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KONA

1

JEU 2/6

TECHNIQUE 2/6

GENRE : AVENTURE

ÉDITEUR / DÉVELOPPEUR : PARABOLE

DURÉE : 5/6 HEURES

LANGUE : QUÉBECOIS – ANGLAIS

SOUS-TITRES : ALLEMAND, FRANÇAIS, ANGLAIS, ITALIEN, ESPAGNOL

TAILLE : 3,9GO

DATE DE SORTIE 17 mars 2017

JOUABLE EN SOLO

SITE OFFICIEL : http://konagame.com/

Fonctionnalité de vibration DUALSHOCK®4 PAL HD 720p,1080i,1080p

DISPONIBLE SUR PC / PS4 / XBOX ONE

Nord du Québec, Canada, 1970. Un étrange blizzard sévit sur le Lac Atâmipêk. Entrez dans la peau d’un détective pour explorer un village des plus mystérieux, enquêter sur des événements surnaturels et survivre à la colère des éléments. La première itération d’une série de quatre jeux, Kona est un conte interactif qui vous donnera froid dans le dos. Octobre 1970. W. Hamilton, un riche industriel, rapporte plusieurs cas de vandalisme perpétrés sur sa propriété, un manoir de chasse situé au Nord du Québec, Canada. Incapable de trouver les coupables, Hamilton fait appel à Carl Faubert, un détective privé de renom, pour prendre l’affaire en main. Dans Kona, Carl se retrouve prisonnier au milieu d’une tempête impromptue, loin au nord. Le joueur incarne donc le détective Faubert et devra faire la lumière sur les événements étranges qui s’abattent sur la région.

UN PLAN SIMPLE

Brothers, Braid, Unravel… La scène indépendante ne cesse de jeter aux rétines du monde des pépites toujours plus créatives, innovantes et surprenantes. Un bonheur pour tous les selfs made men. Un champ des possibles illimité permettant à chaque personnalité, à chaque sensibilité de trouver chaussure à son pied. Nouveau venu du studio québécois Parabole, KONA ne joue donc pas dans la cour des triple A. Perdu dans les plaines enneigées du grand nord des 70’s, lorgnant du côté du film de Sam Raimi Un Plan simple ou de la formidable série Fargo (elle-même adaptée du non moins formidable film des frères Coen), nous suivons les aventures de Carl, détective privé mercenaire au service d’un riche homme d’affaire. A bord de sa Chelrovet (ou quelque chose comme ça !), Carl ne tarde pas à se retrouver piégé dans ce désert de blancheur et dans lequel tous les arbres sont frères. Il en ira de même pour la perte de son capital de sympathie (ou de mystère) tant la voix off omnisciente (voir omniprésente) dévoile tous les tenants et aboutissants du scénario dès le premier quart d’heure. On a déjà connu mieux en matière d’exposition et de crescendo. Soit, n’est pas Naughty Dog qui veut.

Sous les indications du doubleur Guy Nadon, nous ne tardons donc pas à emboutir notre véhicule et à nous réveiller blessé à la suite d’un croisement de véhicules inattendu n’étant pas sans rappeler l’un des plans de fin du chef d’œuvre de Sean Penn : The Pledge. Perdu dans le froid glacial, les mains fébriles et l’écume aux lèvres, c’est le début d’une aventure qui s’annonce palpitante. Dès l’apparition d’élégants menus et d‘ une musique de fond au diapason (regardant à l’évidence au-dessus de l’épaule de Life is strange), on se dit que le travail soigné portera ses fruits et nous sommes prêts à nous abandonner dans une intrigue à tiroirs complexe et aux multiples rebondissements.  Que ce soit par sa gestion de certains impératifs vitaux comme le froid ou le stress, le jeu multiplie dans son premier quart les bonnes idées. Des inserts de lettrages jaunes en mode Watchmen ou polar américain, l’abandon d’un joueur qui avance à pas feutrés ou la découverte d’un gameplay basique mais sans aucunes indications, on se dit rapidement qu’on devrait passer un très bon moment durant cette enquête convenue et prévisible mais qui soigne son entame. Ce ne sera malheureusement que de courte durée, le jeu ne résistant pas à soutenir sur la durée ses louables intentions.

Si vous avez joué au bouleversant et visuellement époustouflant The Vanishing of Ethan Carter, dans un registre similaire : force est de constater que le joueur exigeant risque de pester devant KONA. Bien mieux réalisé, scénarisé avec bien plus de précaution et de scénographie, le jeu ne souffre aucune comparaison. Ici, malgré un départ prometteur, le joueur est rapidement pris par la main, pour ne plus jamais la lâcher… Comme évoqué plus haut, ce narrateur devient vite envahissant lorsqu’il surine à nos déjà éprouvées esgourdes que nous ne devrions pas partir de cet endroit, qu’il reste un item à trouver… Pour un détective, dans un pseudo monde ouvert : le bât blesse. A plus forte raison lorsqu’on nous félicite d’avoir nettoyé une zone que nous pouvons désormais quitter pour ne plus jamais y revenir. L’ambiance c‘est vrai est agréable, mais tous les organes qui font qu’un jeu peut être soit plaisant ou très agaçant sont ici malheureusement traités par-dessus la jambe.

MAUDITS NIAISEUX!

Que dire ainsi d’un détective s’aventurant dans le désert de glace sans boussole (là où Firewatch ne loupe pas l’évidence), obligeant sans cesse des allers-retours avec la carte ? Que dire d’un jeu dans lequel le joueur doit sortir de son véhicule pour consulter une map? Que dire de l’animation des loups ou des deux pauvres combats durant toute l’aventure (deux loups à coups de hache ou de fusil et le boss). Basta. C’est tout simplement insupportable, inexcusable, qui plus est saupoudré d’une conduite qu’on a pas connu aussi laborieuse depuis Micro Machines ! Ajoutant enfin à cela un accent québécois difficilement compatible avec la notion de tension, d’épouvante ou de mystère, la note (sic) commence à devenir salée. En effet, et malgré toute la tendresse que nous avons pour ce beau pays et nos cousins québécois, alors que la mise en scène et la narration se devraient d’être lourdes et étouffantes, impossible de ne pas sourire (voir pire) en entendant les mots « chauffette » pour radiateur, « pelisse » pour parka ou, et c’est notre préféré : « un homme de bras » pour un homme de main ! Même avec la meilleure volonté du monde, impossible de retenir ses éclats.

Nous ne nous attendions pas à mettre les mains (ou les bras) sur le nouveau Deadly Prémonition mais pas non plus à revenir plusieurs décennies en arrière en matière de mécaniques de gameplay, réalisation ou scénarii. La conduite de la voiture pour commencer est un enfer. De nuit ? c’est la vision cauchemardesque de Dante qui se déchaine… Les polygones eux sont dignes du début de la ps3 (seules les écharpes de lumières bleutées font du bien aux mirettes). Le cadrage du polaroid est inexplicable et l’on manque le coup huit fois sur dix. La voix off omnisciente en guise de narration est quand a elle la jambe de bois d’une histoire que l’on pouvait imaginer contée de mille et une façons. Des bribes d’articles de presse, des journaux intimes en nombre, des appels téléphoniques… Et, soyons fous : des rencontres ! Nous ne rencontrerons durant les faméliques 6 heures de jeu pour clôturer l’aventure qu’ UN SEUL pnj !?!? Tout ceci transpire tout simplement la paresse. En même temps, pas de problème d’IA puisqu’on est toujours seul. Terriblement seul… C’est dommage et surtout agaçant. Au-delà donc d’un traitement bâclé surprenant et évoqué plus haut, KONA ne devrait en aucun cas rester dans les mémoires. En effet, malgré une ambiance soignée (sans être révolutionnaire), la limpidité des enjeux et un dernier tiers bien plus attachant (la mine, la découverte de l’incident, la traversée du mur de glace…), impossible de nier les trop nombreux défauts d’un titre que l’on aurait aimé adorer.

A 20 euros, impossible de fermer les yeux sur ses 90% de tiroirs vides ou son inventaire dont on n’utilise pas la moitié des objets. Pour notre premier (et unique) run : nul besoin d’aspirine, de fusée éclairante, de marteau, de cigarettes… Nous pourrions ainsi continuer ad vitam aeternam. Parachevant son œuvre avec un boss de fin dont il vous faudra absolument comprendre la SEULE technique requise pour le vaincre (pratique de toute façon lorsqu’on culmine à 14 FPS…), une quête sans intérêt sur une motoneige à remettre en état pour ne jamais l’utiliser et surtout LE POINT NOIR du titre : ces incompréhensibles temps de chargements, force est de constater que n’avons pas passé un merveilleux moment en compagnie du pourtant intriguant KONA. On peut même parier que la moitié des joueurs devraient supprimer le jeu après le dixième temps de chargement inopiné ou à cause de l’utilisation de la carte. L’idée des scénaristes d’inclure du fantastique dans un jeu où notre héros, trop fragile pour s’aventurer hors des sentiers battus, se contente d’aller d’une croix a une autre en pilotage automatique eut été une bonne idée avec un minimum d’implication et d’écriture. Ici, niveau inspiration et sans vous spoiler, on est plus proche du cimetière indien en matière d’originalité… Bouclé en une après-midi, jamais effrayant et balisé comme le tracé du petit poucet, décevant par sa fin bâclée malgré de louables intentions de départ, KONA est donc une déception à récupérer lors des prochaines soldes en ligne. Si vous êtes fan de polars scandinaves, de Twin Peaks et peu regardant sur la technique. Uniquement à toutes ces conditions.

LA TECHNIQUE

Comme évoqué plus haut, la technique n’est pas le point fort du titre. Bien qu’on ne s’attende pas à de la 4K, du 60 FPS constant ou des textures de végétation vivantes et indépendantes, force est de constater que malgré une DA passe – partout plutôt jolie à parcourir, le titre ne brille pas par son avant-gardisme. Peu importe les moyens, on est ici face à un véritable downgrade graphique inacceptable en 2017. Si le plus insupportable reproche est adressé à ces intolérables freeze d’image plusieurs secondes durant en plein milieu d’un déplacement (un peu comme regarder un film en streaming avec une connexion 56K), les casseroles sont trop nombreuses pour se montrer exhaustif. Le clipping est omniprésent (ça pop même souvent à la manière d’un No Man’s Sky), l’aliasing est omniprésent, et les textures en fausses 3D légions. Impossible de nier que l’univers d’une aventure vidéoludique va bien au-delà de la qualité de ses textures ou le nombre de polygones affichées mais si en plus d’une aventure convenue et prévisible, le joueur ne peut se voir proposer une partie tout au moins fluide et sans ralentissements, alors il est naturel de montrer du doigt un impair quasi irrémissible. Pour le prix actuel, sur le playstation store, d’un Darksiders Warmastered Edition, Dead island Definitive Edition, Firewatch, Everybody’s gone to the rapture, Furi, Inside, Metro 2033, Layers of fear ou Little Nightmares : la conclusion est sans appel. Pour conclure : la replay-value est inexistante sauf peut-être pour s’aventurer en ligne droite une fois votre parka sur le dos, le temps de quelques minutes. Pas non plus de mode en ligne ou de new game +. Bref, un jeu inoffensif et une mauvaise affaire à ce prix.

 

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