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LES BOXTROLLS

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Genre : Aventure, Famille, Animation, Fantastique
Réalisateur : Graham Annable, Anthony Stacchi
Acteurs : Isaac Hempstead-Wright, Elle Fanning, Ben Kingsley
Musique : Dario Marianelli
Durée : 97 min
Editeur/distrib. : Universal Pictures International France
Date de sortie : 15 octobre 2014 / 03 février 2015
Site officiel : http://www.universalpictures.fr/film/les-boxtrolls

Synopsis :
En-dessous de la ville de Cheesebridge, où le fromage a plus de valeur que l’or, se cachent d’étranges créatures vêtues de cartons recyclés qui vivent dans les égouts, et qui en sortent la nuit pour récupérer des objets en tout genre : les Boxtrolls. Les habitants sont apeurés par ces créatures. Une nuit, pour une obscure raison, ils recueillent Eggs, un petit garçon. Accusés d’avoir enlevé et dévoré ce bébé, ainsi que de vouloir s’en prendre aux fromages, tous les habitants en ont peur et doivent respecter un couvre-feu la nuit, dans le but de laisser le dératiseur Archibald Trappenard s’en occuper, espérant ainsi obtenir le respect de tous les habitants de la ville et obtenir de lord Belle Raclette, un chapeau blanc, qui permet d’assister au conseil. Dix ans plus tard, Eggs a été élevé par les trolls. Tous se font capturer par Archibald, et au moment où il va recevoir le chapeau blanc en récompense, sa machination est révélée aux habitants : Eggs n’a pas été enlevé mais confié aux trolls par son père, pour le mettre à l’abri des menaces d’Archibald. En effet, celui-ci voulait l’obliger à construire une machine pour chasser les trolls, ce que l’inventeur refusait parce qu’il s’était rendu compte que les trolls n’étaient pas une menace, mais des inventeurs comme lui. Finalement, les trolls sont acceptés par les humains. Archibald, allergique au fromage, explose en mangeant le fromage le plus goûteux du monde.

TOC / TOQUE

Après Coraline (un chef d’œuvre), et L’Étrange pouvoir de Norman (un très bon film), l’excellent studio d’animation spécialisé dans la Stop Motion: Laika nous revient donc avec un projet tout aussi ambitieux, et à l’aspect artisanal sacrément engageant : Les Boxtrolls. Société disparate basée sur la consommation excessive et vénérée de fromage où se mêlent décors de carton-pâte, créatures étranges et sociétés secrètes, c’est la bave aux lèvres qu’on se laisse volontiers happé par ce qui semble en devenir une nouvelle claque visuelle, technique et artistique… Et bien, autant vous l’avouer, rien de cela malheureusement… Si visuellement le film ressemble à un vrai cabinet des curiosités (regardez vraiment les arrières plans, c’est bourré de surprises !), oscillant constamment entre l’Angleterre fin 19ème (rassurez vous, on est loin de Ripper Street) ou des titres récents comme Le Magasin des suicides de Patrices Leconte ou le jeu Machinarium, le film souffre d’un vrai manque de personnalité. A l’évidence, et malgré toute la maitrise des équipes techniques, là ou des titres comme Numéro 9 imposaient d’entrée leurs univers : Les Boxtrolls se contente de citer la plupart des poncifs du genre (échelle tordue, bric à brac de récupération ou détournement de l’usage premier des objets). Ajoutant à cela un manque flagrant d’écriture, on a toutes les peines du monde à s’intéresser à nos héros. Quelle est l’histoire de ce monde fantasmé? D’où vient cette passion du fromage? Qui sont les Boxtrolls? Pourquoi ces chapeaux… Nous pourrions continuer comme cela ad vitam aeternam. Et malheureusement ce n’est pas tout.

UN BRIC A BRAC FAIT DE BRELOQUES, DE BRIQUES ET DE BROC

Confus et ennuyeux à mourir dans sa première moitié (c’est long…), le métrage se réveille à partir de la scène de l’évasion. Il était temps, d’autant que les plans forcés pour la 3D (oui, on a compris, ça fonce sur la caméra et ça déboule comme dans Indiana Jones) ou les cliffangers gros comme ça dégringolent vers l’évidence que même un bambin de cinq ans peut deviner la suite (le père, la cantatrice, les kidnappings…). Dommage quand on sait que certaines surprises (à la District 9 suivez mon regard) ou un certain second degré (les réflexions des hommes de main) sont sacrément jouissives. Tout droit sorti de l’imagination du dessinateur anglais Alan Snow dans son roman d’aventures fantastiques « Les Chroniques de Pont-aux-Rats (Here Be Monsters) », il y avait sans doute mieux à faire aux vues du casting de doublage impressionnant ou de la patience infinie des équipes de tournage (deux ans de travail), totalement dévoués à ce monde miniature qu’on peste de ne pas encenser…

Techniquement bluffant et déclaration d’amour aux enfants de Ray Harryhausen (Burton est souvent cité), sans être forcément destiné aux plus jeunes car prisme de réflexion aux directions multiples (racisme, capitalisme, intolérance, manipulation politique…) : Les Boxtrolls se pose en l’état comme une magnifique et frustrante coquille, remplies d’espoirs déçus, la faute à ce vernis devenu prétexte. Malgré une vie internationale bluffante (nominations aux Oscars, aux Golden Globes, à la Mostra etc.) et toute sa bonne volonté, le film ne parvient donc jamais à dépasser son statut de démo technique, ayant fait le choix de sacrifier son histoire (c’est pourtant là tout l’intérêt du septième art) sur l’autel du dieu technique. Là ou Coraline avait autant subjugué les parents qu’hypnotisé les enfants, notamment grâce à ses nombreux niveaux de lecture et un fantasme pelliculé envoutant, le dernier rejeton de Laika risque de plonger dans les bras de Morphée les bouts de choux, et dans ceux du Sandman de Gaiman, les plus grands (facile).

Burlesque, plutôt inventif dans sa dernière partie et esthétiquement inattaquable, Les Boxtrolls pêche in fine par son manque de prise de risque, l’absence d’empathie pour ses principaux protagonistes et un humour quasi absent. Un conte d’apprentissage poétique qui laisse un gout d’inachevé mais qui possède au moins l’intérêt de ne jamais tomber dans le racoleur ou le bas de plafond. L’honneur est sauf et l’on croise les doigts pour un second volet décomplexé et profond.

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