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HOMELAND SAISON 4

1

HOMELAND – USA – 2015

Genre : Action, Thriller
Réalisateurs : Lesli Linka Glitter, Keith Gordon, Michael Offer…
Acteurs : Claire Danes, Mandy Patinkin, Rupert Friend, Tracy Letts…
Musique : Sean Callery
Durée : 604 min
Image : 1.78 / HD 1080p (AVC) / 16/9
Son : FRANÇAIS DTS 5.1 / ANGLAIS DTS-HD MASTER AUDIO 5.1
S-T : Français, anglais pour malentendants, danois, néerlandais, finnois, norvégien, suédois
Editeur/distrib. : 20th Century Fox, Fox Pathé Europa
Date de sortie : 22 avril 2015

Synopsis : Plusieurs mois se sont écoulés depuis les événements tragiques qui ont conduit Carrie Mathison à se retrouver seule. Désormais mère d’une petite fille restée au pays, la jeune femme dirige une cellule de la CIA, à Islamabad, où elle supervise des frappes de drones sur des zones occupées par des terroristes. Le dernier bombardement en date, planifié d’après des informations confirmant la présence sur-place d’un chef taliban, aboutit à un terrible incident, qui coûte la vie à plusieurs innocents. Un fiasco retentissant qui déclenche une vive colère parmi la population, et remet en cause le bien fondé de l’intervention américaine au Moyen-Orient. Pris dans la tourmente, devant gérer à la fois sa vie professionnelle et ses conséquences, mais aussi sa vie familiale, qu’elle néglige, Carrie doit faire face à une situation de plus en plus inextricable…

Hatufim

28 nominations (entre autres à Deauville ou au Festival de Monte-Carlo), 17 prix dont l’Emmy de la meilleure série dramatique, le Gloden Globes de la meilleure actrice pour Claire Danes, ou encore le Directors Guild of America Awards 2015 du meilleur réalisateur, n’en jetez plus : Homeland est encore aujourd’hui un véritable phénomène. Après trois saisons en dents de scie, éprouvantes et un final dévastateur, c’est bien la bave aux lèvres que l’on se précipite à la découverte de cette nouvelle saison, circonspect il est vrai sur la pirouette attendu pour relancer l’intrigue après autant de montagnes russes émotionnelles. Lorgnant à l’évidence et sans aucune subtilité vers les divers ingrédients qui ont fait de 24 heures chrono l’une des séries les plus regardées de son temps, Homeland saison 4 décide donc, suite à la mort de son personnage principal Brody, de mettre par exemple au placard, les trop nombreux drames familiaux. Privilégiant ainsi les combines multiples de la CIA, la perte de repères progressive de son héroïne toujours aussi déchirée de l’intérieur ou en mettant en avant les nombreux mécanismes de l’espionnage, du soupçon ou du twist : le show se veut visiblement assumer une écriture exigeante.

Bercées dans une ambiance sonore toujours aussi soignée, aux teintes jazzy et orientales hypnotisantes ou par une direction photo tantôt blafarde, tantôt ocre, voire étouffante : les premières minutes rassurent d’entrée quant au soin apporté à cette nouvelle saison. On se souvient par exemple de ces écharpes de lumières déchirant la pénombre avec énormément d’élégance… Jonglant avec le même brio sur des thématiques aussi diverses que le mariage, la dépendance, l’alcoolisme ou la culpabilité (notamment, comme dans la première saison, sur le meurtre de civils), la série ne prends pas de gants et n’épargne pas son spectateur. On vous laisse ainsi découvrir par vous-même l’insupportable et terrifiante scène du bain… Ajoutant à cela une interprétation de haut vol (le personnage de l’étudiant est toujours crédible et Saul est au top) ou une mise en abyme des délires de Carrie imaginative, il semble bien dès les premiers instants que la série va réussir son pari. Après une attaque de drone qui a mal tourné, Carrie, Saul et l’excellent Quinn (sorte de mix entre Jack Bauer et Jason Bourne) repartent en mission au Pakistan. Malgré ces grosses ficelles, la série parvient toutefois à se réinventer, en partie. Enjeux, lieux, personnages, immersion ou danger permanent, Homeland saison 4 fait de son mieux pour baffer sans coups férir un spectateur malheureusement déjà rompu à l’exercice. Et c’est là que le principal reproche à faire à cette entame pointe le bout de son nez. On s’ennuie. Et ferme… Il vous faudra ainsi vous armer de patience et atteindre l’épisode 6 pour enfin vous réveiller de la somnolence qui vous guète et retrouver un minimum d’intérêt. 6 épisodes sur 12, c’est beaucoup… Manque d’envergure, de plans en extérieur, de personnages multiples et complexes… La série parvient heureusement à se mettre un coup de pied aux fesses dans sa seconde partie. Ce problème de rythme ne sera d’ailleurs pas le seul grief opposé à la série. Le souci d’identification immédiat (avouons qu’en situant l’action au Pakistan, les scénaristes ont pris un gros risque), leur vaudra ainsi les foudres des autorités pakistanaises. Soutien du chef taliban par le gouvernement alors que le pays est la cible d’attaques talibanes (dont une école à Peshawar qui a couté la vie de 141 personnes dont 132 élèves), voila ce qui s’appelle mettre les pieds dans le plat.

« Calomnier un pays partenaire et proche allié des États-Unis fait du tort à la sécurité et au peuple américain », avertit Nadeem Hotiana, porte-parole de l’ambassade pakistanaise à Washington et cité par le New York Post. Zone de guerre, bombardements cadavres éparpillés… Un véritable enfer sur terre qui, d’après les indigènes, manque cruellement de recherche et d’érudition. Fermons la parenthèse.

La Géopolitique du pauvre ou la maternité lugubre

Si la série Hatufim, de Gideon Raff, raconte le retour à la maison mouvementé de deux soldats israéliens faits prisonniers au Liban, et libérés après dix-sept ans de captivité est plus proche du drame familiale que la série de Howard Gordon et Alex Gansa, impossible de nier un certain respect voir une révérence dans le travail des américains. Explosion inattendue du récit en milieu de show, whodunit, enlèvement, séquestration ou certaines séquences inoubliables en ville, la série a le mérite de ne pas épargner les souvenirs cicatrisants du peuple américain. Faisant face au terrorisme ou via l’efficace mise en situation de la vie d’otage, Homeland n’a peur ni de choquer, ni de surprendre ses aficionados en se brisant la colonne vertébrale. Exit Brody et les banlieues épineuses, c’est par une partie de poker menteur entre TOUS les protagonistes ou s’entrechoquent sexe, immoralité, transgression et secondes intrigues délectables que le programme prend toute son ampleur. Malgré une crédibilité douteuse (cf. Dennis Boyd), voilà autant de raisons de se réjouir de cette remise en question politiquement incorrecte mais au combien salvatrice. Carrie est toujours aussi tête à claques mais joue sur un nuage, Saul est enfin sur le terrain, Quinn éclipse tout le monde et Nazanin Boniadi est encore plus belle que dans nos souvenirs.

On aurait simplement apprécié se prendre les scènes de l’ambassade ou les délires psychiques de Carrie dans la tronche un peu plus tôt dans la série… Une fois n’est pas coutume, vous n’aurez aucun mal a suivre les quelques intrigues habillant cette quatrième saison. Rassurez vous, pas d’envie suicidaire ici comme a la vision d’un Syriana par exemple. Ceci étant, la progression effective du récit fait petit à petit oublier la distance médiatique du prisme de l’écran, et l’on perd vite ses repères entre le blu-ray inséré dans la platine et la boucle des infos télé. Le discours entendu, les images de propagande et la douleur transmise deviennent ici palpables. Reste a savoir si le parallèle avec la réalité est une vérité en soi ou si la manipulation de certains médias mondiaux n’a pas à rougir face a la malice des scénaristes. Mais ceci est un autre débat…in fine, en recentrant son récit sur les problématiques géopolitiques définies des États-Unis (terrorisme, propagande, violence, enlèvements, utilisation des médias et financement occulte), le show a réussi a se réinventer (au moins en partie) malgré un vrai manque d’originalité. Plus subtils qu’a l’accoutumé, chaque personnage, de Saul à Carrie en passant par Quinn ou les « méchants » doutent. Personne n’est épargné, l’on ressasse ad vitam aeternam les (mauvais) choix et le désespoir est grandissant. Pour Saul, la fin justifie les moyens, Carrie est la pire mère du monde et un concentré d’égoïsme, Quinn est froid et sans pitié… Homeland saison 4 devrait donc satisfaire ceux qui doutaient de sa pertinence, pour peu que vous surviviez au 6 premiers épisodes.

Relecture courageuse et virage à 2000 degrés de sa génétique scénaristique, road trip éprouvant entre bipolarité omniprésente et traumatisme post 11 septembre, ce théâtre du cynisme (même si l’on doute de la pertinence de la caractérisation du Pakistan) a le mérite de se mettre en danger. La boucle est bouclée, le fond et la forme s’entremêlent. Un cabinet des curiosités qui mérite le détour et que l’on vous décrit avec la plus grande prudence, l’écriture de son intrigue demeurant l’intérêt principal de votre abandon.

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