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J’ai rencontré le diable

Sortant sur les écrans français le 06 juillet 2011 et présenté au 18ème festival de Gérardmer, le nouveau long-métrage de Kim Jee-Woon fait partie de ces oeuvres qui marquent durablement les rétines des spectateurs. L’auteur de A Bittersweet life et Le Bon, la brute et le cinglé nous offre tout simplement le meilleur thriller asiatique depuis Memories of murder.

Porté par une ambiance malsaine et une photo crasseuse, le film joue avec le spectateur autant que ses personnages s’enfoncent, pas à pas, dans les abîmes de la psyché humaine. Le metteur en scène prend son temps et pose les pièces de son puzzle avec une extrême précaution. Alternant instants de consternation gênée quant aux psychopathes peuplant la campagne coréenne et une empathie grandissante pour un héros qui n’en est pas un, le spectateur se voit souvent contraint à certains dilemmes moraux, et devra, au fil du film, choisir s’il vivra l’aventure avec distanciation ou marchant sur les pas du bras vengeur.

Les comédiens eux, sont parfaits, à commencer par le dantesque Choi Min-sik, terrifiant en tueur implacable et jamais rassasié. Le comédien commence, après Old Boy ou Lady Vengeance à construire une incroyable filmographie. La thématique de l’abandon de soi n’est malheureusement qu’effleurée, tant est si bien que Lee Byung-hun devenu monstre parmi les monstres, ne peut donner la pleine mesure de son talent.

Cette éprouvante descente aux enfers ne se contente heureusement pas du minimum syndical vu dans nombre de « vigilante movies » et tente de dépasser son statut de simple film de genre. Envoyant valser les conventions, ce petit bijou de tension illustre son propos par un cadre et une photo de toute beauté.

Toutefois, il est envisageable de condamner un certain excès de voyeurisme et une mécanique un peu trop répétitive. Le film sera surement taxé de réactionnaire, de complaisance vis à vis du « bourreau », c’est pourtant là que se situe tout son génie. Le titre peut donc s’envisager à double sens, dans les yeux du prédateur qui déclenche le courroux punitif, comme dans ceux du juge, qui peu à peu, délaisse son humanité pour y laisser exploser sa rage.

Culminant lors d’un climax inoubliable, J’ai rencontré le diable laisse un goût amer au fond de la bouche. De celui qui vous fait dire que ce n’est pas forcément la vérité qui importe mais plutôt le voyage pour y parvenir. Un film dur, âpre, mais qui ne laissera personne indifférent quant à sa portée philosophique, le souffle court, comme si le diable en personne vous faisait face.

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