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ENFANT 44

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Child 44– USA / République Tchèque / Royaume-Uni / Roumanie – 2015

Genre : Thriller

Réalisateur : Daniel Espinosa

Acteurs : Tom Hardy, Gary Oldman, Noomi Rapace, Jason Clarke
Durée: 137 min
Musique: Jon Ekstrand

Image : 1080/24P – 16/9 – 2.35:1 / MPG4 AVC

Son : DTS-HD MASTER AUDIO 5.1 FRANÇAIS / ANGLAIS + 2.0
S-T :
Français + Sourds et malentendants

Éditeur/distrib. : Warner Home Video France / M6 Video
Date de sortie :
26/08/2015

Film : 4,5/6
Technique :
4/6

Interactivité : 2/6

Synopsis : Hiver 1952, Moscou. Leo Demidov est un brillant agent de la police secrète soviétique, promis à un grand avenir au sein du Parti. Lorsque le corps d’un enfant est retrouvé sur une voie ferrée, il est chargé de classer l’affaire. Il s’agit d’un accident, Staline ayant décrété que le crime ne pouvait exister dans le parfait Etat communiste. Mais peu à peu, le doute s’installe dans l’esprit de Léo et il découvre que d’autres enfants ont été victimes « d’accidents » similaires. Tombé en disgrâce, soupçonné de trahison, Léo est contraint à l’exil avec sa femme, Raïssa. Prenant tous les risques, Léo et Raïssa vont se lancer dans la traque de ce tueur en série invisible, qui fera d’eux des ennemis du peuple…

Adapté du livre éponyme de Tom Rob Smith (vendu à 200 000 exemplaires dans l’hexagone): Enfant 44, thriller historique de Daniel Espinosa abandonne dès les premières minutes le spectateur dans l’URSS des années 50, théâtre de souffrance où sévit un terrifiant tueur d’enfants. Un propos lourd, un contexte éprouvant, un casting de folie et un jeu de quilles entre paranoïa, répression tyrannique et violence frontale, plongée dans l’univers glaçant et sans concession de l’union soviétique d’après guerre.

L’Inconnu venu du froid ou le vrai visage du croquemitaine

Basé sur l’histoire vraie d’Andrei Tchikatilo, «Le boucher de Rostre» à qui l’on attribue pas moins d’une cinquantaine de meurtres de femmes et d’enfants, Enfant 44 enfonce, non, martèle le clou en rappelant le contexte de l’époque: l’extermination stalinienne des ukrainiens et le masque monstrueux du totalitarisme communiste… Traque acharnée baignée d’une atmosphère suintante de terreur où se combattent délation, atrocités et autres vernis friables des sujets, le film d’Espinoza met le doigt sur une page bien sombre de l’histoire en s’entourant des meilleurs. Ridley Scott sous la casquette de producteur, une distribution hallucinante où se croisent Vincent Cassel, Noomi Rapace, Jason Clarke ou Tom Hardy, le film passionne dès les premières secondes. Jonglant avec nous en tirant les ficelles d’intrigues à tiroirs captivantes en soignant chaque aspect de son propos, le metteur en scène donne tout ce qu’il a et sa détermination est palpable.

Situant son propos dans le contexte tragique de l’Holodomor dans lequel Staline fit des milliers de victimes en affamant les ukrainiens, le film suit sur deux décennies le personnage de Tom Hardy: Léo. Fuyant cette dernière en 33 et recueilli par des soldats, l’enfant apeuré deviendra, suite à la victoire de la seconde guerre mondiale, un agent reconnu de la police secrète soviétique. Le petit Léo se transforme en lion et baigne dans une existence enfin paisible entre son amour pour Noomi Rapace, la fraternité pour son frère d’armes: le toujours excellent Fares Fares (qui partage d’ailleurs une nouvelle fois l’affiche avec son comparse des Enquêtes du Département V) et son respect pour le parti. Les choses vont pourtant se gâcher quand sa femme deviendra l’objet des soupçons du parti (le test ultime de sa loyauté mené par Cassel et un second convainquant) et la découverte de deux corps d’enfants «noyés sur une voie de chemin de fer» et pourtant victimes de multiples tortures… Des exactions intolérables dans un pays communiste (le meurtre ne peut exister au paradis) mais insoutenables quand l’une d’entre elles se trouvera porter sur le propre filleul de l’agent, l’enfant 44. Soldat brisé tombé en disgrâce, esprit malade ne souffrant plus les illusions d’un régime terrifiant, Léo Demidov n’a visiblement plus le choix s’il veut finir un homme libre. Défier le parti, fuir, protéger les siens et retrouver cette ordure. Proie traqué et prédateur, la course poursuite précipité vaudra au couple le dépassement de leurs limites et la découverte de leur véritable humanité. Quête de sens autant que voyage vers l’intime, Enfant 44 est il est vrai assez classique dans son écriture. Un manichéisme semblable à Walkyrie de prime abord mais qui dépassera vite du cadre…

Sécher les larmes et saluer l’horizon

Sublimé par une bande son étouffante (on pense souvent au score de Se7en ou du jeu vidéo Heavy Rain) et illustrée avec beaucoup de maestria, la pépite d’Espinosa souffre nombres de strates sémiologiques. Chasse au sorcières glacée dans laquelle chaque plan raconte une histoire (des forêts enneigées aux voies ferrés assassines), le metteur en scène soigne chaque aspect de son bijou. Là ou les guenilles des victimes se confondent aux uniformes au son des bottes qui claquent, la pellicule dégage très souvent un parfum de méfiance. On passe ainsi du tableau de peintre flamand à la distance froide croisée dans The Knick alors que le film cite tout autant Stalingrad, Fury ou Le Pianiste de Polanski. Un théâtre hypnotique où les certitudes se figent comme dans la glace et où l’ombre du parti vous scrute par dessus l’épaule.

Dépassant son statut de film vitrine lors de sa seconde partie, Enfant 44 réussit à prendre des risques en milieu de métrage. Arrestations, déportation, évasion, autant de raisons dès lors de s’affranchir de la main mise de l’ogre soviétique. Propagande, milice et laissés pour compte deviennent ainsi la colonne vertébrale du récit tandis que le seul reproche à faire au film serait de le vendre comme la traque d’un tueur en série alors qu’en réalité, il se définirait plutôt comme la rédemption d’un homme à la recherche de son âme. Sombré dans les bas fonds de l’empire, notre couple de fugitifs n’auront ainsi de but que la découverte de la vérité. Malgré un Gary Oldman sous exploité, une intrigue policière simpliste et un final émouvant mais convenu, Enfant 44 demeure un morceau de choix pour cette année 2015. Jouant avec les faux semblants et choquant son spectateur par la surprise de quelques moments de rare violence, le film d’Espinoza est un voyage éprouvant, bourré de rebondissements et sacrément jouissif porté par un Tom Hardy toujours aussi convaincant. Un film remarquable, tout simplement

Image : 5/6

Son: 4/6

Interactivité: 2/6

Liste des bonus:
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Dans les coulisses d’Enfant 44 (7mn): Entre recherche d’informations erronées face à la propagande et le manque de sources viables, ce court module retrace la création des divers costumes et décors du film. Agrémentant son propos par des interviews de l’équipe technique, des accessoiristes, décorateurs ou acteurs, on navigue en terrain connu sans surprise, ni intérêt.
.Bande-annonce de Divergente 2

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