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Séries-Mania 2016: saison 7

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Septième saison du festival. C’est donc toujours dans l’insupportable Forum des halles à Paris qu’il fallait se rendre du 15 au 24 avril 2016. Vous pouviez alors, gratuitement, profiter d’une sélection dantesque et sacrément alléchante de nouvelles productions télévisuelles. Grand-messe aujourd’hui incontournable pour le public et les professionnels, l’évènement est devenu le graal des cinéphiles pour que tous puissent échanger, acheter, diffuser, promouvoir ou simplement découvrir ». FRENETIC ARTS y était et vous donne un aperçu forcément non exhaustif de ce nouveau chapitre.

GARANTIE 100% SANS SPOILERS

Deux expositions d’artistes caricaturistes présentés en grands formats, un mini-espace librairie, l’écriture d’une web-série en 48 heures ou de nombreuses conférences et tables rondes, impossible de ne pas remarquer l’ampleur que prend année après année le festival. Saluer bien bas les organisateurs pour l’efficacité de l’orchestration et l’érudition dans les choix est également la moindre des choses tant ce festival transpire la bonne volonté et l’amour du public. Offrir gratuitement, dix jours durant, des exclusivités parfois internationales, des avant-premières ou même des mini-séries intégrales, rien à redire, c’est du très bon boulot. Rendez-vous printanier attendu partout dans la capitale, Séries Mania est également un vrai marché professionnel. Des coproductions européennes, des financiers, un millier d’accrédités, la mise en place d’une compétition inédite d’avant-premières mondiales et internationales sont donc autant de raisons de braver la galère de parcourir le plus grand métro européen et s’engloutir dans les allées du Forum des images, du Grand Rex pour la soirée d’ouverture (Vinyl) et de l’UGC Ciné Cité Les Halles (à 100 mètres) pour les rediffusions.

Showrunner adulé et créateur de l’excellentissime série Les Soprano, David Chase a même fait le déplacement pour présider le jury de 4 personnalités. Vous aurez donc surement (comme nous) la chance de le croiser entre deux séances tout comme la jolie Yael Abecassis (Hatufim, la série qui a inspiré Homeland mais en nettement plus plombant) ou la toute aussi charmante Amira Casar (Versailles). Mais avant d’évoquer plus précisément czertaines découvertes de cette septième saison, sachez qu’il était également possible d’apprécier des webséries (l’un des 5 prix décernés), ou de rencontrer (et c’est là notre plus grand regret puisqu’aucune interview n’a été possible) Cuba Gooding Jr, Harlan Coben ou Frank Spotnitz (X-Files, The Man in the High Castle) à l’issue des projections, lors de débats publics ou de tables rondes professionnelles. Force est ainsi de constater qu’une fois n’est pas coutume, le festival se veut exhaustif dans toutes ses propositions. Cerise sur le gâteau pour les accrédités : le visionnage dans la librairie vidéo sur poste individuel, des séries sélectionnées.

N’en jetez plus, ce panorama succinct n’a qu’une raison d’être, reconnaitre la valeur d’un travail honnête (et offert!) au public. Un salut aucunement empreinté est donc adressé à toutes les bonnes volontés rendant ceci possible.

IT’S SHOW TIME

Cette reconnaissance établie, penchons nous donc désormais dans le cœur du sujet : les séries. La sélection U.S fut ainsi l’occasion de découvrir, entre autres, la sympathique mais inoffensive Hap And Leonard.

Dans le Texas des années 80, deux amis se lancent à la recherche d’un butin d’un million de dollars, caché dans une voiture au fond d’une rivière. Inspirée des personnages de la saga de Joe R. Lansdale cette comédie noire digne des frères Coen, entre esprit « pulp » et Amérique puritaine, met en scène un duo aussi improbable qu’attachant.

Malgré la présence de l’incendiaire Christina Hendricks ou du terrifiant Omar de The Wire (Michael K. Williams), cette production Sundance Studios décalée est à savourer avec un verre de citronnade, rien de plus m. A moins que la suite du show nous fasse mentir, en l’état, elle demeure agréable à regarder mais vite oubliée. Autrement plus ambitieuse : Show me a hero porté par la nouvelle pépite d’Hollywood, Oscar Isaac, se base elle sur le livre éponyme de Lisa Belkin.  Nick, jeune maire de Yonkers à la fin des années 80 est contraint par la justice de construire des logements sociaux dans une banlieue où la population y est violemment opposée. Série politique et sociale par le créateur The Wire et Treme, Show me a hero possède une ambiance particulièrement soignée mais pèche par un rythme laborieux. Manichéenne (tous les blancs sont-ils racistes et manipulateurs ?) dans son entame, reste à voir si le show étoffe ses personnages en les dessinant avec plus de profondeur au fil de ses 6 épisodes, l’intrigue elle, poussant le spectateur à espérer un climax transpercé de justice.  Troisième découverte et non des moindres de la section américaine : Mr. Robot fascine. Transcendé par le magnétique Rami Malek, la série suit Elliot, un jeune programmeur informatique antisocial qui souffre d’un trouble du comportement. Recruté par un mystérieux anarchiste (Christian Slater qu’il fait bon de revoir dans un rôle à la mesure de son talent) qui se fait appeler Mr. Robot, cette production Anonymous Content (sic) récompensée du Golden Globe de la meilleure série dramatique nage au dessus de la mêlée. S’inspirant graphiquement des jeux vidéo The Division et beaucoup plus frontalement de Watch Dogs pour ses thématiques et son héros,  Mr. Robot plonge un spectateur ébloui dans un match qu’on imagine à mort entre une méga corporation et des anonymous adeptes des dogmes du Fight Club. Une très belle surprise.

A noter également la très intrigante The Path  et sa communauté religieuse sectaire effrayante, peuplée de non-dits et dans laquelle Aaron Paul (Breaking Bad) commence à douter de son engagement. Malgré le soutien de sa sublime femme (Michelle Monaghan), on soupçonne fortement la suite de ses aventures comme une lutte de pouvoir dévastatrice et l’opposition des siens face à ses questionnements. Baignant entre Le Village et The Wicker Man, voilà une originalité bienvenue et sacrément prometteuse.

Coté francophone, La Trève de nos amis belges se pose comme un futur classique. 10 épisodes de 52 minutes qui pourraient connaitre une très belle reconnaissance en France. Noyé entre Les Revenants et The Killing et bien qu’on puisse lui reprocher un certain manque de personnalité, les recherches de l’inspecteur Peeters (formidablement interprété) après la découverte d’un corps dans le village de son enfance font parfaitement l’affaire si vous êtes friands de complots, d’ambiance poisseuse et étrange à la Twin Peaks. On pardonnera même l’écriture du commissaire faignant, arriviste et incompétent.  Isolement et masques de cire sont autant d’ingrédients judicieux qui confirment que cette septième saison du festival regorge de pépites. Du côté de la section Panorama, passons rapidement sur Capital (diffusée en intégralité) en première internationale. Ici, Toby Jones (Wayward Pines) et les habitants de Pepys Road reçoivent tous les jours une étrange carte indiquant « We want what you have ». Un épisode sur trois n’ayant pas réussi à nous passionner malgré toute la bonne volonté du producteur présent, on songe toutefois à connaitre le fin mot de l’histoire lors d’une prochaine soirée d’hiver. Proche de Caché avec Daniel Auteuil, l’humour britsh est efficace mais manque franchement de punch. Thirteen elle, nous a subjuguée. Similaire pour une partie de son récit au récent et tout aussi réussi The Room, diffusée en exclusivité, Thirteen plonge un spectateur terrifié dans la psyché d’Ivy. Kidnappée adolescente durant la moitié de sa vie, la jeune femme est prise en charge par une unité spéciale (le duo est parfait) et une famille fracassée. On pense souvent au magnifique Trust de David Schwimmer par le prisme de son interprète éblouissante de sobriété : Jodie Corner. A ne surtout pas laisser passer donc.

Vous l’aurez compris, cette édition 2016 fut non seulement un succès public incontestable mais aussi une étape franchie dans le professionnalisme et la notoriété. Séries Mania est un vrai cadeau pour les cinéphiles bien qu’il nous soit impossible de tout évoquer. Plus d’une cinquantaine de série, des tables-rondes, des rencontres évènements et surtout beaucoup de bons moments. Lorsqu’on choisit son programme comme on choisit son film (car oui, la série télé est aujourd’hui l’égal du cinéma, de Boardwalk Empire à Game of thrones), on ne retient donc de cette semaine que les dizaines d’heures qui nous attendent afin de poursuivre tous ces aperçus. Oui, une certaine frustration est ainsi le prix à payer pour un choix si pléthorique. Peut-être la possibilité d’une diffusion intégrale d’une saison d’une dizaine d’épisodes serait une jolie nouveauté 2017 ?  Si Série Mania étant payant, il ne pourrait en l’état pas faire mieux. Il est rare que Frenetic Arts soit objectivement dithyrambique sur un événement ou une œuvre. Impossible ici de jouer les casse-noisettes, ces 10 jours sont un cadeau. Que les bénévoles et organisateurs en soient les premiers remerciés. A l’année prochaine.

series-mania.fr

DESCRIPTIF OFFICIEL DES COMPETITIONS

Prix et compétitions

COMPÉTITION INTERNATIONALE

Une sélection de 8 séries en avant-première mondiale ou internationale, présentées de manière exclusive au grand public, avant ou juste après leur diffusion dans leur pays d’origine.

PRIX DE LA COMPÉTITION INTERNATIONALE

Président du Jury : David Chase

David Chase, le showrunner de la série culte Les Soprano, conduira un jury prestigieux, composé de 4 autres personnalités de renom, issues de l’univers des séries, du cinéma ou de la culture. Le jury aura pour mission de récompenser le meilleur des séries internationales, présentées en exclusivité à Séries Mania, en attribuant deux prix : Grand Prix du Jury et Prix du Scénario.

SECTION AMÉRICAINE

Les immanquables nouveautés de la saison outre-Atlantique.

PRIX DE L’ASSOCIATION FRANÇAISE DES CRITIQUES DE SÉRIES

Pour la première fois cette année, un jury composé de journalistes de l’ACS vote pour la meilleure série américaine.

Fondée en avril 2015, l’ACS  réunit une quarantaine de journalistes et critiques de séries issus des rédactions de grands médias français (presse écrite, radio, télévision et web)

SECTION FRANCOPHONE

Une sélection de séries hexagonales ou étrangères, de langue française.

PRIX DE LA PRESSE INTERNATIONALE

Un jury composé de journalistes de la presse internationale décerne trois prix  : meilleure série, meilleure actrice, meilleur acteur.

LE JURY DE LA PRESSE INTERNATIONALE EST COMPOSÉ DE :

Ana Bedia (Espagne / Cambio 16), Gwilym Mumford (Royaume-Uni / The Guardian), Daniel Sander (Allemagne / Der Spiegel,) Sandra Wejbro (Suède / Aftonbladet).

SECTION PANORAMA

Un tour du monde des meilleures fictions de l’année (hors séries américaines et francophones).
PRIX DES BLOGUEURS. Un jury de blogueurs « sériephiles » décerne un prix à son coup de cœur,  parmi une vingtaine de séries présentées.

LE JURY DES BLOGUEURS EST COMPOSÉ DE :

Nora Bouazzouni (Libération et Slate.fr), Christophe Chadefaud (Popandup.fr), Julia Ménez (vidéo-blog Les ShowRunners), Alexandre Letren (Season1.fr, Radio VL), Arancha Sánchez (Tvspoileralert.com).

SECTION WEBSÉRIES

La crème des web-séries internationales, toutes récentes ou en avant-première de leur lancement.

 PRIX DES WEBSÉRIES

Les internautes votent en ligne avant et pendant le festival, pour récompenser la meilleure web-série internationale parmi les 16 sélectionnées. Participent également au vote, en salle, les spectateurs des séances web-séries.

TOUTES SECTIONS CONFONDUES : PRIX DU PUBLIC

Toutes les séries sont soumises au vote du public à l’issue des projections, sauf celles présentées en ouverture et clôture. Les nouvelles séries (hors ouverture et clôture) sont soumises au vote du public à l’issue des projections.

PRIX DE LA COMPÉTITION INTERNATIONALE

Pour la première fois, un jury prestigieux présidé par David Chase et composé de Yaël Abecassis, Amira Casar, Tony Grisoni et Fanny Herrero récompense le meilleur de 8 séries internationales, présentées en exclusivité lors du festival.

  • Grand Prix : El Marginal, série argentine créée par Sebastian Ortega et réalisée par Luis Ortega, Javier Perez et Alejandro Ciancio. Produite par Underground Producciones, elle est diffusée en Argentine par TV Pública.
  • Prix spécial du Jury : The Kettering Incident, série australienne créée par Victoria Madden et Vincent Sheehan et réalisée par Rowan Woods et Tony Krawitz. Produite par Porchlight Films et Sweet Potato Films, elle est diffusée en Australie par Foxtel et Showcase Channel

PRIX DU PUBLIC

 Meilleure série ex-aequo :

  • Beau Séjour, série belge créée par Nathalie Basteyns, Kaat Beels, Sanne Nuyens et Bert Van Dael et réalisée par Nathalie Basteyns et Kaat Beels. Produite par deMENSEN, cette série flamande sera diffusée en Belgique par VRT (Eén) et prochainement en France par ARTE.
  • Jour Polaire, série franco-suédoise créée et réalisée par Måns Mårlind et Björn Stein. Produite par Nice Drama et Atlantique Productions, cette série sera diffusée en Suède par SVT et prochainement en France par CANAL+ (création originale de CANAL+).

 PRIX DU JURY DE LA PRESSE INTERNATIONALE

 Concernent les 5 séries francophones en lice et ont été décernés par cinq journalistes des médias suivants : The Guardian (Royaume-Uni), Der Spiegel (Allemagne), Le Temps (Suisse), Aftonbladet (Suède) et Cambio 16 (Espagne).

  • Meilleure série francophone : La Trêve, créée par Benjamin d’Aoust, Matthieu Donck et Stéphane Bergmans et réalisée par Matthieu Donck. Produite par Hélicotron, cette série a été diffusée en Belgique par Proximus TV et la RTBF et prochainement par France 2.
  • Meilleure interprétation féminine dans une série francophone : Laurence Leboeuf, pour sa prestation dans la série canadienne Marche à l’ombre créée par Ian Lauzon et Ludovic Huot et réalisée par Francis Leclerc. Cette série produite par Avenue Productions a été diffusée au Canada sur la plateforme Super Écran.
  • Meilleure interprétation masculine dans une série francophone : Angelo Bison pour la série belge Ennemi public créée par Antoine Bours, Gilles de Voghel, Matthieu Frances et Christopher Yates et réalisée par Matthieu Frances et Gary Seghers. Produite par Playtime Films et Entre Chien et Loup, cette série sera diffusée en Belgique par Proximus TV et la RTBF.

 PRIX DE L’ASSOCIATION FRANÇAISE DES CRITIQUES DE SÉRIES

Nouveau cette année, concerne les séries américaines de la sélection.

  • Meilleure série : Mr. Robot, créée par Sam Esmail et coréalisée avec Niels Arden Oplev. Cette série récompensée par le Golden Globe de la meilleure série dramatique a été diffusée par USA Network et prochainement par France 2.

 PRIX DU JURY DES BLOGUEURS

 LE JURY DES BLOGUEURS EST COMPOSÉ DE :

Nora Bouazzouni (Libération et Slate.fr), Christophe Chadefaud (Popandup.fr), Julia Ménez (vidéo-blog Les ShowRunners), Alexandre Letren (Season1.fr, Radio VL) et Arancha Sánchez (Tvspoileralert.com).

  • Meilleure série : NSU German History X créée par Gabriela Sperl et réalisée par Christian Schwochow. Cette série allemande produite par Wiedemann & Berg est actuellement diffusée en Allemagne par ARD.

 PRIX DES WEBSERIES

Concerne la sélection des web-séries internationales (en ligne sur le site series-mania.fr). Les internautes votent en ligne avant et pendant le festival, pour récompenser la meilleure websérie internationale parmi les 16 sélectionnées. Participent également au vote, en salle, les spectateurs des séances webséries.

  • Meilleure websérie : Dating Dali est une web-série espagnole réalisée par Alonso Laporta et produite par Alonsa Laporta et Gon Alonso.

 Le « Sériemaniac », 28 cm de haut, 6,5 cm de côté et une bonne dose d’autodérision… Le nouveau trophée du festival, conçu par Hartland Villa, a été remis à chacun des lauréats.

 

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