Poster un commentaire

Reality

SORTIE le 03/10/2012 et réalisé par Matteo Garrone
DUREE 1h20

Au cœur de Naples, Luciano est un chef de famille hâbleur et joyeusement exubérant qui exerce ses talents de bonimenteur et de comique devant les clients de sa poissonnerie et de sa nombreuse tribu. Un jour, poussé par ses enfants, il participe sans trop y croire au casting de la plus célèbre émission de téléréalité italienne.

Difficile d’entamer une vraie réflexion sur le nouveau film du talentueux Matteo Garrone tant celui ci nous avait époustouflé il y a 4 ans avec Gomorra.  Et autant le dire tout de suite, Reality n’arrive pas à la cheville de son prédécesseur…

Sortant sur les écrans 15 ans après la folie «  téléréalité », le film n’intéresse plus avec son train de retard. Aujourd’hui considéré à juste titre comme un repère de benêts (et ça vaut pour les deux coté de l’écran), de manipulation médiatique des masses et de scénarisation d’une jeunesse qui n’a rien à dire, cette forme écœurante de divertissement à suffisamment été étudié et mise au devant de la scène pour qu’on se prive d’en remettre une couche. Porté par une intrigue on ne peut plus fade et en absence de réel élément  déclencheur, le film envoie à nos mirettes consternées son manque d’écriture et, une fois n’est pas coutume, une réalisation abusant de plans séquences et de travellings inutiles. Reality n’intéresse pas et nous achève par une bande sonore insupportable, des cris de poissonnier incessants et un bruit environnant contraignant l’auteur de ces lignes à se boucher les oreilles durant la projection ! Un comble…

Ce manichéisme se voit heureusement sauvé par deux éléments salvateurs inattendus. Tout d’abord une distribution formidable portés par des acteurs au diapason, notre héros bien entendu mais aussi ce second rôle d’homme de l’ombre dont la tristesse et l’intelligence transpire à chaque plan. Formidable Nando Paone. Enfin, on soulignera l’évocation de la charité (chrétienne pour le coup) dans un monde de paillettes et de futilité, souvent mis en exergue par des gens qui justement ne possèdent rien. Un début de réflexion tout à l’honneur de l’auteur. Celui ci aurait d’ailleurs surement fait mieux d’en faire le cœur de son récit au lieu de s’intéresser à une thématique déjà descendu depuis plus d’une décennie… Dommage.

Prétentieux, bruyant et presqu’aussi vain qu’un épisode de Loft Story, le film assume son décalage avec la réalité de l’intérêt sociétal. On pouvait attendre bien mieux eu égard au talent de son créateur et on lui souhaite de retrouver l’inspiration. Une page se  tourne sur l’univers clinquant et hypocrite de la téréalité, il reste donc de l’espoir

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :