Poster un commentaire

Traque à Boston

1

Patriots Day – USA – 8 mars2017

Genre : Thriller – Drame
Réalisateur : Peter Berg
Acteurs : Mark Walberg, John Goodman, Kevin Bacon, Michelle Monaghan
Musique : Trent Reznor et Atticus Ross
Durée : 2h13min
Editeur/distrib. : Metropolitan
Date de sortie : 8 juillet 2017

Image : 2.35 HD 1080P (AVC) 16/9
Son : VF et VO DTS MASTER AUDIO 5.1
S-T : Français / Anglais – sourds et malentendants

Film : 4,5/6
Technique : 5/6
Interactivité : 5/6

Synopsis : Alors que la ville de Boston est sous le choc de multiples explosions, le sergent de police Tommy Saunders rejoint les enquêteurs sur le terrain dans une course contre la montre pour traquer et arrêter les auteurs avant qu’ils ne frappent à nouveau. Croisant les parcours de l’agent spécial Richard Deslauriers, du commissaire Ed Davis, du sergent Jeffrey Pugliese et de l’infirmière Carol Saunders, ce récit sans concession évoque la chasse à l’homme la plus complexe jamais mise en œuvre par la police américaine – et rend un vibrant hommage aux héros du quotidien…

Cet article est humblement dédié à toutes les victimes d’actes terroristes. Quelques soient leur religion, leur couleur de peau, leurs affections politiques et surtout leur localisation sur NOTRE planète.

A WORKING CLASS HERO

Sur le papier, difficile de dissimuler l’écume au coin de nos lèvres avant d’insérer la galette. Les surdoués Trent Reznor (NIN) et Atticus Ross au score (Oscar de la meilleure musique pour The Social Network), Kevin Bacon, Mark Wahlberg (excellent), John Goodman ou Michelle Monaghan face caméra, le meilleur film de Berg selon Cinemateaser (pourtant auteur de Deepwater, Very Bad Things ou Du sang et des larmes)… N’en jetez plus, à la manière de certains métrages bien aidés par la caution ‘inspirés de faits réels’: Traque à Boston ou plus honnêtement Patriot’s Day, possède de prime abord tous les atours pour brosser dans le sens du poil le cinéphile au grand cœur, Vol 93, Tu ne tueras point ou The 33 en tête. Et pourtant…

Pourtant le monde saigne de ces ignominies jours après jours. Chocs, incompréhensions et désespoirs devenant peu à peu des scarifications du quotidien. Boukhrief et Made in France était tristement prophétiques. Une fois n’est pas coutume, impossible de jouer les blasés ou les acides fouteurs de merde. Le film est émouvant oui, la réalité elle, est dramatique. Nice, Bruxelles, Boston, Sousse ou Paris, les balles pleuvent et les destins s’écroulent. Tout cela était à préciser car bien entendu, la corde sensible vacille et le premier degré serait aisé. Nous tacherons donc d’être, au minimum: objectif, au mieux, respectueux. Là où le cinéaste français glaçait le sang par une approche clinique quasi documentaire de cette préparation d’attentat, Berg lui, malgré tout les moyens et casting (dont un Kevin Bacon qui accepte quelques minutes à l’écran) à sa disposition ne verse (presque) jamais dans le larmoyant et le sensationnalisme. Le tout au profit de l’hommage et de la documentation. A l’inverse des bonus du Blu-ray donc (parfois vraiment limite sur la corde sensible), le film se meut au fil des minutes du portrait /tranche de vie du flic/ouvrier/travailleur américain moyen pour glisser vers un thriller urbain haletant et tendu comme un détonateur.

MARATHON MAN

Walberg on le sait adore et excelle dans le rôles de grandes gueules aux mains caleuses. Originaire lui même de Boston, Il retrouve donc ici un cinéaste parfait pour ce genre de «compte-rendu» (voir Deepwater avec le même duo) et le couple formé avec la délicieuse Michelle Monaghan est criant de vérité. Pour cette chasse à l’homme qualifiée comme la plus complexe jamais organisée aux USA, inutile de chercher à dramatiser la réalité, cette dernière ne nécessitant aucune esbrouffe… Jonglant avec les réactions de méfiances ordinaires, la pression des médias, la tempérance de l’information de la population ou le sauvetage des blessés, la tâche du cinéaste ou plutôt des cœurs brisés devant se relever après telle catastrophe force le respect. De l’arrivée hypnotisante du marathon (le plus vieux du monde) à un face à face final en pleine rue inoubliable, le cinéaste a eu l’intelligence de s’effacer au profit des hommes. La poursuite des deux terroristes est ainsi aussi stressante que la recherche de survivants, la découverte des événements ou le soutien des familles… Je suis Charlie, je suis Boston, je suis la solidarité. Et c’est vrai que l’humanité est belle lorsqu’elle avance dans la même direction. Poignant et cathartique, quelque soit votre deuil, le rappel de valeurs d’empathie et de bienveillance ont parfois du bon, surtout quand le portrait des deux responsables se nuance par sa sobriété, son approche questionnant les certitudes de ces deux jeunes destins perdus et aux idéaux confus.

Malgré une carrière désastreuse en salles (mémé, de manière assez incompréhensible, sur le sol américain) dont l’exploitation mondiale ne couvrira même pas le budget initiale de 45 millions , nous ne saurions que trop vous conseiller de vous pencher sur ce blu ray de haute facture et riche en suppléments. N’oubliez pas de rester jusqu’à la dernière seconde de pellicule, les dernières minutes du générique, marquantes, rendant un dernier hommage éprouvant laissant la rétine humide. Un film important et salutaire malgré un patriotisme toujours aussi encombrant.

Liste des bonus : bande annonces, featurettes revenant sur les événements, avec des protagonistes de l’époque ou de l’équipe du film. Convenus mais indéniablement émouvants: notamment pour ceux qui ont vécu les dramatiques et récents attentats européens. Inutiles de préciser le contenu de chacune des featurettes tant leurs constructions sont identiques. Victimes amputées, acteurs, techniciens, rescapés ou flics peinent à cicatriser et tentent de rendre hommage à leurs coéquipiers, à leur famille, à leurs souvenirs ou à leur disparus. Plongé dans le pathos certes, mais comment en être autrement… Plus de 90 minutes de bonus dont les témoignages de médecins, la volonté première de l’équipe: ne pas faire du film un objet commercial (pour le coup c’est réussi) et un tournage réalisé aux trois quarts dans les lieux réels.

Boston strong : trois courageux héros (22’29)
À la recherche de l’authenticité (11’21)
Boston bond: retour sur la tragédie (21’43)
L’histoire des vrais patriotes (19’48)
L’engagement des acteurs (5’51)
Rencontre entre cinéma et réalité (18’13)

Image : 5/6. Précise et léchée, le piqué et la définition de l’image sont impeccables. Jonglant avec les clairs / obscurs, la photo rappelle sans cesse l’image d’Épinal d’une Boston qu’on imagine grisâtre, industrielle, rouillée et pour autant transpercée de lumière. Balayant sa caméra entre archives et prises de vues, le cinéaste cherche autant à s’inspirer de The Shield que du 20 heures. C’est réussi et esthétiquement cohérent.

Son : 5/6 . Le mixage audio surprenant lors de certaines explosions (des cœurs ou de la ferraille) laisse exploser sa rage lors d’un final abrutissant. La guérilla urbaine est inoubliable de vibration, d’écho, de perte de repères et du manque d’air. Magnifié par la partition des deux génies, la musique fait très bien son job. Comme tout le monde.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :