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KILL THE GRINGO

Après avoir dérobé plus de 2 millions de dollars, un criminel est arrêté par deux flics ripoux à la frontière mexicaine qui s’emparent de son butin et l’envoient dans le village-prison insalubre d’El Pueblito. Entouré de malfrats plus dangereux les uns que les autres, il va devoir survivre, pour s’échapper et récupérer son argent…

Sur le papier : rien à dire. Un retour fracassant d’un Mel Gibson en mode « vener », un toujours formidable Peter Stormare, un réalisateur ayant trainé ses guêtres en tant qu’assistant de Ridley Scott ou Sam Mendes et une sombre histoire de braquage sous le soleil étouffant du Mexique… Voilà qui donne la bave aux lèvres. Mais quid de cette pellicule lorgnant autant vers Tarantino et Rodriguez que vers d’illustres prédécesseurs comme le U-Turn de Stone ou du plus prétentieux  Traffic.

On est tout d’abord un peu désappointé par la surexposition de notre star aux pétages de plombs récurrents… On comprend ensuite, en lisant le dossier de presse, qu’il porte en fait les casquettes d’acteur, de producteur, et de coscénariste… Bon, en somme : on va bouffer du Mel en mode Payback. Passons. Cette  première inquiétude devient pourtant vite évidence à nos yeux : ce n’est pas en salles obscures qu’on pourra jouir du film mais depuis notre canapé… Et oui, même la star de Mad Max à droit à son Direct To Video… Ces désillusions évaporées, tâchons donc  de considérer l’intérêt réel de l’actioneer.
Toujours aussi à l’aise devant une caméra, Gibson nous offre une partition quasi parfaite. Cabotinant mais prenant un plaisir évident, on succombe vite à ses  mimiques impayables et au second degré fort à propos. Donnant le « la » avec brio dans cette pelloche bourrée de références, on est pourtant vite agacé par une voix off aussi inutile qu’exaspérante. Messieurs les cinéastes, les cinéphiles n’ont pas forcément besoin d’explication lorsque l’action se suffit à elle même…

Situant son film dans une prison mexicaine aussi merdique que fascinante (bon sang mais quel bordel !), le réalisateur fait le choix d’un huis clos inattendu et réussit malgré tout à diversifier sa mise en scène. Citant tout le manuel du parfait Tarantino, il manque toutefois d’un peu de personnalité… C’est d’ailleurs, en toute objectivité, le principal reproche que l’on peut faire au long métrage. Violent, peuplé de bad guys tous plus cinglés les uns que les autres et citant l’inévitable vieux baroudeur prenant sous son aile l’enfant maltraité mais débrouillard, le film arrive sans nul doute un peu tard. En effet, malgré toute cette bonne volonté (il reste tout de même une sympathique série B), celui ci ne réussit pas à faire oublier Oz ou les grands films carcéraux et ne va surement pas assez loin dans son décalage.

On saluera, malgré tout, certaines répliques assez fun, un gamin qui crève l’écran, et une scène de fusillade interminable assez impressionnante. C’est peu de chose toutefois eu égard à ce choix homodiégétique inutile, à un climax qui déçoit, et à une seconde intrigue larmoyante totalement débile (on vous laisse apprécier).

On regrettera donc, aux vues du talent de Gibson et du lieu choisi pour citer l’action, une certaine  impression d’amertume. On attendait mieux d’un tel foutoir et l’on se dit que le réalisateur n’est pas forcément aller au bout de son  propos. N’assumant donc pas son statut de polar décalé au pays des tacos, Kill the gringo laisse un goût d’inachevé. On y croit pas une seconde, c’est bien pensant, et on échappe pas à une sempiternelle Happy End … Vous passerez donc, sans doute, un bon moment face aux aventures du gringo. Ne recherchez pourtant ni évolution du septième art, ni second niveau de lecture. C’est calibré et fun, point barre.

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