce genre de produits calibrés, preuve en est, la récente sortie en DVD de Carlitos et son enfant prodige…

Traitement inégal certes, mais pour combien de films oubliables ?  Il arrive, à l’instar des centres de formations, qu’une pépite sorte du lot : on passera rapidement sur la comédie bas du front du pourtant talentueux Chabat : Didier. Même réserve pour le 3 Zéros de Fabien Onteniente.

Phare dans la nuit, il arrive pourtant que la comédie nous apporte un pur moment de bonheur, hilarant, inventif et original. Shaolin Soccer fait montre de maestria en la matière et se définit alors comme le maître étalon du genre. Hommage au burlesque, au cinéma de la Shaw Brother, rythmé, surprenant, le film de Stephen Chow emmène le spectateur dans son univers et ne le lâche que lors du générique de fin, les zygomatiques en feu. Véritable Olive et Tom version live, le scénario simpliste ne sert que de prétexte à une succession de gags tous plus déjantés les uns que les autres. Un vrai régal !

Dans les tribunes
C’est enfin, au delà des multiples compilations DVD des plus beaux buts, arrêts, gags, dédiés aux hommes en shorts, avec le documentaire que l’âme du football se dessine avec le plus de véracité.
On citera parmi les plus réussis : Maradona d’Emir Kusturica, fan du surdoué argentin et dont le savoir faire s’efface ici pour évoquer un destin d’exception. A noter également, Zidane, un portrait du 21e siècle, sorti en 2006, qui bien que peu appétissant cinématographiquement parlant malgré les 17 caméras, a le mérite de nous plonger de façon inédite au cœur d’une rencontre de haut niveau, et de suivre comme jamais auparavant le rythme de notre zizou national qui durant 1h30 devient notre coéquipier.

Enfin, Les Yeux dans les Bleus reste pour chaque fan français un moment inoubliable ou la distance avec les joueurs se fait peau de chagrin, rythmé par l’émotion, le rire, la confession jusqu’à une inoubliable apothéose finale.

Ce court éventail d’œuvres n’a bien entendu pas pour prétention de se montrer exhaustif ou définitif. En effet, le nombre d’illustrations de la discipline ressemble a s’y méprendre aux nombreux entraîneurs français : 60 millions. On aurait pu vous parler de  Jimmy, The Van, de la série Femmes de Footballeurs mais c’est comme sur le terrain, pour être le meilleur il vous faudra mouiller le maillot !

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