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Frédéric Schoendoerffer : cinéaste obsessionnel et sans concessions

A l’occasion de la sortie de Switch le 6 Juillet dans nos salles, retour sur la carrière d’un cinéaste au parcours sans faute.

Un fils de… particulièrement talentueux

A l’instar d’autres familles célèbres de cinéastes (Scott, Tati, Ophuls etc.), Frédéric Schoendoerffer  a donc fait perdurer la tradition familiale entamée par son père : Pierre.

Engagé au service cinématographique de l’armée pour se rapprocher de son violon d’Ingres, ce dernier sera fortement marqué par la guerre d’Indochine. Forcément proche du style documentaire, il réalisera La 317e section en 1965 ou L’Honneur d’un capitaine en 1982.
Frédéric sera par exemple assistant-réalisateur de son Diên Biên Phu en 1992. Voilà ce que raconte le cinéaste quant à ce rapport père-fils : « Moi, vous savez, j’avais 2 ans quand j’étais sur le tournage de La 317e Section, au Cambodge. Aujourd’hui, si je fais du cinéma, c’est parce que mon père en faisait, que je suis né dans une famille de cinéma, que ce qui a commencé à m’exciter dans cette affaire, le cinéma, c’était ce qui se passait à la maison : Georges de Beauregard venait, Raoul Coutard ou Joseph Kessel, et il y avait des discussions. Quand j’avais 6 ans, je me mettais dans un coin du salon pour les écouter parler puisque, même si je ne comprenais pas tout ce qu’ils disaient, j’avais le sentiment qu’il y avait des grandes choses qui étaient en train de se passer. Il y avait aussi un immense sentiment d’aventure. Quand mon père nous emmenait à l’école, le matin, les parents des autres enfants allaient à la banque, par exemple, moi mon père rentrait à la maison pour lire des bouquins ou écrire un scénario, ou alors il n’était pas là pendant trois mois parce qu’il était à Bornéo en train de faire des repérages. Ça, ça me faisait rêver. Pour moi, le cinéma, bien avant de savoir que c’était la mise en scène, c’était la vie. Il y a des gens qui disent « Le rock & roll m’a changé », bien moi c’est le cinéma : ces discussions, ces voyages, cette vie pas du tout comme les autres, avec ses bons et ses mauvais côtés, parce qu’il n’y a pas de certitudes financières, par exemple, un jour ça marche, le lendemain ça ne marche pas. Mais même ça, ce n’est pas inintéressant aussi, on se sent vivant, quoi. Donc, pour moi, mon père c’est un metteur en scène considérable. J’ai été son premier assistant sur deux films, et surtout sur Diên Biên Phu. J’ai passé neuf mois de ma vie au Vietnam, sans revenir, pour l’aider à faire son film, ça a été une aventure humaine exceptionnelle. C’est un ami. Mon père voit mon film avant même le producteur. Par exemple, pour Agents secrets et Scènes de crimes, il est venu au montage et je lui ai montré la copie de travail, et avant tout le monde, parce que son avis m’intéresse. »
Notez également que son frère Ludovic fait lui aussi partie de la grande famille du cinéma. Il a notamment joué dans les films de Fréderic ou Les Rivières pourpres 2.

Réalisateur, producteur ou scénariste : Frédéric Schoendoerffer, l’artisan aux mille visages

Né le 3 octobre 1962 à Boulogne-Billancourt, le fils ainé du cinéaste débute sa carrière en 1985 comme assistant-réalisateur sur la comédie de Michel Lang : A nous les garçons. Il réitèrera donc l’expérience sept ans plus tard sur le Diên Biên Phu du père dont il a hérité la passion du septième art.

Après son premier court-métrage intitulé Diabolique au milieu des années 80, il travaille sur des téléfilms comme Le Parasite en 1995 ou Le Bonheur est un mensonge en 1997. Son coup d’essai demeuré inédit restera le moyen-métrage : La vie ne fait pas de cadeau.
Il réalise ensuite son premier film et par la même, son premier succès critique : Scènes de crimes.

Scènes de crimes : premier coup de maître

Une jeune fille disparaît. Deux flics de la SRPJ de Versailles sont chargés de l’enquête. Après la découverte de deux cadavres, ils comprennent qu’ils sont à la recherche d’un dangereux et prolifique tueur en série.

Sorti sur les écrans le 15 mars 2000, le film suit avec méticulosité les agissements de deux flics. Plongé au cœur d’une enquête  aussi réaliste qu’éprouvante, le spectateur vit littéralement cette histoire finement écrite et prenant le temps de poser son intrigue, comme s’il faisait lui aussi partie de l’équipe en charge des investigations.

Aidé en cela par un André Dussollier impérial dans un rôle inhabituellement rugueux, celui-ci confesse tout le bien qu’une telle interprétation a eu pour sa carrière :

« Les choses ont commencé à changer pour moi avec ce film. A tel point que lorsqu’il m’a proposé le rôle, j’étais tellement étonné que je lui ai demandé s’il était bien sûr de lui ! Le cinéma est si stéréotypé dans des imageries de flic, que j’avais l’impression que pendant longtemps – ça n’est plus vrai aujourd’hui – les flics de cinéma étaient inspirés d’une imagerie véhiculée par Delon, ventura,  Gabin ou d’autres. Petit à petit, avec L627 de Tavernier ou les films d’Olivier Marchal et Schoendoerffer, on s’est davantage appuyé sur la réalité. J’ai donc été très heureux de trouver – enfin ! – ce type de personnages. Et c’est un terrain que j’aimerais explorer encore davantage. J’y ai accès, en effet, en ce moment. Les seuls signaux que j’ai pu envoyer, c’est l’envie de jouer des personnages différents. Peut-être les metteurs en scène s’en sont-ils aperçu au fur et à mesure. Peut-être est-ce aussi dû à l’âge. On me donne à travailler ce côté plus obscur parce que je suis certainement plus crédible aujourd’hui sur ce versant-là. »

Porté par une mise en scène assez virtuose et une distance salvatrice eu égard aux protagonistes principaux, le film redonne ses lettres de noblesse à un genre en décrépitude depuis le passage de flambeau d’Alain Corneau. Nommé au César de la meilleure première œuvre, Schoendoerffer frappe ainsi un grand coup dans un cinéma français de genre encore bien convalescent.

Agents secrets : 4 ans de maturation pour un couple au firmament

Pour cette nouvelle plongée dans le polar réaliste et quasi-documentaire, le cinéaste fait appel un couple des plus charismatiques et médiatiques : Vincent CasselMonica Bellucci

Un groupe de quatre agents secrets est chargé par la DGSE d’une opération de sabotage au Maroc. Leur mission (du moins d’un point de vue extérieur) est d’intimider l’homme d’affaires russe Igor Lipovsky, et d’empêcher ses livraisons d’armes aux rebelles Angolais en coulant son navire. Tony, l’ange gardien, est chargé de fournir tenues et matériel de plongée pour que l’opération se déroule dans les meilleures conditions. Tout se déroule bien. Mais, à leur retour, Lisa se fait interpeller à l’aéroport pour possession de stupéfiants. Georges ne l’entend pas de cette manière et compte bien faire éclater la vérité, quels que soient les moyens, pour libérer sa coéquipière.

Doté d’un budget de 14 millions d’euros et paru le 31 mars 2004, le film enfonce le clou et assure définitivement à Frédéric Schoendoerffer une crédibilité on ne peut plus méritée. Il déclare quant à ses intentions : «  C’est toujours ambitieux de faire un film policier, parce que c’est quand même un genre très fréquenté. Et faire un film d’espionnage aussi. Après, il y a une histoire de coût entre les deux films, il y a des méga stars dans l’un et des très très bons acteurs dans l’autre, mais qui ne sont pas starifiés ».

Ouvrant une nouvelle fois son film sur un majestueux plan-séquence, le métrage évoque avec brio les thématiques identitaires et la raison d’Etat. Sur ce type de plans récurrents, le cinéaste confie : « Depuis le départ, avec mes coscénaristes, on s’était dit que ce serait bien d’avoir un vrai prégénérique. Je trouve que c’en est un, sauf que le générique est avant, comme il y a dans certains films d’espionnage. Je sais que quand on écrivait le scénario, et même au tout début, je m’étais dit « Tiens, ce personnage énigmatique du début qui va faire très peu de temps, j’aimerais bien le proposer à Charles », mais c’était plus affectif qu’un réel calcul. À l’arrivée, vous dites « Ah ouais, c’est vachement bien, c’est calculé, il ferme la porte d’un film pour en ouvrir une autre ! » Mais c’est plus instinctif, une envie de travailler ensemble. En plus, je savais que je n’aurais pas d’autres rôles pour Charles, j’avais envie de retravailler avec lui, que ce soit ludique. Alors, après, à l’arrivée, on peut se dire « Il a bien manigancé son truc », mais c’est moins machiavélique que ça en a l’air. Par ailleurs, dans les deux films, vous avez en effet un plan séquence qui ouvre le film. C’est ce que je dis dans le commentaire, ça c’est vraiment une histoire de goût. Vous savez, j’essaie de faire des films que j’irais voir. Moi, j’aime bien les films qui commencent soit sans générique. On débarque directement dans l’histoire. Ou alors j’aime bien ces plans assez longs et bizarres qui nous font presque physiquement entrer dans le film en nous faisant tomber à l’intérieur. Donc c’est un goût de spectateur. »

Nouvelle peinture esquissée  avec doigté d’une police procédurière et aux rouages complexes, le réalisateur dresse ici un portrait documenté et fidèle de l’existence mouvementée, et souvent peu enviable, des agents de l’ombre…

Manipulations, préparation logistique, et effondrement des certitudes d’hommes et de femmes se confondant dans leurs multiples existences, les comédiens mettent le spectateur face au portrait non fantasmé des agents secrets, loin des images d’Epinal du début de carrière d’un 007 par exemple.

Fluide, très bien chorégraphié (certaines scènes d’action n’ont rien à envier à nos voisins d’outre-Atlantique) et doté d’une pluralité spatiale bienvenue dans un métrage français, le film confirme le talent du cinéaste, toujours occupé à traiter l’humain sous le vernis de la criminalité.

Truands : casting trois étoiles pour le grand banditisme parisien

Peut-on encore parler de renouveau du cinéma hexagonal ? Philippe Caubère, Benoit Magimel ou Béatrice Dalle, le cinéaste désormais attendu au tournant confirme son obsession pour la criminalité et réunit encore une fois, les meilleures tronches du cinéma hexagonal.

Paris, de nos jours, grand banditisme. Claude Corti, 50 ans, est l’un des rares hommes de pouvoir du métier. Proxénétisme, trafic de stupéfiants, faux billets, voitures, rackets, braquages, il sait tout ce qu’il se passe dans sa zone d’influence et prend une commission sur tout. Seule la violence lui permet de survivre. Franck, 30 ans, est proche de Corti mais tient à son indépendance. Intelligent, efficace, Claude a confiance en lui. Corti tombe et passe quelques mois en prison. Juste assez pour que ses affaires commencent à se dérégler. Complot ou simple paranoïa ?

Si le budget de 4 millions d’Euro de Truands est beaucoup plus modeste, on verra qu’il n’empêchera pas le réalisateur de livrer une nouvelle fois une oeuvre forte, peut-être la plus immersive et brutale de sa carrière. Desservi par une mauvaise presse, mais surtout handicapé par une interdiction aux moins de 16 ans qui vient sanctionner la violence de cette plongée au coeur du banditisme,  le film ne fera que 318 000 entrées au box-office.

Ce qui interpelle pourtant avec ce cinéma, c’est sa réalité presque palpable. Un parallèle évident avec le cinéaste précité que le réalisateur ne cherche pas à camoufler une seconde : « Pour Scènes de crimes, j’ai été avec des flics, pour Agents secrets j’étais avec des agents secrets. Pour sortir des références cinématographiques et des livres, pour avoir ce qu’il y a vraiment derrière. Sinon, on ne tourne que par rapport à des films qu’on a vus ou des livres qu’on a lus, et on reste très superficiel. Je pense que c’est pour ça qu’Olivier Marchal est intéressant. C’est parce qu’il sait très bien de quoi il parle. Alors on aime plus ou moins ce qu’il fait, mais c’est authentique. Alors que si vous ne lisez que des petits romans noirs… »

Transgressif, débarrassé de toute éthique, cette descente aux enfers est la déclaration d’amour d’un gosse ayant grandi dans les salles projetant Marathon Man, L’Epouvantail ou French Connection.

Un constat noir donc, lucide quant à une nature humaine décrépie : « Pour moi c’est effectivement un film politique sur la société d’aujourd’hui, âpre, violente, égocentrique et obsédée par le profit. Tous les codes d’honneur ont disparu, et à partir de là, la trahison ou la perte de valeurs sont des choses que l’on voit de plus en plus. Chez les voyous tout cela est, bien évidemment, exacerbé ! Les voyous sont les produits de la société. A l’époque des années 30, qui était une période plus calme et plus prospère qu’aujourd’hui, la France connaissait une voyoucratie bien plus calme et qui a évolué en même temps que la société. »

Violence perverse d’un serial killer, violence d’Etat sans remords, ou mœurs barbares sans foi ni loi, les thématiques du cinéaste sont toujours aussi sombres et maitrisées.

Au sujet de ce pessimisme, le cinéaste confesse: « Sans me prendre au sérieux, oui, j’ai une vision très pessimiste, très chaotique. J’avais envie de dire : « voilà ce que nous sommes devenus. » En tant que cinéaste, j’aime parler des choses. J’ai donc fait un film que j’aurais aimé voir si j’avais encore 18 ans car il est honnête. Le monde des truands est rempli de destins tragiques, car ces hommes ne sont clairement pas heureux. Le cliché du gangster qui se retire de la vie urbaine et part à la campagne pour une retraite heureuse, ça n’existe pas ! Comme disent les flics, ça finit toujours sur la planche à découper chez le légiste. La note finit toujours par arriver. »

Pour ce troisième métrage : l’histoire est haletante, l’empathie au rendez-vous, et la mise en scène toujours aussi chirurgicale. Ici, point de glorification douteuse pour ces truands charismatiques, les acteurs sont au diapason (Philippe Caubère, trop rare, est immense), et apportent une touche d’humanisation dérangeante à un film qui n’a pas forcément à rougir devant certains illustres ainés.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à faire un tour sur notre dossier consacré au polar français.

Switch: obsessions et nouveauté

Juillet 2010, Montréal, Canada. Sophie Malaterre, 25 ans, illustratrice de mode, voit arriver les vacances d’été avec angoisse. Pas de projet, pas d’ami, pas de fiancé… On lui parle du site switch.com qui permet d’échanger sa maison le temps d’un mois. Sophie trouve, par miracle, un duplex à Paris, avec vue sur la Tour Eiffel. Son premier jour est idyllique. Le lendemain matin, elle se réveille avec un corps décapité dans son lit. La police à ses trousses, elle va tenter de comprendre ce qui s’est passé pour rétablir la vérité.

6 juillet 2011. C’est la date fatidique attendue pour découvrir le nouveau long-métrage du talentueux cinéaste, absent des salles obscures depuis Truands, et  n’ayant officié « que » pour la télévision et la très réussie série Braquo.

Pour cette nouvelle expérience télévisuelle, voici les mots du réalisateur : «Braquo, c’est différent, parce que je n’ai pas du tout participé à l’écriture. C’était le plaisir de mettre mes pas dans ceux d’Olivier Marchal qui est un ami. Il me le proposait, j’étais disponible, c’était à un moment où j’avais satisfait mon ego avec mes trois films et où j’avais acquis une certaine expérience, je pouvais donc remettre ma mise sur le tapis vert. «Braquo» tombait bien, c’était une espèce de remise à niveau. C’est d’ailleurs à ce moment-là que j’ai réalisé que c’était vraiment mon métier. Sans doute parce que justement, je faisais un travail de chasseur de prime : on m’avait appelé, j’avais une mission et un temps pour la remplir, comme dans un film de Clint Eastwood ! ».

Mené à bout de bras par l’inégal mais charismatique Eric Cantona, le film voit enfin la collaboration avec le romancier Jean-Christophe Grangé aboutir. Un scénario écrit à quatre mains alors que les deux auteurs avaient déjà tenté l’adaptation du Serment des limbes

Inspiré d’Hitchcock et de ses mécanismes narratifs, l’accouchement du scénario prit pas moins de sept mois pour parvenir à un récit dense, concis et direct. Le romancier explique : « Plus court en nombre de pages, plus court en termes de séquences qui sont forcément plus courtes que les chapitres d’un roman, plus court en nombres de personnages ou de rebondissements. »

Le cinéaste lui, se montre fier de cette collaboration et de son nouveau bébé : « On se voyait tous les jours ou tous les deux jours. C’est Jean-Christophe qui tenait la plume – normal, c’est son métier. On faisait des séances de travail tout l’après-midi. Au-delà de l’amitié que je lui porte, au-delà même de son talent, Jean-Christophe est un des gars que je connais qui bossent le plus. Je partais de chez lui à 8h du soir, on avait décidé trois pages de rectifications et le matin, j’emmenais mes enfants à l’école, je rentrais, j’ouvrais mon ordinateur et je voyais qu’à 6h du matin, il m’avait envoyé toutes les corrections ! Il se lève à 4h, c’est un monstre de boulot ! J’ai rarement vu cette puissance de travail chez quelqu’un. En plus, sur l’arche narrative d’une histoire, il est très fort, ça aussi, c’était intéressant. Évidemment, pendant toute cette période d’écriture, notre maître, celui qui nous servait de référence, inaccessible bien sûr, c’était Alfred Hitchcock. Sur la précision de la mécanique, sur la tension constante, sur les retournements psychologiques… ».

Comme à son habitude, le metteur en scène  fit enfin appel à la brigade criminelle afin d’exploiter au maximum l’intrigue et d’y apporter véracité et réalisme. Une véracité teinte d’une inhabituelle touche giallesque, du propre aveu du cinéaste: « Ces polars qui ne racontent finalement que ça : un type en noir qui tue des gens et qui est poussé par une motivation sourde, obscure, terrible qui vient toujours de l’enfance. La méchante dans notre film, c’est un personnage de Giallo. Elle est née d’une espèce d’abcès qui l’a conduite vers la folie avec un terrible instinct de destruction ».

Un métrage qui promet donc de mêler : unité de temps, crédibilité scénaristique, et nouveau chef-opérateur, le tout pour un tournage de seulement 35 jours !

Ajoutons-y la troisième collaboration avec le compositeur Bruno Coulais, et vous obtiendrez à coups sur l’un des films les plus attendus par tous les cinéphiles et les nostalgiques de la grande époque du polar français.

Futurs projets

Le réalisateur vient d’acquérir les droits du livre Osito, paru début novembre aux éditions Florent Massot. Osito narre l’histoire d’un jeune trafiquant de drogue franco-russe lié à la mafia colombienne, et de son ascension jusqu’à la case prison. Désormais retiré des affaires et vivant entre l’Espagne et la France, l’histoire du criminel pourrait être à l’affiche d’ici deux à trois ans.

Le mot de la fin

Un cinéaste ne prenant pas son public pour de parfaits imbéciles et respectant à ce point ce dernier, voilà un bien beau cadeau au cinéma de genre hexagonal.

Nous laisserons donc au cinéaste le dernier mot, une confession destinée aux spectateurs que nous sommes : « Grâce et à cause de la nouvelle vague, on a donné le sentiment aux gens que raconter toute sa vie pouvait faire l’objet d’un film. Le problème, c’est que les mecs de la nouvelle vague c’était des génies, et que des metteurs en scène qui sont des génies et des poètes, c’est très rare. Ce qu’il y a d’intéressant dans le film de genre, c’est que vous sortez de vous-même. Ce n’est pas vous, ce n’est pas votre nombril. Et moi qui suis un spectateur comme tout le monde, j’aime ce genre de cinéma, ça me plaît, parce que je peux réfléchir, il y a le mythe des héros qui me transporte… Quand je dis « C’est une main tendue vers le public », c’est ça. Je ne ferais jamais – enfin, on ne sait jamais ce qu’on fera – un film sur ma vie, ce serait de la merde. Ça n’a aucun intérêt, j’ai une vie comme tout le monde. Je suis marié, j’ai deux enfants, de temps à autres j’ai des problèmes pour payer mes impôts… Bon, et vous faites un film avec ça ? Ben je vais me faire chier ! ». On est d’accord, Frédéric !

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