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La Route

Sorti sur nos écrans le 2 décembre 2009, le film adapté du roman éponyme de Cormac McCarthy, chef-d’oeuvre de la
littérature contemporaine, nous conte l’histoire d’un père et de son fils survivant dans un monde post apocalyptique.
Ici, point d’explications quant à l’origine de la catastrophe survenue il y a plus de 10 ans.

Plongé au coeur du drame, le spectateur suit leur errance après une courte scène d’exposition. C’est bien là que se situe
le coeur du récit : plus que la peinture d’un monde sans repères, c’est l’histoire d’amour de cette famille qui porte un
coup au coeur, un uppercut dont on ne peut se relever indemne.

Attendue au tournant tant le roman de l’Américain, maintes fois récompensé, marqua l’année 2000, cette adaptation nécessitait un cinéaste de talent pour dépeindre cet univers sombre, âpre et tendu.
Injustement méconnu, avec seulement 3 films à son actif en près de 20 ans, Hillcoat, disons-le clairement,
peut être fier du travail accompli.

Son film risque en effet de connaître le statut d’un petit classique d’ici une décennie, tout comme The Proposition,
qui vient de sortir sur nos écrans et dont les critiques, une nouvelle fois dithyrambiques, semblent indiquer qu’on
tient peut-être là le nouveau Terrence Mallick.

Drapée d’un velours gris saisissant, cette fable désenchantée, loin de tout pathos ou misérabilisme excessif,
nous emmène dans une descente aux enfers où, semblable à la traversée du Styx, les âmes cherchent à atteindre
leur salut, quoiqu’il en coûte.

En brillant équilibriste, le cinéaste réussit à jongler avec des thèmes comme le fameux Da sein d’Heidegger,
l’ « être au monde », ou plus simplement la place de l’homme dans la cité. On pense à Rousseau et à son mythe
du bon sauvage lorsqu’on s’identifie à nos sans-noms et quand on se questionne sur la destinée de l’homme
face à la nature.
Là où ses congénères deviennent prédateurs, où ses pairs deviennent proies. Bien que le film de l’Australien
ne soit pas exempt de certains défauts mineurs : l’utilisation parfois abusive du filtre lors de l’étalonnage, de
certains personnages sous développés ou, comme souvent lors d’adaptations littéraires, de grosses coupes
handicapantes (la scène du bateau par exemple), on ne peut que rester ébahi devant autant de maîtrise formelle
et scénaristique.
Loin de toute poudre aux yeux, Hillcoat s’éloigne, de son propre aveu, des visions « Mad Maxiennes »
(qui reste un grand film !), et nous gratifie de quelques séquences d’anthologie lors de cette traversée du désert.

Mortensen, on le savait est un grand acteur. Il prend désormais la dimension d’un géant, hallucinant de
charisme et de crédibilité, accompagné du jeune Kodi Smit-Mc Phee, excellent, dont on risque de reparler très bientôt.

Robert Duvall apparaît lui en figure christique inoubliable, lorsque, suivi d’un travelling arrière, le cinéaste porte un
regard empli de mélancolie sur trois générations. S’éloignant vers un avenir incertain, un dernier témoignage d’une
humanité en pleine décomposition achève l’illustration d’une terre désolée.

Mélangeant les genres avec brio, le réalisateur fait succéder les séquences d’atmosphère putride ou d’angoisse à de
véritables moments de bravoure émotionnelle.

Adaptation fidèle, s’appuyant sur une réalisation sans esbroufe et une partition de Nick Cave presque aussi
poignante que pour L’Assassinat De Jesse James, sont autant de qualités d’un des films des plus marquants
de l’année.
Gorge nouée, les yeux emplis de larmes, j’étais simplement heureux d’une chose, celle d’avoir vu un beau,
un très beau film.

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Un commentaire sur “La Route

  1. Merde un film que j’ai trs pas vu et tu me donnes encore plus les boules de ne pas l’avoir vu !!
    Félicitations pour ttes les critiques vraiment vraiment tres bon ! ! je viens de me m’abonner alors lâche toi ! !
    @+
    Man’

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