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DEPARTURES


Après la dissolution de son orchestre, un jeune violoncelliste de Tokyo, Daigo, décide de revenir à son village
natal avec sa femme, Mika. Recherchant un nouveau travail, il répond à une petite annonce énigmatique.

Le patron l’engage sur le champ sans poser de questions. Il comprend très vite qu’il vient d’être embauché
comme croque-mort pour une entreprise de pompes funèbres. N’osant pas l’avouer à sa femme, il découvre
les dessous de ce métier détesté par tous. Très vite pourtant, Daigo se découvre des dons pour s’occuper des
morts. Dans cette région provinciale, la mise en bière s’effectue en effet devant la présence de la famille,
et c’est tout un art que de s’occuper du défunt pour le préparer vers un nouveau voyage. Mais un jour, Mika
découvre l’activité de son mari et ne supporte pas l’idée qu’il soit souillé.
Un peu de douceur dans ce monde de brutes. C’est avec ce sentiment qu’on pourrait qualifier de niais,
de ringard, que je suis ressorti de la salle de cinéma et pourtant, je puis vous assurer que ce voyage
fait énormément de bien.

A tous les gens, qui chaque jour, tentent de devenir des êtres humains louables et justes, ce film
renforce l’idée que nous sommes sur le droit chemin.

Departures est avant toute chose un véritable melting-pot de significations, de thèmes et de sentiments.
On passe en effet du rire aux larmes dans ce mélodrame teinté d’humour et de mélancolie. Takita peu connu
dans nos contrées, effectue en premier lieu un vibrant hommage aux générations passées.

En effet, que ce soit par le retour en terre natale du personnage principal (qui porte d’ailleurs le film sur
ses épaules), accompagné d’une femme qui le respecte et le soutient, de prime abord en tout cas,
ou par ce regard tendrement apposé par le directeur d’entreprise sur son apprenti quant à un métier
séculaire, empli de traditions et de cérémonial, le réalisateur tente de nous rappeler nos racines.
Mais ce retour aux sources ne se limite pas à cette image d’Epinal et n’oublie pas de considérer les
cicatrices du passé des personnages, les drames familiaux laissant certaines plaies toujours béantes…

A ce propos, s’ajoute celui des relations des hommes avec autrui qui tantôt se fissurent si l’une des
caractéristiques de l’un ne correspond pas aux attentes de l’autre : on pense ici aux regards dédaigneux
de certains sur la profession de croque-morts jusqu’à ce qu’on en saisisse toute la beauté et la signification,
tantôt se révèlent lorsqu’un passé commun est soudainement révélé, par exemple celui du personnage
s’occupant de la crémation.

Le film est donc loin d’être creux en termes de thèmes abordés et de sens. Cela vient parachever ce qui à
mon sens restera l’une des plus belles oeuvres mélodramatiques que j’ai vues depuis bien longtemps, une
beauté formelle rappelant sans en avoir toutefois le génie le merveilleusement poétique Printemps, Eté,
Automne, Hiver…et Printemps de Kim Ki Duk.

Enfin, l’humour omniprésent permet de dédramatiser la mort et ce qui l’entoure, de façon rafraîchissante
et respectueuse. La scène de l’entretien ou encore celle de la découverte d’un « membre » inattendu sur l’un
des défunts ne sont que quelques exemples de cette ambiance équilibrée.

Mêlant avec brio moments de grâce purement formels, propos utiles et sans détour sur le regard d’une nouvelle
génération sur les traditions, drame familial ou interprétation tout en retenue (la performance de Ryoko
Hirosue est à ce titre d’une justesse exceptionnelle), le film s ‘en tire avec les honneurs.
Bien sûr, celui-ci n’est pas parfait et révèle quelques maladresses inhérentes au genre : le vol d’oiseaux,
le violoncelle sur la colline, ou une scène finale un poil trop longue mais tout ceci est bien peu au regard
des moments de grâce teintés d’humour qui s’entremêlent avec brio à un traitement du sujet très intelligent
et porté par une musique de Joe Hisaishi, comme d’habitude exceptionnelle.

En bref, Departures est une véritable bouffée d’air frais, récompensée à juste titre aux Oscars ou au Japan
Academy Awards, qui, si vous avez encore un coeur et une âme, ne peut que vous toucher.

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