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DISCOPATH

1Dans les années 1970, un jeune New-yorkais sans histoire se métamorphose en meurtrier lorsqu’il est exposé aux sonorités particulières d’une toute nouvelle musique : le disco. Incapable de contenir ses pulsions meurtrières, Duane Lewis devient malgré lui un dangereux serial killer en exil à Montréal.

Malgré des conditions de projections « particulières » (à savoir une lonnnnnngue présentation de la nouvelle plateforme de distribution vidéo PCKP VOD) dans l’inoubliable salle de projo du Brady ( 50 places à tout casser dans une ambiance 70’s fort à propos), c’est sacrément intrigués que nous nous sommes rendus à l’avant première du bien nommé : Discopath! Avouons sans sourciller que le pitch à lui seul vaut son pesant de cacahuètes. Mélange habile de slasher et de comédie décomplexé lorgnant autant du côté du Maniac de Lustig que du récent L’Étrange couleur des larmes de ton corps, l’hommage avoué du réalisateur canadien tenait autant du pari casse-gueule que de la promesse d’une vraie pépite. Et autant le dire de suite, rien de nouveau sous le soleil… Mi-figue, mi-raisin : le film ne convainc jamais malgré toutes nos espérances face à ce taré qui défonce des crânes à l’écoute de Chic ou Boney M.

SHAKE ! SHAKE ! SHAKE !

Enthousiasmant et sacrément jouissif dès les premières minutes (la reconstitution de l’époque est vraiment crédible), le film en promet dès sa première bobine. Et force est de constater que le metteur en scène est loin d’être un manchot. Travelling, plans de grue, mise en abyme, montage frénétique ou caméra qui tourbillonne, le cinéaste (avec l’excès de la fébrilité d’un premier long qui veut tout) impose sa maestria avec la délicatesse d’un minotaure. Mais loin d’être indigeste ou inutilement virtuose, la mise en scène fonctionne. On tombe donc petit à petit avec délectation et sans retenue dans cette enthousiasmante juxtaposition de scénettes en espérant que le réal réussira in fine à nous surprendre. Premier hic. Totalement barge au premier degré, le film oscille malheureusement constamment entre comédie burlesque assumée (les deux poufs du dortoir, l’inoubliable disco canadien, la surveillante, les inspecteurs…) et des montées de violence bien trop rares. A l’instar d’un Severance ou un Bienvenue au cottage, le film aurait (en sus de son décorum 70’s matière à tous les délires) gagner en épaisseur à faire exploser ses excès ! Plus de vannes, plus de sang, plus de nichons, plus de rouflaquettes et plus de disco !! On reste en effet invariablement sur sa faim et c’est là une vraie frustration. En 75 le film aurait vraiment été un ovni mais en 2015, après Black Sheep ou les films de Dupieux, c’est simplement un sympathique délire cinéphage pour samedi entre potes. Ironique, grotesque et potache, le film est donc dans la forme (autoproduit !) une vraie réussite. Tout semble avoir été réfléchi, du chef-op aux fringues, de la com. à la jaquette VHS. Mais au-delà d’un produit et d’une idée bandante, le film ne tient tout simplement pas ses promesses.

ROLLERS, MINIS SHORTS ET PELLES A TARTE

C’est donc sur ce point précis que le film du canadien se prends les pieds dans le plat (à tarte)… A trop privilégier sa forme, la team a oublié les tables rondes. On s’attendait en effet (et à raison) à une avalanche de meurtres inventifs et craspec en mode Itchy et Scartchy au pays des Bee Gees ! Et quelle déception… La musique elle-même (le film est pourtant vendu là-dessus) en devient accessoire… Et que dire de l’explication de la déviance du serial killer complètement raté (pour un acteur bon sans plus). Si on a les nerfs aujourd’hui c’est donc qu’avec un pitch pareil on s’attendait à trouver là le nouveau sujet de discussion cinéphile des fins de soirées embrumées… Dommage car aux vues des qualités de mise en scène, quelques semaines d’écritures supplémentaires auraient sans nul doute donné au film un statut de direct-to-vidéo culte. Des clins d’œil aux œuvres dont il s’inspire plus présents, des meurtres plus nombreux et plus inventifs, des délires sans retenue, des personnages intéressants ou une B.O BEAUCOUP plus entrainante : voilà quelques unes des recettes qui manque de peu d’établir Discopath comme le nouveau fer de lance de la série b.

Kitch et formellement inattaquable Discopath rate de peu le statut de petit classique instantané. Sa préciosité excessive et son tueur transparent en sont les plus incontestables défauts. On remerciera malgré tout Renaud Gauthier pour sa prise de risque et son génie pour l’utilisation de son budget riquiqui (quel ingé son !). Une écriture des personnages épaisse et dense, un poil d’orgueil en moins dans la mise en scène (ou plutôt de retenue), un fil du récit plus imprévisible et quelques twists en rab et nous reparlerons à coups sûr de ce petit génie. En l’état, nous retiendrons quelques sublimes plans (la piste de danse, le stroboscope…), une direction photo qui force le respect et on balancera aux oubliettes une enquête bancale et ce Duane un peu balourd. Un bon moment en somme mais au goût d’inachevé.

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