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Vol au-dessus d’un nid de coucou

Sorti dans les salles obscures le 1er mars 1976, le film aux 5 oscars de Milos Forman, réalisateur talentueux responsable
d’Amadeus, Larry Flint ou Man On The Moon dépeint avec maîtrise et sincérité l’univers oppressant de Randle McMurphy
qui, pour échapper à la prison se fait passer pour un malade mental.

Au-delà de l’environnement ô combien cinématographique utilisé par Forman, l’hôpital psychiatrique et les personnages
qui le peuplent, tous plus originaux et improbables les uns que les autres, c’est une nouvelle fois le rapport humain,
le portrait fragile et attachant d’êtres desservis par l’existence que brosse avec compassion un auteur alors au
sommet de son art.

McMurphy découvre donc une « communauté » soumis à la coercition de l’infirmière Ratched et ne l’entend pas de
cette oreille. Il décide donc de réveiller ce petit monde et d’instaurer de nouvelles règles… Postulat parfait pour un
cinéaste capable de portraits au vitriol, le film de Forman mérite sa flatteuse réputation et ses multiples récompenses :
meilleur film, réalisateur, scénario, acteur et actrice lors des oscars.

L’un des premiers atouts du film est son casting, parfait. On y croise notamment Jack Nicholson, hallucinant de justesse
et de crédibilité comme à son habitude, Danny de Vito, le « doc » de retour vers le futur et d’autres gueules cassées
habituées des tournages que vous reconnaîtrez sans mal.

La première production de Michael Douglas profite également de la mise en oeuvre, quelques années auparavant du
troublant Shock Corridor de Samuel Fuller pour trouver l’inspiration. Le film de Fuller, plus énervé et démonstratif,
malgré une mise en scène très travaillée et une ambiance sonore fort dérangeante, liquéfiait son propos dans des
personnages caricaturaux et un montage catastrophique.

Adapté du roman de Ken Kesey paru en 62, le film de 76, au-delà de son casting impeccable, ou de sa photographie
servant à merveille le discours du réalisateur, bénéficie d’une véracité dans l’émotion et dans les différentes réactions
observées qui force le respect.

Il suffit pour vérifier cela de savoir que de nombreux seconds rôles sont incarnés par d’authentiques patients !
Le score de Jack Nitzsche et les dialogues ciselés nous rappellent que nous sommes autant devant une comédie
qu’un drame humain, tantôt émus par des histoires confondantes de tristesse tantôt les yeux rieurs devant tant
de candeur et de simplicité.

Révéler les aboutissants du chef-d’oeuvre précité n’a ici que peu d’intérêt. Ce qui compte ici, c’est le parcours,
l’aventure humaine parsemée de visages s’esclaffant, de clowns tristes, de bouffons bienveillants.
Une chose est sûre cependant, quoi qu’il puisse lui arriver devant les caméras à la fin de son périple,
dans les yeux de Jack, on voit toujours le shining…

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