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Les Enquêtes du Département V: Délivrance

 

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Le Département V reçoit une vieille bouteille, jetée à la mer il y a 8 ans. A l’intérieur, un message de détresse écrit en lettres de sang. Pour l’inspecteur Carl Mørck, Assad, son assistant syrien au flair infaillible, et Rose, leur secrétaire, c’est le début d’une nouvelle enquête mêlant un tueur en série, une mystérieuse communauté religieuse et des enfants dont la disparition n’a jamais été signalée à la police…

DANEMARK– 2016

Genre : polar

Réalisateur : MIKKEL NØRGAARD

Acteurs : NIKOLAJ LIE KAAS et FARES FARES

Image : 2.41 – HD

Durée : 112 min

Editeur : WILD BUNCH

Distributeur : WILD BUNCH

Date de sortie : 6 MAI 2016 en e-Cinéma Exclusivement

Site officiel : http://www.lesenquetesdudepartementv.com/

Film : 3.5/6

Un coup de couteau dans l’eau ?

Sorti jeudi 3 mars au Danemark, DÉLIVRANCE réalise le plus gros démarrage d’un film danois depuis 15 ans. Écrit par Nikolaj Arcel, le métrage est donc le troisième volet des désormais célèbres Enquêtes du département V. Disponible chez nous via le nouveau service d’e-Cinéma de Wild Bunch (après le lancement fin 2014 de Welcome to New  York), la société confirme sa volonté d’élargir son spectre de rayonnement et confirme son alternative de distribution. Après un premier film âpre et tendu sublimé par la photo d’Eric Kreiss, puis un second qui brouillait les pistes en égarant vainement un spectateur désormais érudit et bien moins docile (malgré la partition éblouissante de Farès Farès), il est donc l’heure de retrouver avec beaucoup de plaisir les familiers enquêteurs du Département V. Troisième enquête donc mais premier étonnement circonspect. Ici, Une bouteille jetée à la mer est repêchée et oubliée dans un commissariat des Highlands. A l’intérieur, un appel au secours écrit en lettres de sang et en danois (pratique). Adapté de la série de polars à succès de  Jussi Adler-Olsen, le film choque, avouons-le par cette entrée en matière quelques peu… flemmarde. Nul doute qu’en roman, l’intrigue a le temps de se construire une crédibilité mais en long métrage, on peste devant un manque d’imagination flagrant (involontaire ?). 10 millions d’exemplaires vendus dans le monde sont sans nul doute le synonyme d’une plume hypnotisante mais il est de prime abord plus que compliqué d’adhérer à cet étrange postulat. Une bouteille à la mer, un placard, on la retrouve, la nouvelle cold-case… Mouai… Soit. Prêt à encaisser ce nouvel opus en pleine face, les spectateurs avides de désenchantement que nous sommes amorcent ainsi dès l’entame un abandon consenti pour oublier un second volet décevant. Nous connaissons désormais le système de fonctionnement du duo: la trame d’évolution de l’intrigue et le palpitant de fin de métrage. C’est malheureusement le cas dans ce troisième segment… Malheureusement car malgré quelques efficaces trouvailles, le film est trop fébrile.

Le réveil s’impose

Alors que l’empathie grandissante pour les deux policiers oblige le cinéphile à une indulgence bien surprenante, force est de constater que la série ne cesse de décliner. On s’attendait à ce que Rose Knudsen (Johanne Louise Schmidt) devienne enfin un personnage important, on persiste malheureusement à la sous exploiter. Pourtant, chaque fois qu’elle est à l’écran, l’électricité est dans l’air… Idem pour le choix incompréhensible mais inévitable (cf. notre interview), de remplacer Mikkel Norgaard  et le surdoué chef op’ Eric Kreiss (Borgen, Millenium, The Killing) ! Le film est moins élégant, moins inventif, moins glauque, bref moins scotchant. De l’aveu même de la productrice, si elle l’avait pu, elle l’aurait retenu. Sans cracher sur Hans Petter Molland (Refroidis), les deux réalisateurs ne jouent vraiment pas dans la même cour. Coté scénario, on bute in fine sur un bad boy surjouant de son regard en plongée et du froncement de sourcil… Dommage car le bonhomme  a du talent mais la leçon même du jeu simple et efficace est celle de Nikolaj Lie Kass. Son Carl, ce monolithe de granit brut transperce à chaque plan nos certitudes  et glace le sang plus les minutes défilent. Tout est alors limpide et file comme une lettre à la poste. Sans surprises, ni révélations, Délivrance livre alors une performance en roue libre sans personnalité ni prise de risque. Jouant de thématiques sombres et malodorantes (infanticide, dépression, traumatismes infantiles ou loi du silence ), d’un Carl en désormais un trou du cul quasi homophobe sans aucune justification ni feu intérieur) et d’Assad en animal docile et compréhensif (sauf lorsqu’il pète un boulon !), le film loupe son objectif.  Au lieu de se perdre dans les méandres d’une société religieuse obscure et hermétique, de subir les hauts de cœur face à la condamnation à mort d’un enfant ou rager face à l’inéluctable dénouement, le film se tire une balle dans le pied en survolant son désespoir. Dommage car ce dernier réserve de savoureux morceaux de bravoure ; La prise de parole et donc de pouvoir d’une mère à bout (quelle actrice !), une course poursuite rondement menée (malgré trois plans d’hélicoptères identiques les gars !) ou une bataille de tchatche en voiture sont autant de raisons de regretter ce goût d’inachevé. Délivrance est donc un bon petit thriller mais avec beaucoup trop de coquilles pour devenir définitif et surpasser la baffe de Miséricorde.

Nous aurions ainsi adoré suivre bien plus intensément le calvaire des enfants (un [mauvais] choix de la productrice, d’après ses explications), ne pas deviner immédiatement l’origine du malaise du bourreau ou écarquiller les yeux devant un twist inattendu… Sans pour autant être une série Z irregardable, Délivrance est loin de dépasser nos attentes. Dommage car on voulait l’adorer. La faute à un Assad bien trop en retrait, une chasse à l’homme déjà vu 1000 fois et un montage monotone. Gageons que le quatrième et probablement dernier épisode donne tout ce qu’il a dans le ventre car à l’évidence, devant la caméra et côté plume, il y a du talent. Allez, une réal aussi suffocante que le premier épisode, une  prise de risque dans l’écriture de nouveaux personnages et un cliffhanger de dingue et on aura notre fin en apothéose ! Rendez-vous l’année prochaine !

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