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H2 de Rob Zombie



Deux années ont passé et alors que Laurie Strode est toujours traumatisée par sa rencontre avec son grand frère,
nous voilà revenus de nouveau à cette période maudite de l’année Michael Myers, plus sauvage que jamais après
avoir survécu au coeur de la nature, est donc de retour chez lui, à Haddonfield, avec la ferme intention de régler
une bonne fois pour toutes les affaires familiales qui avaient été laissées en suspens.

Michael Myers est ainsi prêt à tout pour que les secrets de son passé malsain soient définitivement enterrés,
et le massacre de reprendre alors de plus belle.
Cependant, la petite ville et ses habitants se sont trouvé un nouveau héros improbable qui parviendra
peut-être à arrêter ce qui ne peut normalement l’être, s’ils réussissent néanmoins à survivre jusque-là à la furie
lâchée sur Haddonfield…

Sorti le 28 août 2009 et en DVD dans l’Hexagone le 1er avril 2010 (sic), le film du talentueux Rob Zombie
parvient-il à rassurer les intégristes «Carpenteriens », déjà fortement échaudés à la suite du premier opus
pourtant pétri de qualités ?

Rob Zombie réunit un casting 4 étoiles (Malcolm McDowell, Brad Dourif, Sheri Moon Zombie),
et souhaite cette fois surprendre les spectateurs en partant dans une direction totalement inattendue.
Malheureusement, il semble que Robbie se soit égaré en chemin… Initialement destiné aux réalisateurs
de l’excellent «A l’Intérieur», Rob décide de rempiler pour une suite mais traîne les pieds.
On peut le comprendre aux vues du déchaînement de haine que l’annonce du remake avait suscité.
On en arrive tout de même au dixième opus…

Dès les premières minutes, on sent que le réalisateur est inégal dans son propos.
Malgré un début alléchant, une photo poisseuse et une ambiance pesante, les ennuis commencent avec ce
twist honteux et prévisible, inacceptable pour un réalisateur de cette trempe.

On vous laisse le plaisir d’apprécier… Au-delà de ce caprice de gosse à qui l’on fait un cadeau
qui ne plaît pas, Zombie semble osciller entre son amour pour le média (certains plans sont à se damner),
et une volonté de casser son jouet, entre cynisme et majeur clairement tendu aussi bien aux spectateurs
qu’à ses producteurs.
Tachons donc de mettre un peu d’ordre dans un film totalement foutraque.

Tourné en 16 mm, le film opte pour le 1.85 mais n’y gagne pas au change.
Exit la profondeur de champ, même si Zombie
est toujours efficace derrière la caméra, on n’arrive pas à la cheville de Devil’s Rejects.
Ne parlons pas des apparitions mystico-théâtrales totalement indigestes et superflues.
On envisage donc avec grande précaution la version 3D (stop!) que prépare Patrick Lussier…
Les personnages sont eux aussi traités avec autant de mépris. La jeune Laurie, tête à claques
gothico-émo caricaturale est totalement insupportable, Loomis est devenu un être abject et vénal,
persuadé de sa victoire sur le croquemitaine

(euh, Rob, t’es sûr d’avoir fait une étude de caractères des précédents opus?).

L’empathie est donc aux abonnés absents, mais le coup de grâce arrive lorsqu’on retire son masque à Michael,
qui passe alors de figure démoniaque, concentration de toutes les peurs et figure chimérique terrifiante à un
clochard barbu qui bouffe des chiens!! Impardonnable.
Par péché d’orgueil peut-être, par malice sûrement, Zombie, pourtant à l’aise dans le genre, semble citer
tous les poncifs du genre : du couple en pleine action dans un van, en passant par la victime qui sprinte
poursuivie par un tueur avançant au ralenti ou des ellipses temporelles incompréhensibles.

On pourrait ajouter à ce tableau des horreurs une succession de caprices : Sheri Moon totalement inutile,
des scènes venant plomber le récit (cf. celle de la ferme), un Myers qui s’acharne sur ses victimes lorsque
le meurtre devient une fin en soi, et non plus un moyen de retrouver sa chère soeur…

N’en jetez plus !
Zombie n’est pourtant pas manchot et sa mise en scène (montage catastrophique mis à part) est en général
très soignée et l’univers cohérent.
Certaines mises en abîme bien qu’un peu grossières sont également bienvenues ( l’enfant clown, l’évocation
du masque social de Jung, la dénonciation de la décrépitude de la société du spectacle…) mais si l’on veut
revisiter un mythe, encore faut-il s’armer d’un script en béton et d’idées novatrices.
La playlist choisie est très loin d’égaler le formidable thème de Big John, l’humanisation inattendue d’une
cauchemardesque entité menaçante, un changement d’acteur pour le rôle de Myers enfant, le thème de la
famille une nouvelle fois rabâché, cela fait beaucoup trop pour un seul film.
Avant de réaliser un épisode des Experts Miami (…), Zombie passe donc totalement à côté de son film.
Comme un rejeton qu’il n’aurait pas désiré, il alterne en permanence les moments de bienveillance et les
tartes dans la gueule ! Sa symbolique balourde ampoule un film prévisible qui cite aussi bien Scream que
David Lynch, comme une provocation gratuite pour un film de commande qui méritait mieux.
On espère donc que H2 sera son Ghost Of Mars car c’est une véritable crève-coeur que d’écrire pareil article
sur un réalisateur autrefois vénéré…

Come on Rob, wake up !

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