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Duel à mort et cinéma

De Voldemort et Harry Potter pour les bouts de choux à l’inoubliable professeur abatant au pistolet un as du sabre dans Indiana Jones et le temple maudit, l’histoire du septième art est semée de ces duels gravés au fer rouge. A l’occasion de la sortie d’Hunger games, tour d’horizon forcément subjectif d’une thématique sans âge.

Cinéma de genre et concours de b…

Alors que Robert De Niro et John Travolta s’apprêtent à s’entretuer en pleine forêt dans le prochain Killing season de Mark Steven Johnson, tâchons de jeter un œil dans le rétroviseur pour une réminiscence salvatrice de quelques uns des plus beaux manos à manos du cinéma fantastique. Pour les grincheux, il vous reste le forum pour y déverser votre cinéphilie…

A peine ce nouveau millénaire entamé, nous nous vîmes renverser de notre fauteuil avec les nouvelles trilogies Star Wars. Pourtant, force est de constater que la trilogie initiée par tonton Lucas nous a fait vivre de sacrés faces à faces. Autre chose que le final contre Dark Maul dans l’épisode I : La Menace fantôme en somme…

Sûr que Dark Vador contre Luke Skywalker, bien qu’un peu « au ralenti », c’était tout de même autre chose… Sacrifié sur l’autel du mercantilisme, cet affrontement final vendu comme définitif ressemblera en effet bien plus à un pétard mouillé.

Plus proche de nous, la trilogie des frères Wachowski : Matrix, dont le premier volet sortît sur nos écrans le 23 juin 1999, tenta vainement de nous vendre une mythologie tout aussi légendaire. Un coup dans l’eau tant celle ci perdît son public dans un imbroglio philosophico-science fictionnel ampoulé. Reste toutefois un spectaculaire combat entre Neo (Keanu Reeves) se frittant avec une centaine d’agent Smith.

Nous pourrions donc simplement apprécier le Christophe Lambert de Highlander et son duel à l’épée avec le terrifiant Clancy Brown ou même Sylvester Stallone face à Wesley Snipes dans Demolition man  en 1994… Mais l’histoire des salles obscures et ses séances SF et fantastiques connut de bien plus marquantes figures inoubliables.

Impossible ainsi d’ignorer l’incroyable Sigourney Weaver dans Alien en 1979 ( !) puisAliens, le retour de James Cameron en 1986. Ici, la belle se débarrasse de la créature en la propulsant dans l’espace à travers en sas, non contente d’avoir auparavant revêtue un exosquelette motorisé ayant rendu bouche bée tous les gamins que nous étions. Sacré duel !

Mais le patron en matière de cinéma SF demeure et demeurera toujours notre Schwarzy vénéré. Grâce aux deux premiers volets de Terminator  tout d’abord où le précité James Cameron nous offre un trip définitif en matière de baston entre robots futuristes, mais surtout grâce au favori de l’auteur de ces lignes : Predator. Le burné John Mctiernan nous offre ainsi en 1987 ce qui est surement l’une des plus belles «course-poursuite dans la forêt jusqu’à la mort » que l’on ai jamais vu.107 minutes de tension, d’ingéniosité, de brutalité et de frayeur. Un pur chef d’œuvre.

Encore plus flippant et gore, n’oubliez pas non plus de jeter un œil du côté de deux cadors du genre horrifique : l’inégale saga Halloween et le bijou The Thing : Tous les deux bien sûr signé John Carpenter.

Alors que dans lepremier : La Nuit des masques,  l’innocente Jamie Lee Curtis tâche de semer le terrifiant Michael Myers (il crève quand celui là !), le second nous offre une hécatombe de second rôles dont l’apogée sera la décision finale choisie par l’impeccable Kurt Russel face à une créature sanguinaire. Tour à tour subjectifs, esthétiques, angoissants ou métaphysiques, ces deux films catapultent le cinéma de genre dans la cour des grands. Tous les deux objets d’un remake, aucun ne purent réitérer l’exploit de ces deux joyaux : un must !

Du thriller 100% testostérone au  western spaghetti  !

Nous évoquions plus haut John Travolta dans son futur film d’action, nous pourrions tout autant citer le réussi Volte face en 1997. L’inégal John Woo offre ici à l’acteur et à Nicolas Cage un script halluciné mais assumé nous faisant presque croire à cette histoire  de changement de visages. Deux belles performances d’acteurs tout de même pour un film un peu bancal mais complètement second degré. De performances il en sera également question avec les exemples suivants.

D’un côté il y a le sympathique Invincible de Walter Hill avec Ving Rhames et Wesley Snipes, de l’autre Rocky IV. Deux manières bien différentes d’appréhender la boxe ou le foutage sur la tronche. Si nous ne pardonnerons jamais à Dolph Lundgren d’avoir exécuté Carl Weathers, on appréciera les manières toutes personnelles de notre Sly favori pour lui rendre la pareille. Intense, éprouvant, frôlant parfois avec le pathos, ce cri du cœur de 1976 résonne encore aujourd’hui  quelque soit le nombre de visionnage.

Duel a mort ? Pas tout a fait mais sacrément enthousiasmant!

Derniers regards dans le rétroviseur. Gladiator tout d’abord nous offre un magnifique final à mort digne des plus belles tragédies grecques. Dans le chef d’œuvre de Ridley Scott, Commodus et Maximus s’affrontent dans l’arène pour l’honneur et une apogée lyrique plus que poignante. Plus convenue mais pas moins soigné : le Traqué du grand William Friedkin.

En plus d’un casting 4 étoiles où s’affrontent Benicio Del Toro et Tommy Lee Jones, on reste pendu à la réalisation sans faille, un script carré et une ambiance haletante. Simple mais efficace, le film du réalisateur de L’Exorciste remplit son office en laissant son spectateur le souffle court, un regard inquiet dans le dos.

Le duel au cinéma, c’est un peu comme le sourire béat après l’amour, c’est inévitable. C’est ce que l’on appelle pour les scénaristes en herbe : « l’élément déclencheur du récit ». Lorsqu’on « contrarie » celui-ci pour y apporter imprévus et intérêt. Tout ça pour dire qu’il n’est jamais aussi magnifié que dans les figures mythiques d’un genre à part : le western.

Encore plus populaire que pour les genres cités plus haut, le western est dans l’imaginaire peuplé de ces duels aux pistolets au milieu des verres de scotchs et des crachoirs.

Du final inoubliable du chef d’œuvre de Sergio Leone : Le Bon, la brute et le truandoù Clint Eastwwod, Eli Wallach ou Lee Van Cleef se lancent à la poursuite d’un trésor caché dans un cimetière ou Mon nom est personne où Henry Fonda et Terrence Hill se livrent un « amical duel à mort » inoubliable, cette tranche de septième art qu’est le western regorge de ces moments de bravoure. Un vrai bonheur pour tous les amoureux des histoires simples, là oùl’honneur et la loyauté font loi.

Plus proche de nous, Mort ou vif du surdoué Sam Raimi est l’un d’entre eux. La belle Sharon Stone, Gene Hackman, Leonardo DiCaprio… Voilà un casting 4 étoiles pour un film réévalué aujourd’hui et parsemé de duels au soleil divertissants et à la réalisation ludique.

Dans un tout autre registre, sombre et viril, reste en mémoire le jouissif Impitoyable du grand Clint. Cow boy sadique, prostitué défigurée, tueur reconverti, le film est comme un Colt plaqué sur la nuque : menaçant et au dénouement inévitable. Réaliste et poignant, démythifiant les héros de western, Eastwood parvient àr etranscrire avec justesse la laideur noire et sarcastique d’une époque qu’il n’a pas connu. Un film définitif.

Vendredi ou le duel sauvage

Quand l’immense John Boorman réunit deux légendes du septième art, Lee Marvin et Toshiro Mifune, pour leur offrir une confrontation grandiose au sein d’une île déserte, il ne fait pas les choses à moitié. Élégie panthéiste, duel implacable, conflit d’une humanité et d’une beauté saisissante, Duel dans le Pacifique contient et magnifie l’ensemble des thématiques du metteur en scène. Servi par des décors impressionnants et des comédiens au charisme imposant (surtout Mifune, dont ‘intensité ne faiblit jamais), le long-métrage demeure un des plus beaux affrontement pelliculés qui soit, sorte de Robinson Crusoé sauvage et impitoyable.

Des gunfights au pays du matin frais

L’Amérique n’est pas la seule à régler certains de ses problèmes l’arme au poing. Petit zoom donc chez nos amis asiatiques.

Quentin Tarantinoleur leur rendra d’ailleurs hommage avec son très beau diptyque :Kill Bill, et notamment ce duel à mort entre Lucy Liu et Uma Thurman dans un magnifique jardin japonais, lieu inespéré pour y laisser son dernier souffle. Inutile pourtant de chercher si loin.

Que ce soit le magnifique The Killer de John Woo en1995 au fantastique et mythique combat de fin d’Operation Dragon deRobert Clouse et un Bruce Lee au corps griffé inoubliable (et n’y voyez là aucun jugement …  esthétique !), les faces à faces sont donc également légions de ce côté du globe.

Pour l’auteur de ces lignes, l’apogée demeurera toutefois le chef d’œuvre dantesque, terrifiant, hard boiled et poétique d’Ötomo : Akira.

Duel au sommet entre deux amis d’enfance qu’aujourd’hui tout sépare, l’opposition entre Tetsuo et Kaneda dans un Neo-Tokyo post apocalyptique est encore aujourd’hui l’une desplus violentes et effroyables illustration du traumatisme nippon dans l’histoire de leur animation. Du pur génie.

De Derrick contre Superman du récemment oscarisé Michel Hazanavicius (et oui) pour déconner un peu à Gandalf contre le Balrog dans Le Seigneur des anneaux ou de Jean Claude Van Damme face au « Démon » dans Coups pour coups (pour continuer) au très classe James Bond contre Auric Goldfinger, difficile d’englober la planète cinéma dans une si large thématique.

Le choix de la rédaction

Comme expliqué cidessus, il serait aisé d’écrire une dizaine de dossiers identiques en changeant chaque fois de films tant le parcours cinématographique mondial est semé de ces affrontements sanglants. Il était toutefois de notre ressors d’effectuer un choix, modeste pied à l’étrier pour accéder, pas après pas, au nirvana artistique et éclectique.

Nous vous laissons donc avec ce que certains d’entre nous estiment être le top du top. A vous désormais de dénicher vos propres pépites. Sur ce, dos à dos et 10 pas. Feu !

Crépusculaire, anthologique, flamboyant, culte, Heat de Michael Mann est tout cela à la fois. Duel inespéré entre Al Pacino et Robert de Niro (un vrai fantasme) magnifié par de seconds rôles plus parfaits les uns que les autres, cette exploration sombre et angoissante des rapports humains laisse dans la bouche un goût âpre de lucidité. Des hommes, des vrais, qui s’apprennent, s’affrontent et se respectent, c’est peut-être ça finalement, un duel au cinéma.

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