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Evil Dead

 

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Date de sortie : 01 mai 2013
Réalisateur : Fede Alvarez
Acteurs : Jane Levy, Shiloh Fernandez, Lou Taylor Pucci, Jessica Lucas

En proie à des problèmes d’alcool, Mia se rend dans une cabane isolée dans les bois, en compagnie de son frère et d’un groupe d’amis. Sur place, la découverte d’un mystérieux « Livre des Morts » les plonge dans l’horreur.

Rouge sang

Enorme succès (un peu inattendu) depuis sa sortie pour un film de ce calibre (on le rappelle : seulement 17 millions de budget), Evil Dead version 2013 fait mentir tous les pronostics depuis le début du mois chez nos voisins d’Outre-Atlantique. Avec 25 millions de dollars de recettes la première semaine, ce premier long métrage de Fede Alvarez a donc d’ores et déjà réussit son pari commercial, faisant la nique à ses concurrents dont notamment Les Croods, G.I Joe 2 ou la ressortie en 3D du classique Jurassic Park. Surfant sans vergogne sur la vague, non le tsunami de remakes, reboots, préquels et j’en passe auxquels on ne peut échapper depuis une petite décennie, qu’en est-il réellement de cette relecture culotté du classique de Sam Raimi sorti sur nos écrans il y a déjà 30 ans ?

Massacre à la tronçonneuse (à une main)

Audacieuses mais parfois pitoyables, les relectures des VHS horrifiques d’antan sont autant de raisons de mise au piloris des jeunes réalisateurs pour tous les aficionados du gore. Sans pour autant leur jeter la pierre à la vision des incroyablement ratés Paranormal Activity, Amityville, ou The Omen, il arrive de plus en plus souvent qu’une pépite nous fasse mentir. J’en veux pour preuve les réussites incontestables que furent : L’Armée des morts, Halloween, ou plus récemment Maniac. Pour Evil Dead, le cas est un peu différent, tant le film fait valeur de pierre fondatrice et souvent synonyme de premier pas dans le trash horrifico-gore pour tous les fantasticophiles. Difficile donc pour le réalisateur uruguayen de contenter tout ce petit monde… Et pourtant, sans être une éblouissante réussite, son petit film d’horreur avec un grand nom tient plus ou moins la route.

Back in the woods

A l’époque, en 1983, Sam Raimi compensait largement son manque de Pesos par une créativité jouissive. Aujourd’hui bien moins inspiré (voir le très décevant et surtout très moche Le Monde fantastique d’Oz), il semble que le réalisateur d’Un Plan simple ait reniflé la bonne affaire en produisant (avec son pote Bruce « Ash » Campbell) le premier film d’Alvarez, auteur jusqu’ici d’un seul court métrage. Pour autant, force est de constater que sans se départir de son encombrant élément déclencheur, le film fait le boulot et supporte largement la critique. On retrouve donc ici les sempiternels impératifs attendus (bien que différent du survival redneck) à savoir : une cabane dans les bois, des jeunes têtes à claques et un scenario post-it.

Fort heureusement, loin de surfer sur l’insupportable mode des torture porn et autres found footage, Evil Dead apporte son lot de réjouissances : un photo crasseuse magnifique (le choix de la Nouvelle Zélande pour la bicoque), un sujet plus grave qu’à l’accoutumée (pas de beuveries mais une « héroïne » en sevrage) et surtout du sang. Beaucoup de sang. 25 000 litres ! Ainsi, sans apporter une originalité indéniable, cette série B classieuse se délecte grâce à ces savoureux ingrédients. Malheureusement, ce tableau, bien que pétri de bonnes intentions, frôle parfois l’indigestion…

Taillé à la ASH

C’est ainsi qu’une certaine réserve nous oblige à tempérer notre enthousiasme. Nul besoin en effet de porter la pellicule tachée de sang en nouveau porte-étendard du renouveau du cinéma gore. Ne réussissant pas à trouver la bonne partition avec son matériau de base, entre film révérencieux et relecture s’affranchissant des thématiques, le film ne parvient jamais à faire oublier son modèle.  Un score trop grandiloquent (c’est quoi cette idée de mettre des sirènes dans les scènes de tension ?!), un réel manque d’empathie car sans exposition des personnages, ou une interprétation en dent de scie (mauvais choix que ce Shilo Fernandez) font que le film manque d’ampleur (cf le plan de la route barré) et de personnalité. Le cinéaste transpire le bonheur de bosser avec son idole mais cela ne joue pas forcément en sa faveur.

On retiendra malgré tout, sans jouer les mauvaises langues, une dernière bobine totalement jouissive où le cinéaste laisse éclater sa rage pour un climax enfin à la hauteur des attentes. Bien que prétentieux face à son bébé (« La scène finale est la plus gore de tous les temps »), on lui pardonne ses quelques errements face au monument auquel il s’attaque, le remerciant pour ses (trop) nombreux clins d’oeil et ses effets spéciaux à l’ancienne. En somme, un remake qui ne fait pas d’ombre à l’original mais qui ne dénature pas son ambiance en hurlant son amour pour le genre.

Notre avis : Ni aussi jouissif et attendu qu’aurait pu l’être Evil Dead 4, cette relecture habile bien qu’un peu trop révérencieuse n’a pas à rougir du résultat. Un film honnête, sanglant et bien calibré mais dont le manque d’originalité ne font que confirmer les propos du maitre Raimi : « c’était une fantastique histoire de fantôme qui méritait d’être à nouveau portée à l’écran, mais cette fois-ci avec de belles images, des effets visuels de qualité et un excellent son ».

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