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Nip/Tuck – Saison 5

 

 

 

 

 

 

 

Diffusé pour la première fois le 22 septembre 2004 en France, la série « médicale » créée par Ryan Murphy, , qui porte la double casquette de producteur réalisateur en arrive à sa cinquième saison dans l’hexagone. Alors quid de cette nouvelle fournée de 22 épisodes ? Un grand coup de scalpel semble cette fois plus que bienvenue.

Nip Tuck signifie inciser et retendre. C’est exactement cela que Ryan Murphy avait promis pour cette cinquième saison après une quatrième année ressemblant plus à une transition, un marche-pied vers l’apogée plutôt qu’à une intrigue se suffisant à elle-même.

Nos deux confrères, les docteurs Mcnamara et Troy quitte Miami pour Los Angeles. (A ce titre, la série étant originellement tourné là-bas depuis 4 ans, on s’attendait à ce que la production nous gratifie, de par cette « économie » logistique, d’une multitude de plans en extérieur, il n’en sera rien…) Mais la concurrence fait rage dans la ville préférée des stars. Paillettes, coups bas et cynisme sont plus que jamais de la partie et l’acclimatation des deux amis ne va pas se faire sans mal. D’ autant que le microcosme habituel environnant n’aura de cesse que de tourmenter nos doigts de fées…

Shaun et Christian arrivent donc sur Rodéo Drive, prêts à en découdre avec la masse déjà exponentielle de praticiens découpeurs de chairs. Point de départ intéressant, le pitch laisse planer l’ombre d’une saison pleine de nouveautés, de challenges et de rebondissements. Malheureusement et sans pour autant dévoiler les dizaines d’intrigues à tiroirs qui engloutissent littéralement le spectateur, le show se perd dans la plus grotesque et la plus improbable de ses tentatives scénaristiques.

De par ses personnages tout d’abord, Kimber toujours aussi magnifique repointe le bout de son nez siliconé accompagné d’un Mat plus insupportable que jamais. Ainsi, on se demande pour la première fois si les scénaristes ont réellement pris en compte la vraisemblance de leurs écrits tant l’empathie pour les personnages s’amenuise comme peau de chagrin en quelques épisodes. Vous découvrirez par vous-même les « choix » scénaristiques plus que douteux des créateurs dont le cheval de bataille était : plus choquant, plus gore, plus de déchéance. On pourrait sans peine ajouter : plus pathétique.

Surenchère oblige : on passe de la drogue à la pornographie, de la prostitution au mercantilisme infantile dans cette histoire de couple improbable dont le sort nous importe tellement peu que nous n’attendons qu’une chose, que le réalisateur passe à la scène suivante. « Peut on réellement aller plus loin ? » se dit alors le spectateur naïf.

C’est alors que le show perd définitivement sa crédibilité non dans la surenchère (il ne reste plus que la pédophilie, le dernier tabou du divertissement télévisuel, fort heureusement) mais dans la succession de twists éventés et autre retournements de situations non seulement trop peu crédibles mais agaçants  au possible.

Parallèlement la non moins irritante Julia fait son coming-out nous gratifiant ainsi du célèbre triangle amoureux, cette fois ci pierre nourricière d’une perversité proche de l’inceste dont les scénaristes ne ressortent pas grandis. Le manque d’inspiration est ici désormais avéré.

Ajoutons à cela un insupportable épisode en forme de réality-show pseudo dénonciateur des dérives du consumérisme à outrance ou un douzième degré de lecture ne parvenant jamais à faire croire à une mise en abîme scénaristique et vous aurez une quelconque idée du gouffre sans fond dans lequel sont tombés ceux qui réclamaient il y a peu une réévaluation de leur travail….

On nage malheureusement en pleine parodie, une pirouette trahissant vulgairement une inspiration définitivement fuyante et l’on ne peut traverser ce musée des horreurs qu’en prenant de la distance et peut-être en le savourant lors d’une soirée pizzas entre amis. Rien de plus.

Le show a délaissé ce coté provocateur, avant-gardiste et innovant pour tomber dans les travers qu’il dénonçait. Ne sachant jongler entre des thèmes comme l’échangisme et l’humour, les perversions sexuelles et le handicap,  le show, déjà tombé dans le ridicule lors de son passage « tueurs en séries » d’ il  y a quelques temps, ne peut plus se cacher derrière l’argument du second degré ou du masque de la dénonciation. Il tombe malheureusement, à l’instar d’un Saw ou d’un Hostel dans celui du voyeurisme.

Bien que la forme, elle, soit sauvée par cette éclairage froid, ses couleurs aseptisés ou une interprétation souvent juste, le grotesque et le manque d’empathie font leur office de rouleau compresseur, écrasant instantanément toute velléité artistique.

Cette distance que Nip Tuck a désormais pris avec le propos qu’il défendait à ses débuts, les lectures à différents degrés qu’il contraint à effectuer ou les mises en abîme grossières font que cette cinquième saison signe sûrement le glas d’une série autrefois hautement acclamée. La dépravation ou le cynisme ne sont pas forcement les us et coutumes de toute cette génération avide de sensations fortes, faciles et immédiates. Certains scénaristes feraient mieux de ne pas oublier que certains spectateurs sont dotés d’encéphalogrammes et quitte à nous ressortir une galerie des horreurs  revoir certains de leurs classiques, tel le Freaks de Browning. A bon entendeur.

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