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AMERICAN MARY

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Genre : Thriller, Épouvante, Horreur
Réalisateur : Jen Soska, Sylvia Soska
Acteurs : Katharine Isabelle, Antonio Cupo, Tristan Risk
Musique : Peter Allen
Durée : 102 min
Image : 16/9 anamorphique, 2.35:1
Son : Anglais 5.1, Anglais 2.0
S-T : Français
Editeur/distrib. : Industry Works Photos / Sushi Typhoon Élysées Edition
Date de sortie : 3 mars 2015

Film : 2.5
Technique : 2.5
Interactivité : 0

Synopsis : Cherchant à se faire un peu d’argent pour payer ses études de médecine, la jeune Mary est engagée dans une boîte de massage, mais ce sont plutôt ses talents de chirurgienne qui attirent l’attention de son employeur. Elle accepte d’abord de soigner un homme torturé par les gros bras du salon, avant d’opérer quelques freaks habitués qui cherchent les sensations extrêmes en modifiant leurs corps. Un pacte de sang qui va l’entrainer dans une spirale de violence de plus en plus extrême et insupportable.

Ça va trancher chérie

Mis en scène par les Sisko Sisters (The ABCs of Death 2, See no evil 2), ce DTV à la réputation plus que flatteuse arrive donc dans nos contrées avec l’aura d’un mot à la bouche dithyrambique… Sublimé par une actrice principale ex-phantasme Emo à l’époque de Ginger snaps, ce petit bout de pellicule à faire frémir tous les festoches bis mérite t’il donc cette auréole sacralisant immédiatement les deux frangines ? Sorte de cabinet des curiosités où se mêlent monstres de foires et descente aux enfers dans les délires plastiques de la chirurgie esthétique, American Mary ne se résumerait il pas in fin à une partie fine entre un gros pervers au machisme exacerbé et une porte étendard féministe perchée du bulbe?

Doté d’une photo et d’une réalisation soignée (malgré un fulgurant manque de personnalité), et bien aidé il est vrai par la plastique d’une héroïne surexposée, ce défilé de tronche défigurées, de Barbies en os asexuées plonge tête la première le spectateur dans ses propres déjections. Délire d’une jeunesse qui n’a de repères que par le prisme des médias, du succès ou de l’épaisseur du compte en banque, le film déverse sa vision impitoyable du marché noir de la chirurgie, des opérations clandestines et des pratiques hardcore. Au-delà du postulat en carton qui entame le métrage (une ado amoureuse de son prof se fait avoir par le grand méchant loup), le film a le mérite (enfin c’est ce que l’on crois) de nous faire trébucher lors des différents face à face avec des pratiques sacrements éprouvantes : implants, suspensions, ablation des parties génitales… Ça c’est sûr que c’est tout de même autre chose que le climax de 50 nuances de Grey et ses 5 pauvres claquos sur les fesses…

La mauvaise fille à emmerder

Prix du public au troisième Samain du cinéma fantastique, ce rape and revenge qui tente maladroitement de singer le 8mm de Schumacher pêche à l’évidence par son manque d’écriture. Aucune justification quant aux origines psychiatriques d’une étudiante complètement barge et à son basculement dans ces pratiques extrêmes, aucune originalité non plus pour essayer de dépasser les sempiternels images d’Épinal du glauque et du malaise (saccades, sons saturés, sous sol d’un bar de strip, brume, sexe…). Ce manque d’empathie pour les bourreaux autant que pour les victimes empêchent alors toute identification et malgré les efforts (plastiques) du duo, ne parvient jamais à dépasser le stade de catalogue des pratiques SM et transformistes. Dommage car ce milieu underground peu connu mériterait une plongée dense, documentée et sans esbroufe.

En l’état et malgré la partition honorable de la jolie Katharine Isabelle, American Mary ne mérite pas ce statut de petit classique et la survente de son côté gore et/ou glauque. Bien que la découverte de la suspension vaut son pesant de cacahuètes, c’est surtout le Grand Guignol trop rare et un troisième degré (involontaire ou pas) qui dérive de cette jolie série B. Loin d’être une bouse esthétique et thématique, le long des deux sœurs aurait gagné à aller plus loin dans son propos et son voyage dans les déviances, qu’elles soient physiques, psychologiques ou sexuelles. Drapé sous les oripeaux d’un discours féministe complètement décomplexé, American Mary a au moins le mérite de ne pas tomber dans le voyeurisme ou la pornographie inutile.

Plus intéressant qu’un Human centipède et moins racoleur qu’un Hostel, on espère que le prochain essai des sœurs Soska bénéficiera d’une écriture encore plus soutenue afin de démontrer aux yeux du (nombreux) public bis mondial qu’est sont là pour durer.

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