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Ordure!

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Réalisé par
Jon S. Baird
Avec James McAvoy, Imogen Poots, Jamie Bell

Le sergent-détective Bruce Robertson veut une promotion et son patron veut des résultats. Pas de problème pour Bruce qui se précipite sur une affaire de meurtre afin d’élucider le crime et décrocher son avancement aux dépends de ses collègues. Mais lorsqu’on est un schizophrène accroc au sexe et à la drogue, les choses se passent rarement comme prévu. 

Le Fight club du pauvre

Disponible dans les bacs depuis le 24 septembre (et oui, même l’excellent James McAvoy a droit à son DTV): « Filth », dans la langue de Shakespeare, est donc la seconde réalisation de Jon S. Baird (metteur en scène de Cass et producteur de Hooligans) et l’adaptation du livre éponyme d’Irvine Welsh : le papa de Trainspotting. C’est d’ailleurs sur ce point que résidera, dès le départ, le souci principal du film. Dépasser un héritage trop lourd, la promo (police ou affiche comprise) misant bien trop là-dessus.

Difficile alors de prime abord d’y voir une quelconque originalité ou de défendre cette œuvre face à tant de cynisme.  Qu’en est il donc réellement de ce nouvel ovni en mode sound system ?

Situant son action du côté des moutons écossais et de l’Union Jack (ça tombe à pic), Barbe Rousse (James McAvoy) est Bruce Robertson. Camé, violent, arriviste et antipathique, ce brigadier tête à claques qui défonce ses collègues pour monter en grade est sans doute le premier élément casse-gueule du film. Autodestructeur et totalement barge, ce dernier ne réussit jamais à provoquer la même tendresse que celle ressentie pour Obi… euh Ewan McGregor dans Trainspotting. Grand frère avoué et franchement singé du film, on s’attends en effet à chaque minute à voir débouler la bande de chômeurs d’Édimbourg. Ainsi, et malgré toutes ses bonnes intentions: Baird n’est pas Danny Boyle, ni dans la frénésie, ni dans l’inventivité, ni (et surtout) dans la caractérisation des personnages (McAvoy est très bon mais jamais au niveau de sa subtilité dans Le dernier roi d’Écosse). En effet, inutile de s’éclater le cerveau pour chercher midi à 14 heures quant à l’intrigue principale du métrage. Bruce veut sa promotion, déglingue ses collègues autant que ses neurones (ça snif, ça picole, ça baise, ça fume, ça ment, ça hallucine et photocopie ses parties génitales…), point barre. Malgré des moments de franche poilade et quelques répliques bien senties (le personnage de Jamie Bell est à pisser de rire), la pellicule tarde à emporter l’adhésion et ne réussit malheureusement jamais à soutenir l’attention. C’est répétitif et déjà vu.

Working Class Zero : Abject salaud ou méprisable pourriture ?

Malgré un premier tiers vraiment prometteur mis à part quelques lourdeurs (Les tocards sont dans la rue, ils boivent, ont des gosses à 14 ans et pas vraiment des tronches de porte-bonheurs), le film ne réussit jamais à dénouer le lien d’avec son illustre prédécesseur et patauge un peu dans la redite. Les visions sont par exemple beaucoup trop nombreuses pour faire mouche et la réalisation elle, trop révérencieuse. Attention, en soi, Ordure ! n’est pas un mauvais film (c’est souvent fun et barge) mais non seulement il arrive 15 ans trop tard mais en plus il n’apporte pas de vrai moments « no limit ». Un peu comme Guy Ritchie qui avec pourtant d’excellentes pelloches comme Revolver et surtout Snatch refait toujours Arnaques, crimes et botanique. On retient donc malgré tout la prestation de James McAvoy (Empire Awards 2014 ou British Independant Film Award pour le rôle) et une bande son aux petits oignions par le surdoué Clint Mansell. Oui, oui celui de l’extraordinaire B.O de The Fountain avec Mogwai ou Requiem for a dream. Citant les Shirelles, David Soul ou Clarence Carter, Mansell tapisse de nuances un univers méprisable bourdonnant de cornemuses et de voix enivrantes. Un vrai plus donc qui donne au twist final une toute autre ampleur et laisse un goût amer dans la bouche. Celui de se dire « Putain c’était cool mais ça aurait vraiment pu être mortel ! ».

Policier paumé depuis le départ de sa famille qui n’a pas supporté ses excès et enquêtant sur le meurtre prétexte d’un jeune étudiant asiatique, on apprécie enfin un minimum de réflexion du côté de l’écriture, le film se rapprochant plus in fine d’un Bad Lieutenant que d’un trop complaisant Loup de Wall Street. Un dernier tiers donc qui sauve vraiment le film et nous met une petite claque derrière l’oreille en mode « alors tu l’as pas vu venir celle là ? ». Et c’est vrai qu’aussi classique que ce soit, on ne l’a pas vu venir. Gentiment politiquement incorrect, Ordure ! ne mérite donc pas son statut de direct to vidéo et méritait tout de même une vie en salles. Sans pouvoir prétendre à la même carrière ni au culte d’un Transpotting, plongée furax mais en roue libre dans une psyché sous acide, vous pouvez en tout cas vous laissez aller à quelques dialogues fleuries pour un spectacle tragique décalé et somme toute vraiment sympathique.

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