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Dracula untold

Dracula Untold Affiche

Genre : Fantastique-Épouvante
Réalisé par Gary Shore
Avec : Luke Evans, Sarah Gadon, Dominic Cooper, Samantha Barks
Musique de Ramin Djawadi
Durée : 92 min

Synopsis :
L’histoire débute en 1462. La Transylvanie vit une période de calme relatif sous le règne du prince Vlad III de Valachie et de son épouse bien-aimée Mirena. Ensemble, ils ont négocié la paix et la protection de leur peuple avec le puissant Empire ottoman dont la domination ne cesse de s’étendre en Europe de l’Est. Mais quand le sultan Mehmet II demande que 1000 jeunes hommes de Valachie, dont le propre fils de Vlad, Ingeras, soient arrachés à leur famille pour venir grossir les rangs de l’armée turque, le prince doit faire un choix : abandonner son fils au sultan, comme son père l’a fait avant lui, ou faire appel à une créature obscure pour combattre les Turcs et par là même assujettir son âme à la servitude éternelle. Vlad se rend au pic de la Dent Brisée où il rencontre un abject démon et conclut un accord faustien avec lui : il acquerra la force de 100 hommes, la rapidité d’une étoile filante et les pouvoirs nécessaires pour anéantir ses ennemis, en l’échange de quoi, il sera accablé d’une insatiable soif de sang humain. S’il parvient à y résister pendant trois jours, Vlad redeviendra lui-même, et sera à même de continuer à protéger et gouverner son peuple, mais s’il cède à la tentation, il entrera le monde des ténèbres pour le restant de ses jours, condamné à se nourrir de sang humain et à perdre et détruire tout ce et ceux qui lui sont chers.

J’ai les crocs…Limés

Avec son air de prépubère à peine sorti de l’école de cinéma, le metteur en scène Gary Shore réussit pourtant à se doter pour son premier long métrage d’un budget confortable de 100 millions de dollars. Mythe horrifique mille fois exploité sur grand écran et avec plus au moins de réussite : le vampire au cinéma (Morse, Nosferatu, 30 jours de nuits, Vampires de Carpenter ou Vampire Hunter D pour les plus belles…), de Priest à Vampire lesbos en passant par Thirst ou Van Helsing semble aujourd’hui se draper sous les oripeux d’une rock-star. Qu’en est-il donc de cette nouvelle mouture du Prince des ténèbres version « Fuck you all, we‘re Hollywood ! »

Adaptation libre de l’histoire (tout comme le fit Bram Stoker pour son roman) de Vlad Tepes : dit « L’Empaleur », pour devenir ici Dracula (une sorte de relecture des origines du mythe liant réalité historique et fiction fantastique), Dracula untold narre donc les aventures de cette figure connue de tous sous les traits du souvent convainquant Luke Evans. Celui même qui vole la vedette à tout le monde dans Le Hobbit. Pour contrer l’envahisseur turc et protéger les siens, notre héros, loin du gothique et du désespoir du Dracula de Coppola, vend son âme à des forces obscures (excellent Charles Dance come d’habitude). Point de nihilisme ici (cf la fin…), de quête vengeresse, ou d’exploration visuelle à la lumière blafarde des classiques de la Hammer, c’est le simple sacrifice d’un chef/père/mari/guerrier/combattant/guide qui se retrouve au cœur du récit. Larmoyant, Grand-Guignol (dans le mauvais sens du terme) et surtout hyper caricatural (les turcs par exemple), le film, autant le dire de suite ne souffre d’aucune personnalité.

La soif de nouveautés

Alors que des tueries comme Morse ou la série Hellsing tâchent à leur manière d’apporter leur vision d’un archétype archi-rabattu, le rejeton d’Universal se contente ici de citer tous les clichés et poncifs du cinéma fantastique de maman. De 300 (travelling sur rail) à la trilogie de Nolan (la chute libre) en passant par Le Seigneur des anneaux (euh tous les plans ?) ou la série Game of thrones pour les scènes d’intérieur, le métrage, il faut bien l’avouer, bouffe à tous les râteliers. Malgré la meilleur volonté du monde de Luke Evans et de la production (mais qu’est ce que c’est que ce budget !!), le film n’a visiblement pas compris que Tout ou presque a déjà été fait sur le sujet. Alors malgré son postulat ‘à la recherche des origines’ drôlement original lui aussi, impossible de ne pas pester devant des erreurs de débutant. Privilégier la forme (les effets spéciaux sont tellement visibles que l’équipe a dû s’endormir sur la table d’étalonnage), un méchant qui manque d’ampleur, un héros sans aspérité (en 2015 ça le fait pas), ou une romance mielleuse… Autant de mauvais choix qui font que ce Dracula untold n’apporte rien, ni au mythe, ni au septième art. Sans saveur et malgré une ambiance sonore parfois scotchante, on reste de marbre une fois le générique de fin sous nos yeux…

Série B non assumée qui manque singulièrement d’inspiration et surtout d’humilité (arrêtez de pousser l’ampli jusqu’à 11 et molo avec les filtres !), le film réussit à nous faire regretter Luke Evans… Ni gothique comme espéré, ni surprenant, décomplexé et encore moins sanguinaire, Dracula untold se voit destiner une carrière de bac à soldes pour un gâchis à 100 millions de dollars. Table ronde, auteurs (des vrais) et une vision avant-gardiste nous semble, en toute humilité, une judicieuse suggestion. Rematez plutôt Blade 2 !

Interactivité : On entame les festivités avec les légendaires et insupportables menus des blu-ray Universal. Passons. Dans le premier bonus : Luke Evans, créer une légende, une présentation convenue de l’histoire, des personnages en mode making-off ne suscite pas forcément l’intérêt malgré tous les efforts de l’acteur, en mode gendre idéal, souriant, disponible et comme toujours, dithyrambique. Re-passons. 6 scènes coupées avec ou sans commentaires réussissent à peine à réveiller le spectateur en se penchant sur le choix de rythme ou les ceux implacables des studios. Dommage toutefois que la scène de la sorcière ait été coupée. Dans Un jour dans la vie de Luke Evans (inutile d’expliquer le titre) on suit sans grand intérêt le ténébreux dans sa caravane, au maquillage ou dans la préparation des combats (4 mois de taf pour LA scène !? S’agirait de mieux optimiser votre temps les gars !). Autant vous dire que les remarques constructives de la costumière, on s’en bat les noisettes. Dans Dracula revient : on sursaute un peu au début pensant assister à de passionnantes révélations sur l’histoire de Vlad, le passif de la géopolitique de la Roumanie actuelle ou l’enrôlement des enfants soldats. N’ayant que pour seul but que d’effleurer son sujet en appuyant lourdement sur le parallèle avec le peuple juif (destin, retour en terre natale, adoption…), on est vite désappointé de passer du Dessous des cartes du pauvre au mix entre Stoker, 300 et Exodus. 1000 victimes revient sur le combat des 1000 en 8 étapes. Enfin Le Monde de Dracula à l’habillage ultra cheap dresse une carte de La Roumanie en 1462 sur 4 lieux précis, eux-mêmes porteur de divers featurettes, photos de tournages ou interviews… Seuls les dessins préparatoires valent le coup d’œil. Pour un film possédant le même budget que la trilogie du Seigneur des anneaux (qu’il tente de copier grossièrement et jusqu’à l’écœurement dans chaque plan du film), les bonus font doucement sourire quand on se souvient des 6 galettes des éditions longues.

Liste des bonus : Luke Evans, créer une légende / Ouvertures alternatives (pas d’accès) / Commentaires audio du réalisateur et du chef décorateur / 6 scènes coupées / Un jour dans la vie de Luke Evans / Dracula revient / 1000 victimes / Le monde de Dracula

BONUS AHAHAHA !

DVDFR : Quel genre de home-cinémaniaque êtes-vous ?
GARY SHORE : Une grosse quantité des Blu-ray que j’achète provient de la collection Criterion. Ne serait-ce que parce qu’ils sont les seuls à dénicher de tels films du patrimoine et à apporter une qualité de restauration et de préservation.

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