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Oscars du cinéma : tous sur les bonshommes dorés

A l’instar des César du cinéma français dont ils sont les inspirateurs, les Oscars, ou Academy Awards, récompensent, depuis 1929, à Los Angeles, la production cinématographique mondiale, anglo-saxonne et américaine en particulier.

Un véritable référendum

Gérée par l’AMPAS, l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences, l’attribution des distinctions est segmentée selon quatre grandes thématiques : réalisation, interprétation, scénario et technique.

Près de 6000 professionnels votent donc pour récompenser l’excellence cinématographique, et sachez que les acteurs représentent près d’un quart des votants !

Au delà du fait de décerner aux grands artistes de l’industrie du septième art les précieux sésames, l’événement a tout de même permis de réguler certaines grilles tarifaires en fonction du corps de métier, et de contenir certaines revendications.

Qui c’est le patron ?

Pour faire partie des chanceux, le long métrage doit être sorti dans le comté de Los Angeles dans l’année précédant la cérémonie. Sa durée doit être d’au moins 40 mn (sauf pour les courts métrages), filmé en 35 ou 70 mm, et en 24 ou 48 images par secondes. Comme dans l’hexagone, l’élection se fait sur deux tours.

Chaque branche vote, lors du premier tour, pour son propre corps de métier : les techniciens votent pour les techniciens etc. Mais depuis 2010, tous proposent jusqu’à 10 titres pour l’Oscar du meilleur film. Enfin, lors du second vote, tous élisent les lauréats, sans distinctions. On imagine aisément les pressions faites par les studios aux vues des enjeux financiers, eu égard à l’attribution d’une telle récompense…

Remise des prix et cérémonie : le grand déballage

Sous l’égide de Douglas Fairbanks, la première cérémonie eut lieu le 16 mars 1929 à l’Hollywood Roosevelt. D’abord sous forme de banquet, c’est aujourd’hui une remise de prix plus traditionnelle qui se déroule au Kodak Theatre et, auparavant, au Grauman’s Chinese Theatre d’Hollywood. Retransmise pour la première fois sur NBC en 1953, celle-ci est diffusée sur ABC depuis 1974.

Au delà de cette grand messe mondaine fort appréciée outre atlantique, ce qui caractérise la remise des prix est aussi ce petit bonhomme plaqué or.

Dessiné par Cédric Gibbons, responsable artistique à la MGM durant plus de 30 ans et cofondateur de l’AMPAS, celle-ci mesure 34 cm, pèse 3Kg et fut sculpté par Georges Stanley. Depuis l’origine, près de 3000 statuettes ont été distribué. On attribue leur nom d’Oscar, officiellement adopté en 1939, à Bette Davis dont le mari, Harmon Oscar Nelson, ressemblait à la statuette ou à l’oncle de Margaret Herrick, membre de l’Académie.

Ouvrez le rideau !

Plus de vingt nominations récompensent aujourd’hui l’excellence au cinéma. Au delà des sempiternels Oscars du meilleur film, acteur, réalisateur ou scénario, on y trouve également celui du meilleur film documentaire, du meilleur court métrage de fiction ou du meilleur film en langue étrangère.

Certaines statuettes sont elles tombées aux oubliettes comme le surprenant Oscar des meilleurs intertitres en 1929, celui de la meilleure chorégraphie ou celui de la meilleure histoire originale, devenu par la suite celui du meilleur scénario.

Certaines récompenses « spéciales » comme l’Oscar d’honneur ou le Jean Hersholt Humanitarian Award qui récompense une personnalité pour son action humanitaire, ont aussi fait leur apparition.

Sachez enfin qu’une autre cérémonie, non télévisée, précède celle que vous connaissez et qu’elle récompense, en dents de scie, les prix scientifiques et techniques. On y croise donc le mérite scientifique ou technique, l’ingénierie ou le Gordon E. Sawyer Award et ce, sous forme de statuettes, de plaques ou de citations !

Les chiffres marquants

Le record absolu de statuettes remportées par un seul film est de 11. Trois films se partagent cet honneur : Ben Hur en 1960, Titanic en 1994, et  Le Seigneur des Anneaux : Le Retour du Roi en 2004.

Seulement 3 films ont également remporté les cinq Oscar dits majeurs : meilleur(e) acteur, actrice, scénario, film et réalisateur. Il s’agit de New York Miami en 1935, Vol au-dessus d’un nid de coucou en 1976 et Le Silence des agneaux en1992.

Nombre de chefs d’œuvres ont pourtant souvent été nominés dans 5 catégories mais peu réussirent le tour de force de repartir avec tous les sésames. On se souviendra pourtant, avec 4 statuettes, de Annie Hall, American Beauty ou Autant en emporte le vent et avec 3, de La Garçonnière, La Maison du lac ou Million Dollar Baby.

Autre anecdote intéressante, seuls 3 métrages ont réussi l’exploit de remporter tous les Oscars pour lesquels ils concouraient : Gigi en 1959 et Le Dernier Empereur en 1988 avec 9 récompenses et Le Seigneur des Anneaux : Le Retour du Roi en 2004 avec 11.

Les grands noms

Katharine Hepburn est l’actrice la plus récompensée avec 4 statuettes.  Mais en toute logique, c’est la grande Meryl Streep qui détient le record de nominations avec 16 nominations et deux victoires ! Jack Nicholson lui totalise 13 nominations et 3 Oscars. Nous incluons dans ces chiffres les nominations de meilleur acteur ou actrice, ainsi que meilleur acteur ou actrice dans un second rôle. Le réalisateur le plus récompensé est le non moins talentueux John Ford avec 4 statuettes. Mais la palme des chiffres donnant le vertige revient au compositeur John Williams qui totalise 5 Oscars et 45 nominations !  Walt Disney, au nom de sa société de production, reçu quant à lui, 22 Oscars dans des catégories en compétition et 4 Oscars d’honneur. Record absolu.

George Bernard Shaw, lauréat du prix Nobel de littérature,  mérite lui aussi un coup de chapeau en remportant en 1939 pour Pygmalion, l’Oscar du meilleur scénario, adapté de sa propre pièce. Enfin, coups de projecteurs sur les 2 seuls longs métrages qui remportèrent à la fois l’Oscar du meilleur film et la Palme d’or. Il s’agit de Marty de Delbert Mann et Le Poison de Billy Wilder.

Les grands moments

Impossible ici de se montrer exhaustif quant aux innombrables moments d’émotion qui jalonnent l’histoire de la cérémonie. Tachons toutefois un éclairage subjectif sur quelques dates clefs.

1934 : Le terme d’Oscar est pour la première fois employé par Walt Disney dans son discours de remerciement pour Les Trois Petit Cochons. Il recevait deux ans plus tôt, sa première statuette pour son personnage de Mickey.

1935 : Claudette Colbert est la première actrice française à recevoir l’Oscar de la meilleure actrice pour le film américain New York-Miami.

En 1939, Walt Disney toujours reçoit sept mini-Oscars pour Blanche Neige et les Sept Nains !

1940. Autant en emporte le vent est le premier film en couleurs à remporter l’Oscar du meilleur film et permet à Hattie McDaniel d’être la première personne noire à remporter un Oscar. En l’occurrence celui du meilleur second rôle féminin. Il remporte également 10 statuettes.

En 48, on notera la controverse des studios qui, agacés par la présence d’étrangers parmi les nominés, cessent de financer la cérémonie. Le premier long étranger à remporter celui du meilleur film sera d’ailleurs Hamlet de Laurence Olivier l’année suivante !

En 1950 et 1951, Joseph L. Mankiewicz remporte deux années de suite, les Oscars du meilleur réalisateur et du meilleur scénario pour Chaînes conjugales et Eve.

1957, Anthony Quinn, neuf minutes à l ‘écran pour La vie passionnée de Vincent Van Gogh est primé comme meilleur second rôle !

1959 : boycott des communistes… En 1968, en hommage à Martin Luther King, la cérémonie est retardée. Elle sera pour la première fois retransmise dans le monde entier.

En 1972, Orange mécanique est jugé trop violent et de nombreuses personnalités refusent de remettre l’Oscar du meilleur réalisateur. L’année suivante est marqué par Marlon Brando qui refuse sa récompense pour Le Parrain et dénonce le sort réservé aux Indiens d’Amérique du nord en envoyant une jeune indienne prêcher la bonne parole.

En 1974, pour La Barbe à papa, Tatum O’Neal, dix ans, devient la plus jeune lauréate. L’année suivante, Robert De Niro, à quelques années d’intervalle, est récompensé pour le même rôle que celui joué par Marlon Brando dans le premier Parrain : Vito Corleone.

77 : Lina Wertmuller est la première femme nommée à l’Oscar du meilleur réalisateur pour Pasqualino Settebellezze. Peter Finch quant à lui reçoit le premier Oscar posthume du meilleur acteur pour Network.

78 : nouveau coup de gueule cette fois de Vanessa Redgrave, sympathisante de la cause palestinienne qui s’en prend directement au sionisme.

En 80, Justin Henry, huit ans, devient le plus jeune nommé pour un second rôle pour Kramer contre Kramer.

En 86, La Couleur pourpre de Spielberg, nommé onze fois, repart bredouille. En 1990, Jessica Tandy devient à près de 80 ans, l’actrice oscarisée la plus âgée pour son rôle dans Miss Daisy et son chauffeur tandis que la veille, le réalisateur Bruce Beresford est à deux doigts de se tuer dans un accident de voiture au Nigeria.

En 1997, 70 acteurs oscarisés se retrouvent sur scène. L’année suivante, James Cameron égalant le record de Ben Hur avec 11 statuettes et paraphrase son héros dans Titanic, Jack Dawson : « I am the king of the world ! ».

En 1999, au regard de son attitude durant le maccarthysme, la salle divisée, réserve un accueil mitigé à Elia Kazan et son oscar d’honneur tandis que Roberto Benigni devient le premier comédien à obtenir l’Oscar du meilleur acteur grâce à un rôle non anglophone, celui de La Vie est belle. En 2000, les Oscars sont volés avant la cérémonie.

En 2001 : Steven Soderbergh est nommé deux fois, pour l’Oscar du meilleur film et celui du meilleur réalisateur.

En 2002, les afro-américains sont à l’honneur puisque Halle Berry devient la première femme noire à remporter l’Oscar de la meilleure actrice grâce au film A l’ombre de la haine, Denzel Washington, dans la catégorie meilleur acteur est lui aussi récompensé pour Training Day et Sydney Poitier se voir décerner un Oscar d’honneur. L’année suivante, Charlize Theron deviendra la première actrice sud africaine à être récompensée.

Keisha Castle-Hughes, treize ans, devient en 2004 la plus jeune nommée à l’Oscar de la meilleur actrice grâce à Pai. En 2007 George Clooney est nommé la même année, comme meilleur réalisateur pour Good Night and Good Luck et comme meilleur acteur pour Syriana.

En 2010, Kathryn Bigelow est la première femme à remporter l’Oscar du meilleur réalisateur grâce à Démineurs, laissant sur le carreau son ex-mari James Cameron et son Avatar

La France aux Oscars

Rapide tour d’horizon de quelques frenchies ayant marqué l’histoire d’Hollywood.

Récemment Marion Cotillard fut la première actrice française à recevoir l’Oscar de la meilleure actrice pour un rôle francophone grâce à son interprétation dans La Môme.

Même si aucun ne fut jamais récompensé, des réalisateurs comme Jean Renoir, François Truffaut ou Louis Malle furent toutefois nommés comme meilleur réalisateur. Idem pour Gérard Depardieu et Cyrano de Bergerac ou Charles Boyer nommé 4 fois comme meilleur acteur.

Simone Signoret fut, en 1960, la troisième lauréate, avec Marion Cotillard  et Claudette Colbert, à remporter l’Oscar de meilleure actrice. Deneuve, Binoche ou Adjani furent,  entre autres,  elles aussi nommés pour cette même statuette. On compte également 3 Oscars de la meilleure musique de film de film pour Maurice Jarre ou une statuette pour Michel Gondry et son scénario de Eternal Sunshine of the Spotless Mind.

Enfin, on saluera les victoires, par exemple pour l’Oscar du meilleur film étranger, de René Clément avec Jeux Interdits, Jacques Tati avec Mon Oncle ou Régis Wargnier avec Indochine. D’autres, moins célèbres, furent également à l’honneur, comme Pierre Etaix, lauréat du meilleur court métrage de fiction en 1963 avec Heureux Anniversaire.

Oscars : la controverse

A l’instar de William Friedkin qui considère la cérémonie comme de l’autocongratulation entre personnalités de l’industrie hollywoodienne, lui reprochant d’être uniquement un tremplin promotionnel récompensant un marketing conquérant et délaissant les productions moins médiatiques, on est en droit de se poser certaines questions quant aux nominations et à certaines attributions de récompenses. Et cela vaut aussi pour nos César hexagonaux…

Comment Gangs of New York et ses 10 nominations n’a reçu aucun prix ? Comment Chaplin, Welles, Hitchcock ou Kubrick n’ont jamais obtenu le sésame de meilleur réalisateur ? Comment juger une performance artistique par rapport à une autre ?  Autant de questions auxquelles il est sans doute possible de trouver mille réponses plausibles mais pas forcément tout à fait justes.

On attend de voir la prestation de James Franco et Anne Hathaway pour changer notre fusil d’épaule car on ne peut oublier que pourtant, malgré les 300 limousines mises à disposition chaque année, quelques pépites se produisent parfois comme Midnight Cowboy en 1970, seul film classé X ayant remporté l’Oscar du meilleur film, ou Jack Palance faisant des pompes sur un bras à 73 ans. Wait and see donc.

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