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The Loved ones

Premier film de l’américain Sean Byrne, The Loved ones est précédé d’une flatteuse réputation. Ce n’est pas non plus l’accueil dithyrambique qu’il recevra au 18ème festival fantastique de Gérardmer qui entâchera celle-ci. Présenté en compétition, le film n’a pas à rougir face à la concurrence. Pourtant peu séduisant eu égard à un postulat des plus classiques, cette énième histoire de bal de promo virant au drame réserve pourtant bien des surprises. Le réalisateur-scénariste nous conte donc les aventures de Lola, timide adolescente perdue dans le marasme tumultueux d’un lycée en pleine ébullition à l’approche du bal de fin d’année. Éconduite par le beau Brent avec qui elle rêvait de s’y rendre, la jeune Lola ne supporte pas son refus et se prépare à entamer sa vengeance…

Un des premiers éléments qui interpelle à la vision du long-métrage est cette photo ultra léchée. Sachant toujours comment illustrer le propos, le chef op’ accomplit un boulot magnifique et permet de donner à The Loved ones une ampleur inattendue. Une ambiance glauque et malsaine qui pourtant ne cite pas les sempiternels antres de tueurs en série en mal d’inspiration. Ici point de machines-outils rouillées, ou de sang séché sur les murs à la sauce Saw ou Hostel, on ne devient simplement que spectateur d’un foyer totalement allumé, où une jeune fille ayant du mal à quitter le monde de l’enfance, teinte sa sexualité d’une dose de désir incestueux… Barré on vous dit !

On imagine aisément qu’à la lecture d’un scénario aussi fou, les acteurs se sont dits qu’ils passeraient au moins un bon moment. Cela se voit à l’écran ! Le jeune Xavier Samuel est ultra crédible en jeune paumé désabusé et suicidaire. On peut le comprendre tant son existence ressemble à une suite de tuiles qu’il ramasse dans la tronche chaque fois qu’il tente de s’en sortir. Tentant d’éviter un quidam sur le bord de la route, celui-ci tente de maitriser son véhicule mais envoie malencontreusement son paternel six pieds sous terre. Après six mois d’hospitalisation, il retourne à la vie lycéenne, tiraillé entre une mère qui le rend responsable de la mort du patriarche et des utilisations intensives de substances illicites. Son face à face avec la jeune Lola n’en sera que plus éprouvant…

Lola, justement, crève littéralement l’écran et l’on assiste médusé à la naissance d’une immense actrice. La jeune Robin McLeavy est sacrément flippante dans ce rôle de prétendante ultra-complexée et totalement ravagée du bulbe. Sa prestation est anthologique et l’on se souviendra longtemps de ses rires nerveux inquiétants ou de son regard qui vous pénètre au plus profond en vous filant la chair de poule.

Porté par un humour assumé et d’une humilité fort appréciable, le film n’a qu’une ambition : nous donner la banane ! Là où le métrage réussit un nouveau tour de force, c’est dans cette surenchère de mises en situations et de clichés archi-rabattus. Au lieu de lasser son audience, celui-ci maitrise tellement son sujet que ses ruptures de rythme passent comme une lettre à la poste.

Avec un pitch pas très original, un acteur de la saga Twilight et un réalisateur novice,  The Loved ones est une sacré belle surprise et a bien mérité son prix du Jury  à Gérardmer.

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