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Le dernier rempart

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Réalisé par : Kim Jee-Woon
Avec : Arnold Schwarzenegger, Forest Whitaker, Eduardo Noriega
Date de sortie : 23 janvier 2013

Notre avis : Nous ne nous attarderons pas sur les problèmes inhérents au genre (baisses de rythmes d’une poursuite qui s’étale en longueur, sous-exploitation des personnages : Knoxville caricatural), préférant mettre en avant le plaisir ressenti à la fin de la projection. En effet, le sourire basique de s’étouffer sous le soleil du Nouveau Mexique, d’entendre siffler les balles, ou de voir Schwarzenegger donner la correction à des gamins trop prétentieux, ça n’a pas de prix. Ajoutant à cela des mines patibulaire et une réalisation jouissive où le sang coule à flot, pourquoi renier le bonheur, aussi bas du front soit-il ? The Last stand est un chant d’amour au cinéma d’action et à la série B des 80’s, le tout couplé d’une sacrée tarte dans la gueule. Un très bon moment régressif  en somme.

HE’S BACK OU L’ART DE L’HOMMAGE SECOND DEGRÉ

Prétexte commercial, caprice d’une star vieillissante ou melting-pot jouissif d’influences badass, The last stand semble, de prime abord,  être tout cela à la fois. Il suffit toutefois de creuser un peu plus loin et d’écarquiller les yeux pour se laisser enivrer par un plaisir coupable, un retour aux sources, une bonne vieille claque à l’ancienne.
Porté par un casting incroyablement hétéroclite, il est peu dire que les premières impressions laissent la critique circonspecte. Un réalisateur coréen incroyablement doué (auteur du chef d’œuvre J’ai rencontré le diable), un scénariste-réalisateur responsable de la série que tout le monde adule (Homeland), une star sur le retour et icône d’une Amérique qui règle ses problèmes à coups de tartines, difficile de préjuger d’une œuvre hybride finalement aussi assumée que décomplexée.

Tourné dans l’intriguant Nouveau Mexique avec tout ce que cela implique de lieux communs, plans archi rabattus et gueules cassées patibulaires, le film  narre donc les aventures d’un Schwarzy en mode Shérif avec arthrose dans une bourgade paumée. Lorgnant sans vergognes du côté de l’un des plus beaux rôles de son pote Sly (Copland), que nous réserve donc ce Dernier rempart ?

Le bon est une brute et un cinglé

Non content de retrouver l’ex-Governator pas vu en mode « héros » sur un écran depuis Terminator 3 en 2003, force est de constater que l’on se demande ce que peux venir faire notre Schwarzy chéri dans un film qui semble aussi peu subtil que manichéen… Voyez vous donc. Un shérif d’une petite bourgade situé près de la frontière mexicaine (forcément un ancien diamant déchu et déçu par le système coercitif), l’ennemi numéro un en cavale (il faut le rattraper avant qu’il ne parvienne à la frontière), une pin-up aux deux visages, des tronches de méchants à ne plu savoir qu’en faire et un soleil étouffant… Bref, The last stand ne brille pas forcément pas son originalité. C’est pourtant là que se situera tout le plaisir…

Capitalisant sur l’affect du fan de base de gros bras et aux aficionados d’Expendables, le réalisateur prends le temps (et vraiment bien le temps) de poser une intrigue qui tient sur un post-it. Le méchant dealer de drogue nous la joue Les évadés et, après une première bobine dédiée à nous faire comprendre que ce chef de cartel de drogue (Eduardo Noriega) est méchant, violent, très déterminé et impitoyable, le cinéaste switch alors son récit pour mettre en lumière l’ancien interprète de Conan Le Barbare. Saupoudrant alors son intrigue de clins d’oeil à la filmo de l’acteur (taglines, cabotinage, attitude de poseur) et à une forme qui trahit un âge presqu’avancé, le réalisateur s’amuse avec son jouet, trop heureux d’avoir dégoter l’ex M Univers. C’est donc forcément après avoir cité autant Tarantino que Christopher Nolan et ses Batman (si si) que Kim Jee Woon nous entraine dans une course poursuite prétexte à faire défiler autant de tronches attendues (L’inénarrable et toujours incroyable Peter Stormware) qu’un casting de haute volée (Forest Whitaker ou Harry Dean Stanton pour ne citer qu’eux).

Pas forcément inoubliable au niveau de l’écriture, cette simplissime intrigue (baron de la drogue en fuite vers la frontière VS gouvernement américain), possède toutefois un intérêt certain : celui de permettre au spectateur qui a déjà tout compris de la suite de l’aventure de se concentrer sur les images, les gunfights, et les vannes. Alors donc que le fédéral (Whitaker) dépense des fortunes pour poursuivre un dealer qui court trop vite pour lui (Bip Bip Coyote, suivez mon regard), ce dernier a ainsi la malheureuse idée de traverser la ville (Sommerton) de notre Terminator… Mal lui en a pris… Inutile ici de révéler les tenants et aboutissants d’une intrigue cousue de fil blanc, l’intérêt est ailleurs.

Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort 

Des Corvettes, des rotatives, des adjoints du Shérif patauds, des excentriques, des taulards, The last stand est donc tout cela à la fois. Un joyeux bordel qui souffle le choix et le froid (souvent le brûlant), le délire pyrotechnique, les vannes à deux francs, les explosions de testostérones, les méchants mille fois usités ou les révélations qui n’en sont plus depuis la troisième minute…

Le dernier rempart est donc en soit un vrai film de bonhommes. Ressemblant à son auteur, il est aussi fou que génial. Assumant son décalage et sa violence exacerbé (ah les démembrements !), celui ci accorde toutefois la part belle à une réalisation de haute volée magnifiant un propos simple mais pas simpliste. Véritable chant d’amour à tout un pan de l’actionneer et de la série B, The last stand ravira à coups surs les amateurs de l’action décomplexé des 80’s.

Les spectateurs que nous sommes attendent le bain de sang, se frappent sur l’épaule à chaque clin d’oeils, applaudissent à chaque punchlines et pourtant… Et pourtant impossible de nier qu’on prend la retraire de cet ancien flic des stups de L.A très au sérieux et qu’on a hâte de le voir réduire en charpie les espoirs de mercenaires qui ne savent pas encore qu’ils sont déjà morts… Dans un Arizona étouffant, c’est donc l’affrontement final, l’évocation d’un exil volontaire vers un trou perdu, et le vrombissement des moteurs qui ravira le cinéphile de base que nous sommes donc un peu tous

Prouvant à tous que malgré les années, Schwarzy est encore capable de casser quelques côtes, The last stand laisse un gout de retrouvailles avec tout un pan du cinéma d’action des années 80 qui fait vraiment du bien. Assumant son statut d’Entertainment, Kim Jee Woon démontre une nouvelle fois qu’il a de multiples cordes à son arc et qu’il n’a pas fini de nous surprendre. Achevant le spectateur avec le cabotinage attendu de Pet’ Stormware et un Whitaker toujours impliqué, le cinéphile en redemande et applaudit à deux mains.

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