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Le Garçon et la bête

 

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The Boy and the Beast / Bakemono no ko – Japon – 2015

Genre : Animation

Réalisateur : Mamoru Hosoda

Musique : Masakatsu Takagi

Interprètes : Aoi Miyazaki, Shôta Sometani, Kôji Yakusho

Durée : 119 min

Image : 1.85 / Couleur

S-T : français

Distributeur : Toho / Gaumont Distribution

Date de sortie : 11 juillet 2015 / 13 janvier 2016

Site officiel : http://bakemono-no-ko.jp/index.html

Film : 4/5

Synopsis : Shibuya, le monde des humains, et Jutengai, le monde des Bêtes… C’est l’histoire d’un garçon solitaire et d’une Bête seule, qui vivent chacun dans deux mondes séparés. Un jour, le garçon se perd dans le monde des Bêtes où il devient le disciple de la Bête Kumatetsu qui lui donne le nom de Kyuta. Cette rencontre fortuite est le début d’une aventure qui dépasse l’imaginaire…

LES DEUX DISCIPLES DE SHAOLIN

Concentrant son récit sur la thématique omniprésente au Japon du maitre et de son élève (films de Yakusas, de gangs d’écoliers, Wu Xia Pan etc.), le nouveau boss de l’animation japonaise revient avec le très attendu Le Garçon et la bête. Plongé dans un royaume ou s’entremêlent créatures (dans le sens premier du terme) hilarantes et vieux sages, le jeune Ren (orphelin de mère) s’aventure donc dans les rues de Shibuya jusqu’à l’égarement. C’est dans les méandres de ce quartier contemporain qu’il rencontrera Komatetsu (quel ours génial !), son futur maitre dans le Royaume des bêtes… Depuis la pause des studios Ghibli, la planète cinéma avance forcément à tâtons à la recherche d’un successeur au grand Miyazaki. Avec Summer Wars et La Traversée du temps, Hosoda se présente donc comme l’un des plus doués et des plus intéressants. Modernes ou oniriques, originaux ou courageux, les films précités témoignent d’un regard très personnel du cinéaste sur l’écosystème qui l’entoure. D’un monde virtuel aux questionnements propres de l’adolescence, de la douleur de l’éducation à l’apprentissage du destin en solitaire, Hosoda entremêle ici ses thématiques et cherche l’uppercut à chaque image. Mûri sur deux années, ce nouveau voyage est une véritable déclaration d’amour à la jeune génération. Une main tendue, un pont depuis la sagesse des anciens destiné à guider les jeunes pousses dans un monde de plus en plus complexe. Lorgnant du côté du mythique conte du Roi Singe, des légendes japonaises, des sumos ou d’ours mal léchés (Kumatetsu), le metteur en scène utilise donc autant le folklore historique de son pays que le biotope qui l’entoure pour faire vibrer sa réflexion. Clin d’œil évident aux classique de Disney ou Cocteau (dont il avoue lui-même s’être inspiré), il réussit le pari du constat flagrant sur notre planète : les monstres cruels ne sont peut-être pas ceux que l’on croit… Le film souffre ainsi de nombreuses strates sémiologiques.

LA LIGNE ROUGE

Franchissant donc son monde pour un parcours initiatique (de Luke Skywalker à Into the wild, on n’a toujours pas trouvé mieux pour raconter une histoire), Hosoda ne se contente pas de soigner son récit et sa mise en scène franchit ici un nouveau cap. Silhouettes de feu, combats dantesques, final inoubliable (pour les connaisseurs, on reconnait tout de suite la scène animée par Takeshi Koike, le psychopathe derrière Redline) : la jubilation est totale… Impossible désormais de s’inquiéter pour l’avenir de l’animation japonaise, Hosoda nous inflige une gifle monumentale ! Alors certes, la cosmétique ne fait pas tout. Le détour visant ainsi à contourner tout manichéisme (le garçon est la bête, la bête est en chacun de nous, la recherche du père de substitution, le bougon qui s’adoucit…), tout cela n’est, il est vrai, pas très finaud… Mais si l’évocation des thématiques psychologiques de l’imaginaire, de l’adversité ou de l’érudition dans le monde de l’animation transpire à l’avenir autant l’amour de l’art (et des hommes) que le film d’Hosoda alors, la planète cinéma a encore de belles années devant elle. Immersive, maternelle et toute puissante, la faune et la flore sont enfin ici un rappel utile et sans commune mesure à destination des générations futures. De Toshiro Mifune chez Kurosawa à Samouraï Champloo, Hosoda continue donc d’explorer avec maestria les labyrinthiques obsessions de l’homme.

Magique, contradictoire et inspirante, Le Garçon et la bête ressemble in fine tout simplement à ceux à qui il est destiné. Romanesque et sans temps morts, le film d’Hosoda est donc une fable mélancolique salvatrice en un début d’année moribond. Une base de réflexion salutaire pour les moins de 15 ans et un shoot d’émotion pur pour ceux qui ont depuis longtemps oublié d’être naïf. On n’en attendait pas tant. Quoique.

 

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