Poster un commentaire

TALE OF TALES

1

Il Racconto dei Racconti – Italie /France – 2015

Genre : Fantastique
Réalisateur : Matteo Garrone
Acteurs : Salma Hayek, Vincent Cassel, Toby Jones
Musique : Alexandre Desplat
Durée : 2h13min
Editeur/distrib. : Le Pacte
Date de sortie : 01/07/2015
Site officiel : http://www.le-pacte.com
Film : 2/5

Synopsis : Il était une fois trois royaumes voisins où dans de merveilleux châteaux régnaient rois et reines, princes et princesses : un roi fornicateur et libertin, un autre captivé par un étrange animal, une reine obsédée par son désir d’enfant… Sorciers et fées, monstres redoutables, ogre et vieilles lavandières, saltimbanques et courtisans sont les héros de cette libre interprétation des célèbres contes de Giambattista Basile.

ÉMERVEILLEMENT ENCHANTEUR

Après l’excellent Gomorra, vint le pire film de 2012 : Reality. C’est donc avec la plus grand prudence que nous attendions l’expérience Tale of tales de Matteo Garrone. Basé sur Lo cunto de li cunti (Le conte des contes ou Le divertissement des petits enfants), les contes fondateurs de Giambattista Basile, le film s’appuie donc sur un véritable mythe fantastique, ayant notamment inspiré les frères Grimm ou Charles Perrault. Triptyque (dans le vrai sens du terme) fantasmé où se mêlent une mère consumée par son désir de maternité (Salma Hayek), un roi priapique obsédé par les courbes féminines (Vincent Cassel) ou un second souverain en tenant une sacrée couche et qui peine à marier sa fille, le film a, sur le papier, tous les ingrédients pour provoquer l’abandon et l’émerveillement. Porté par un score superbe et une direction photo inattaquable (le seul véritable atout du métrage), Tale of tales hypnotise dès les premières secondes. Visuellement, on n’a pas vu autant de soin apporté à une succession de plans depuis Tarsem. Même si l’on est loin d’égaler le génie du réalisateur indien, force est de constater que le nouvel opus du metteur en scène transpire l’amour et la précaution. Certaines peintures dantesques restent longtemps imprimées sur la rétine (Salma Hayek dévorant un cœur sanglant souillant ainsi le blanc immaculé qui l’entoure) et la variété des environnements est enchanteresse. Du château à la grotte, du lac au monstre marin aux appartements royaux, impossible de trouver la moindre faille. Cette longue mais nécessaire parenthèse esthétique reconnue, penchons nous désormais sur la véritable colonne vertébrale d’un film de cinéma : son récit.

LA COQUILLE VIDE

Parallèle évident avec des thématiques contemporaines comme le désir de maternité, la manipulation, le sacrifice, le sexe, la quête de jouvence éternelle ou la lutte des classes, le film de Matteo Garronne insiste avec lourdeur sur la modernité de son propos… Violence, sexe ou sacrifice ? C’est tout simplement l’histoire de l’humanité qui se répète ad vitam æternam. Nous l’évoquions un peu plus haut, la note d’intention de faire trébucher le spectateur dans un monde onirique où se confondes monstres, créatures féroces, ogre, lavandières décrépies ou sorcières donne vite la bave aux lèvres. C’est malheureusement l’une des nombreuses frustrations qui découleront de votre séance. Dépassé par un matériau de base qu’il ne parvient jamais à transcender, le réalisateur transalpin n’hypnotise jamais son audience et pire, réussit même à l’agacer. Le rythme du métrage est une tannée, les personnages disparaissent à tour de rôles sans aucunes explications et le constat inévitable entérine les premières impressions : tout ça pour ça ? Qui est cette sorcière dans la forêt ? Que devient la reine ? Comment le jumeau a entamé cette nouvelle vie ? D’où vient cette puce ? Pourquoi Vincent Cassel (efficace même s’il ne semble pas exalté par son rôle) est obsédé par le sexe ? Quelle est son histoire ? Mieux vaux s’arrêter là, vous comprenez le message…

Malgré donc les costumes de Massimo Cantini Parrini ou les décors de Dimitri Capuani, l’interprétation juste de tous les protagonistes et une bande originale atmosphérique, Tale of tales n’intéresse pas. Pire, il ennuie. Un vrai gâchis de casting (Casse, Hayek, Toby Jones ou John C. Reilly !) pour un récit qui ne décolle jamais. Enfonçant le clou avec un tournage en anglais alors que le dossier de presse se débat pour faire entendre la tonalité et la musicalité de l’écriture originelle, on se dit que certains impondérables sont tombés sur l’autel du dieu consumériste… Baroque certes. Jusqu’au-boutiste et assumé ? Sûrement pas !

Somme de belles intentions, Tale of tales abandonne un spectateur frustré, voir agacé. Aux vues du monde riche et souvent désenchanté de Basile, Garrone n’est donc pas parvenu à faire ce que Peter Jackson est a engendré avec Le Seigneur des anneaux. Rendre hommage à des histoires sublimes, dépasser ses craintes et l’excès d’humilité… Un très bel écrin à l’évidence. Vous risquez toutefois de longtemps chercher la bague…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :