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Tout savoir sur les César

La 36ème cérémonie des César se déroulera le 25 février au théâtre du Châtelet, à Paris, sous la présidence de Jodie Foster. Antoine de Caunes quant à lui jouera les maîtres de cérémonie. Retour sur 35 ans de moments forts.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un peu d’histoire

Organisée par l’Académie des arts et techniques du cinéma et créée par Georges Cravenne le 3 avril 1976, la cérémonie de remise des prix n’a, à l’origine, pour autre but que d’apporter au cinéma français un équivalent aux Oscars américains. Portant le nom du célèbre sculpteur qui la façonna, la statuette, pour sa première apparition, sous la présidence de Jean Gabin, fut également désignée comme un hommage indirect au personnage de César, incarné par un autre grand nom du cinéma français : Raimu, dans la trilogie marseillaise de Pagnol.

Avant cela, il y eut les Victoires du cinéma Français qui ne rencontrèrent jamais le succès escompté mais surtout le Grand prix du cinéma français, récompensant un film par an, et ce, de 1934 à 1986.

Enfin, le nombre de nominations est passé de treize à son origine à une vingtaine aujourd’hui, voyant l’apparition de celle du meilleur espoir ou du meilleur film documentaire, tandis que celle du meilleur producteur disparut.

Il est également à noter que près de 3500 professionnels votent chaque année, sur deux tours, pour leurs favoris.

Un coup d’œil  dans le rétroviseur

Avant de connaître, cette année, qui de Catherine Deneuve ou de Charlotte Gainsbourg remportera la précieuse statuette, ou si le surprenant Mammuth devancera le succès populaire du film de Xavier Beauvois : Des hommes et des dieux, tâchons de nous remémorer les moments historiques des éditions passées.

Les grandes dates

1976. Lors de cette toute première cérémonie, Jean Gabin remet en compagnie de la magnifique Michèle Morgan le César du meilleur film à Robert Enrico pour le très bon Le Vieux fusil. Du très haut de gamme.

En 1980, premier célèbre mini clash lorsque Romy Schneider dénonce l’attitude de Miou-Miou, absente. On se consolera avec le César d’honneur remit à Louis de Funès par Jerry Lewis.

Deux ans plus tard, c’est au tour de la légendaire Simone Signoret de faire parler d’elle en trébuchant et en tombant dans les bras d’Orson Welles.

1989 restera longtemps gravé dans les mémoires. Entre Stéphane Freiss venant chercher son prix de meilleur espoir masculin, accroché au plafond ou Adjani, meilleure actrice pour la troisième fois, lisant un passage des Versets Sataniques de Salman Rushdie, la cérémonie vire à la gaudriole.

En 1998 : Jean Luc Godard, fidèle à lui même, lance à un Clint Eastwood venu recevoir son césar d’honneur, un inattendu « Be yourself ! »

L’année suivante, Johnny Depp utilise un dictaphone pour lire un message enregistré en français.

La tribune du peuple

En 2004, Agnès Jaoui, revendicatrice venue au secours du nouveau régime des intermittents est longuement applaudie. Deux ans plus tard, le théâtre se verra d’ailleurs bloqué près d’une heure durant par ces mêmes intermittents. Ils seront évacués par la force.

Revendication toujours lorsqu’en 2007, Pascale Ferran proteste contre le système de financement public des films et oppose grosses productions et cinéma intimiste. Un moment qui jure avec une Valérie Lemercier arrivant sur scène sur une chanson de Zouk Machine et reproduisant la chorégraphie des Aventures de Rabbi Jacob.

Un trop plein d’émotion

Vanessa Paradis entrera en 1991 dans l’histoire des César en se trompant de lauréate pour le meilleur espoir féminin, citant Judith Godrèche à la place de Judith Henry. Oups !

Deux grands moments d’émotion impriment encore aujourd’hui la rétine des téléspectateurs.

Tout d’abord celle palpable de Romane Bohringer en 1993 recevant le César de meilleur espoir féminin pour son rôle dans Les Nuits fauves, peu de temps après la disparition de son réalisateur, Cyril Collard.

Vint ensuite le discours poignant d’Annie Girardot, trois ans plus tard, meilleure actrice dans un second rôle.

En 2008, Jeanne Moreau reçoit un « Super César d’honneur » et Alain Delon clame, à l’occasion de l’hommage rendu pour ce qui aurait été son 70ème anniversaire, son amour à Romy Schneider.

2009 restera elle une année phare en matière de catharsis. Dany Boon, après avoir dit qu’il boycotterait la cérémonie suite à la quasi absence de Bienvenue chez les Chti’s fait une apparition surprise. Dustin Hoffman, en larmes, vient chercher son César d’honneur et Vincent Cassel, César du meilleur acteur, rend hommage à son père.

Place au rire !

En 1984 et 1985, Coluche nous prouve une fois encore qu’il était un personnage incomparable du PAF. Après un discours désopilant lors de la remise de son prix pour son rôle dans Tchao Pantin, il nous gratifie l’année suivante d’une hilarante lecture d’une fausse lettre écrite par un Alain Delon absent.

On reste dubitatif devant la prestation d’Anémone en 1988, venant chercher son César en costume de Carnaval…

1994, Valérie Lemercier et Dominique Farrugia remettent un César dans la même tenue. Trois ans plus tard, Michel Serrault accueille Charles Aznavour coiffé d’un plat de spaghettis… Mais l’humour est un métier, on remerciera donc Jamel Debbouze qui, en 1999, bouleverse le protocole, accompagné de la charmante Adriana Karembeu.

Il réitèrera d’ailleurs ses facéties en 2002 et 2003. Respectivement s’emparant du César du meilleur second rôle qui, bien que nominé pour Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain, ne lui fut pas attribué, et, tentant de nous refaire le coup l’année suivante, sera remarqué par Spike Lee, César d’honneur, qui lui confiera un rôle dans She hate me.

2001, très bonne idée que le nouveau César remis par la troupe des Robins des bois : celui du meilleur acteur de second plan !

On notera également en 2005, un Gad Elmaleh cabotin, parodiant en compagnie de Will Smith la présidente Isabelle Adjani ou nous gratifiant d’un sketch au Parc des Princes avec Philippe Noiret.

Dernière folie en date, 2009, lorsque l’humoriste Julie Ferrier feint d’être en difficulté avec son décolleté devant une Emma Thompson en proie à une gêne non empruntée.

La plus inoubliable trouvaille revenant cependant à Alain Chabat lors de la 26ème cérémonie, qui joue la déception d’avoir été remplacé par le plus fringuant Edouard Baer, provoquant l’hilarité et l’empathie d’une salle conquise.

Les grands records des statuettes françaises

Récemment, le comédien Tahar Rahim fut le premier à recevoir à la fois le trophée du meilleur acteur et celui du meilleur espoir masculin pour son rôle dans le film Un Prophète.

Effectuons à présent un zoom sur quelques chiffres clefs, mettant l’accent sur le talent de grands noms du cinéma hexagonal.

Les longs métrages récompensés

Les cinq César considérés comme « majeurs » sont les suivants : meilleur acteur, actrice, scénario, réalisateur et film. Un seul film parvint à réunir les cinq statuettes. Il s’agit du Dernier métro de François Truffaut en 1981.

D’autres longs métrages marquèrent pourtant le palmarès. Petit tour d’horizon des plus célèbres vainqueurs.

Le Dernier métro et Cyrano de Bergerac en 1991 tiennent le haut du pavé avec 10 récompenses chacun. Viennent ensuite Un prophète de Jacques Audiard et, du même réalisateur, De battre mon cœur s’est arrêté (en 2006) avec respectivement, neuf et huit statuettes.

Enfin, les films aux sept Césars sont Providence en 78, Au revoir les enfants en 88, Tous les matins du monde en 92, On connaît la chanson en 98, Le Pianiste en 2003 et Séraphine en 2009.

Les metteurs en scène, mètres étalons du cinéma hexagonal.

Au delà du plébiscite de certains métrages, quelques réalisateurs ont eux aussi, marqué l’histoire de la célèbre Académie. Ici point de Louis Leterrier ou d’Alexandre Aja, le cinéma de genre n’étant visiblement apprécié qu’outre atlantique, mais des talents plus classiques, au risque de sombrer dans de sempiternelles redites…

Ainsi Alain Resnais surplombe les débats avec deux Césars pour Providence et Smoking / No smoking et huit nominations. Vinrent ensuite, avec autant de récompenses mais moins de nominations : Bertrand Tavernier avec sept, puis Jean-Jacques Annaud, Jacques Audiard et Claude Sautet avec quatre.

Face caméra

Certains acteurs et actrices se voient régulièrement honorés par l’Académie. Ainsi, la pourtant surévaluée Isabelle Adjani a remporté cinq trophées de la meilleure actrice, devançant son homologue masculin, Michel Serrault et ses trois récompenses.

Nos deux porte-étendards furent tous les deux nommés huit fois. Le record de nominations est toutefois attribué à Gérard Depardieu nommé seize fois (!!) au titre de meilleur acteur avec seulement deux César remportés.

Du coté des acteurs masculins, André Dussolier, Jean Carmet, Jean Rochefort et Mathieu Amalric sont à égalité avec trois statuettes chacun, tandis que chez les actrices, Nathalie Baye et Dominique Blanc talonnent de près Adjani avec quatre César chacune.

Les techniciens sous les projecteurs

Une fois n’est pas coutume, il est de bon ton de rappeler que sans les « petites mains », les stars du grand écran ne seraient pas grand chose. Lumière donc sur les oubliés des soirées mondaines…

Certains noms semblent revenir régulièrement quant aux nominations des César techniques. Ainsi, Thierry Arbogast cumule 8 nominations et trois César en tant que directeur de la photographie avec des travaux comme Le Hussard sur le toit ou Le Cinquième élément. Jacques Saulnier fut lui nommé dix fois comme chef décorateur et récompensé trois fois pour Providence notamment. Gérard Lamps atomise tout son petit monde avec 18 nominations et 7 César de mixeur cinéma. Impossible bien sûr de tous les citer, mais un coup de chapeau était nécessaire.

Enfin, les célèbres Georges Delerue, Bruno Coulais et Michel Portal remportèrent eux aussi, trois César du meilleur compositeur de musique de film.

Anecdotes

On pourrait également citer certains chiffres et noms ad vitam aeternam.

Sachez entre autres que quarante cinq films se sont vus nommés à la fois dans la catégorie meilleur acteur et meilleure actrice : Vincent Cassel et Emmanuelle Devos pour Sur mes lèvres par exemple.

Sachez aussi que la présidence fut assurée par des noms aussi prestigieux que ceux d’Orson Welles en 1982, Milos Forman en 1988 ou la récemment Oscarisée Marion Cotillard en 2010.

Quant aux retransmissions télévisuelles, celles-ci furent assurées de 1976 à 1993 sur la deuxième chaine du service public et sur Canal + de 1994 à aujourd’hui.

La nomination d’un film ne tient en tout cas, pas compte de ses résultats au box-office puisque se côtoient aussi bien La Journée de la jupe et ses 115 000 entrées que Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain et ses 8 635 000 spectateurs.

Enfin pour la première fois, nos voisins belges créent leur propre cérémonie avec les Magritte du cinéma dont la statuette a été inspirée par l’éponyme peintre surréaliste.

Le meilleur et le pire des César

Parmi les oubliés, incompris, ou délaissés par la grande famille du cinéma français, on citera quelques fameux noms tel Pialat, Chabrol, Giraudeau ou Dewaere.

On ne comprend pas forcément non plus le snobisme dont fait preuve l’Académie face à la comédie comme elle l’avait fait pour la Nouvelle Vague à ses débuts.

Ajoutez à cela un certain conservatisme dans la récompense de certains films étrangers : Mike Newell ou Blake Edwards (talentueux au demeurant) ainsi que le cinéma italien des années 70 ne laissèrent guère la place à Spielberg, Scorsese ou Coppola. Enfin une cérémonie pompeuse, un poil ringarde mais surtout très élitiste fait que les cinéphiles français ne se ruent pas forcément devant leur écran pour regarder un hommage dont au final, on ne retient que les pitreries…

Heureusement, on peut également se targuer de grands moments de télévision, si telle expression est envisageable. On saluera, depuis peu, la récente ouverture à la comédie populaire, au film à grand spectacle ou pour la première fois cette année, au film d’animation. On ne peut pas non plus cracher sur certaines évidences comme récompenser Truffaut, Tavernier ou Rochefort. Enfin, on saluera le nez de certains qui ont récompensé en tant qu’espoirs de futurs grands noms du cinéma français comme Sophie Marceau ou Romane Bohringer.

Dans l’attente fébrile de cette trente sixième édition, tâchons de croire que la fête sera belle et le lobbying absent.

Si vous souhaitez prolonger l’aventure, rendez vous sur les dossiers suivants de la rédaction d’Ecran Large : Les maudits des César, Les oubliés des César et Les plus belles actrices Césarisées.

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