Poster un commentaire

KONA

1

JEU 2/6

TECHNIQUE 2/6

GENRE : AVENTURE

ÉDITEUR / DÉVELOPPEUR : PARABOLE

DURÉE : 5/6 HEURES

LANGUE : QUÉBECOIS – ANGLAIS

SOUS-TITRES : ALLEMAND, FRANÇAIS, ANGLAIS, ITALIEN, ESPAGNOL

TAILLE : 3,9GO

DATE DE SORTIE 17 mars 2017

JOUABLE EN SOLO

SITE OFFICIEL : http://konagame.com/

Fonctionnalité de vibration DUALSHOCK®4 PAL HD 720p,1080i,1080p

DISPONIBLE SUR PC / PS4 / XBOX ONE

Nord du Québec, Canada, 1970. Un étrange blizzard sévit sur le Lac Atâmipêk. Entrez dans la peau d’un détective pour explorer un village des plus mystérieux, enquêter sur des événements surnaturels et survivre à la colère des éléments. La première itération d’une série de quatre jeux, Kona est un conte interactif qui vous donnera froid dans le dos. Octobre 1970. W. Hamilton, un riche industriel, rapporte plusieurs cas de vandalisme perpétrés sur sa propriété, un manoir de chasse situé au Nord du Québec, Canada. Incapable de trouver les coupables, Hamilton fait appel à Carl Faubert, un détective privé de renom, pour prendre l’affaire en main. Dans Kona, Carl se retrouve prisonnier au milieu d’une tempête impromptue, loin au nord. Le joueur incarne donc le détective Faubert et devra faire la lumière sur les événements étranges qui s’abattent sur la région.

UN PLAN SIMPLE

Brothers, Braid, Unravel… La scène indépendante ne cesse de jeter aux rétines du monde des pépites toujours plus créatives, innovantes et surprenantes. Un bonheur pour tous les selfs made men. Un champ des possibles illimité permettant à chaque personnalité, à chaque sensibilité de trouver chaussure à son pied. Nouveau venu du studio québécois Parabole, KONA ne joue donc pas dans la cour des triple A. Perdu dans les plaines enneigées du grand nord des 70’s, lorgnant du côté du film de Sam Raimi Un Plan simple ou de la formidable série Fargo (elle-même adaptée du non moins formidable film des frères Coen), nous suivons les aventures de Carl, détective privé mercenaire au service d’un riche homme d’affaire. A bord de sa Chelrovet (ou quelque chose comme ça !), Carl ne tarde pas à se retrouver piégé dans ce désert de blancheur et dans lequel tous les arbres sont frères. Il en ira de même pour la perte de son capital de sympathie (ou de mystère) tant la voix off omnisciente (voir omniprésente) dévoile tous les tenants et aboutissants du scénario dès le premier quart d’heure. On a déjà connu mieux en matière d’exposition et de crescendo. Soit, n’est pas Naughty Dog qui veut.

Sous les indications du doubleur Guy Nadon, nous ne tardons donc pas à emboutir notre véhicule et à nous réveiller blessé à la suite d’un croisement de véhicules inattendu n’étant pas sans rappeler l’un des plans de fin du chef d’œuvre de Sean Penn : The Pledge. Perdu dans le froid glacial, les mains fébriles et l’écume aux lèvres, c’est le début d’une aventure qui s’annonce palpitante. Dès l’apparition d’élégants menus et d‘ une musique de fond au diapason (regardant à l’évidence au-dessus de l’épaule de Life is strange), on se dit que le travail soigné portera ses fruits et nous sommes prêts à nous abandonner dans une intrigue à tiroirs complexe et aux multiples rebondissements.  Que ce soit par sa gestion de certains impératifs vitaux comme le froid ou le stress, le jeu multiplie dans son premier quart les bonnes idées. Des inserts de lettrages jaunes en mode Watchmen ou polar américain, l’abandon d’un joueur qui avance à pas feutrés ou la découverte d’un gameplay basique mais sans aucunes indications, on se dit rapidement qu’on devrait passer un très bon moment durant cette enquête convenue et prévisible mais qui soigne son entame. Ce ne sera malheureusement que de courte durée, le jeu ne résistant pas à soutenir sur la durée ses louables intentions.

Si vous avez joué au bouleversant et visuellement époustouflant The Vanishing of Ethan Carter, dans un registre similaire : force est de constater que le joueur exigeant risque de pester devant KONA. Bien mieux réalisé, scénarisé avec bien plus de précaution et de scénographie, le jeu ne souffre aucune comparaison. Ici, malgré un départ prometteur, le joueur est rapidement pris par la main, pour ne plus jamais la lâcher… Comme évoqué plus haut, ce narrateur devient vite envahissant lorsqu’il surine à nos déjà éprouvées esgourdes que nous ne devrions pas partir de cet endroit, qu’il reste un item à trouver… Pour un détective, dans un pseudo monde ouvert : le bât blesse. A plus forte raison lorsqu’on nous félicite d’avoir nettoyé une zone que nous pouvons désormais quitter pour ne plus jamais y revenir. L’ambiance c‘est vrai est agréable, mais tous les organes qui font qu’un jeu peut être soit plaisant ou très agaçant sont ici malheureusement traités par-dessus la jambe.

MAUDITS NIAISEUX!

Que dire ainsi d’un détective s’aventurant dans le désert de glace sans boussole (là où Firewatch ne loupe pas l’évidence), obligeant sans cesse des allers-retours avec la carte ? Que dire d’un jeu dans lequel le joueur doit sortir de son véhicule pour consulter une map? Que dire de l’animation des loups ou des deux pauvres combats durant toute l’aventure (deux loups à coups de hache ou de fusil et le boss). Basta. C’est tout simplement insupportable, inexcusable, qui plus est saupoudré d’une conduite qu’on a pas connu aussi laborieuse depuis Micro Machines ! Ajoutant enfin à cela un accent québécois difficilement compatible avec la notion de tension, d’épouvante ou de mystère, la note (sic) commence à devenir salée. En effet, et malgré toute la tendresse que nous avons pour ce beau pays et nos cousins québécois, alors que la mise en scène et la narration se devraient d’être lourdes et étouffantes, impossible de ne pas sourire (voir pire) en entendant les mots « chauffette » pour radiateur, « pelisse » pour parka ou, et c’est notre préféré : « un homme de bras » pour un homme de main ! Même avec la meilleure volonté du monde, impossible de retenir ses éclats.

Nous ne nous attendions pas à mettre les mains (ou les bras) sur le nouveau Deadly Prémonition mais pas non plus à revenir plusieurs décennies en arrière en matière de mécaniques de gameplay, réalisation ou scénarii. La conduite de la voiture pour commencer est un enfer. De nuit ? c’est la vision cauchemardesque de Dante qui se déchaine… Les polygones eux sont dignes du début de la ps3 (seules les écharpes de lumières bleutées font du bien aux mirettes). Le cadrage du polaroid est inexplicable et l’on manque le coup huit fois sur dix. La voix off omnisciente en guise de narration est quand a elle la jambe de bois d’une histoire que l’on pouvait imaginer contée de mille et une façons. Des bribes d’articles de presse, des journaux intimes en nombre, des appels téléphoniques… Et, soyons fous : des rencontres ! Nous ne rencontrerons durant les faméliques 6 heures de jeu pour clôturer l’aventure qu’ UN SEUL pnj !?!? Tout ceci transpire tout simplement la paresse. En même temps, pas de problème d’IA puisqu’on est toujours seul. Terriblement seul… C’est dommage et surtout agaçant. Au-delà donc d’un traitement bâclé surprenant et évoqué plus haut, KONA ne devrait en aucun cas rester dans les mémoires. En effet, malgré une ambiance soignée (sans être révolutionnaire), la limpidité des enjeux et un dernier tiers bien plus attachant (la mine, la découverte de l’incident, la traversée du mur de glace…), impossible de nier les trop nombreux défauts d’un titre que l’on aurait aimé adorer.

A 20 euros, impossible de fermer les yeux sur ses 90% de tiroirs vides ou son inventaire dont on n’utilise pas la moitié des objets. Pour notre premier (et unique) run : nul besoin d’aspirine, de fusée éclairante, de marteau, de cigarettes… Nous pourrions ainsi continuer ad vitam aeternam. Parachevant son œuvre avec un boss de fin dont il vous faudra absolument comprendre la SEULE technique requise pour le vaincre (pratique de toute façon lorsqu’on culmine à 14 FPS…), une quête sans intérêt sur une motoneige à remettre en état pour ne jamais l’utiliser et surtout LE POINT NOIR du titre : ces incompréhensibles temps de chargements, force est de constater que n’avons pas passé un merveilleux moment en compagnie du pourtant intriguant KONA. On peut même parier que la moitié des joueurs devraient supprimer le jeu après le dixième temps de chargement inopiné ou à cause de l’utilisation de la carte. L’idée des scénaristes d’inclure du fantastique dans un jeu où notre héros, trop fragile pour s’aventurer hors des sentiers battus, se contente d’aller d’une croix a une autre en pilotage automatique eut été une bonne idée avec un minimum d’implication et d’écriture. Ici, niveau inspiration et sans vous spoiler, on est plus proche du cimetière indien en matière d’originalité… Bouclé en une après-midi, jamais effrayant et balisé comme le tracé du petit poucet, décevant par sa fin bâclée malgré de louables intentions de départ, KONA est donc une déception à récupérer lors des prochaines soldes en ligne. Si vous êtes fan de polars scandinaves, de Twin Peaks et peu regardant sur la technique. Uniquement à toutes ces conditions.

LA TECHNIQUE

Comme évoqué plus haut, la technique n’est pas le point fort du titre. Bien qu’on ne s’attende pas à de la 4K, du 60 FPS constant ou des textures de végétation vivantes et indépendantes, force est de constater que malgré une DA passe – partout plutôt jolie à parcourir, le titre ne brille pas par son avant-gardisme. Peu importe les moyens, on est ici face à un véritable downgrade graphique inacceptable en 2017. Si le plus insupportable reproche est adressé à ces intolérables freeze d’image plusieurs secondes durant en plein milieu d’un déplacement (un peu comme regarder un film en streaming avec une connexion 56K), les casseroles sont trop nombreuses pour se montrer exhaustif. Le clipping est omniprésent (ça pop même souvent à la manière d’un No Man’s Sky), l’aliasing est omniprésent, et les textures en fausses 3D légions. Impossible de nier que l’univers d’une aventure vidéoludique va bien au-delà de la qualité de ses textures ou le nombre de polygones affichées mais si en plus d’une aventure convenue et prévisible, le joueur ne peut se voir proposer une partie tout au moins fluide et sans ralentissements, alors il est naturel de montrer du doigt un impair quasi irrémissible. Pour le prix actuel, sur le playstation store, d’un Darksiders Warmastered Edition, Dead island Definitive Edition, Firewatch, Everybody’s gone to the rapture, Furi, Inside, Metro 2033, Layers of fear ou Little Nightmares : la conclusion est sans appel. Pour conclure : la replay-value est inexistante sauf peut-être pour s’aventurer en ligne droite une fois votre parka sur le dos, le temps de quelques minutes. Pas non plus de mode en ligne ou de new game +. Bref, un jeu inoffensif et une mauvaise affaire à ce prix.

 

Poster un commentaire

DEATH RACE 2050

1

La Course à la mort de l’an 2050 (Death Race 3000)

Roger Corman’s Death Race 2050 – USA – 2016

Genre : Action / Science-Fiction / Comédie

Réalisateur : G.J Echternkamp, Matt Yamashita

Acteurs : Manu Bennett, Malcolm McDowell, Marci Miller, Burt Grinstead, Folake Olowofoyeku Durée : 89 minutes

Image : 1.78:1

Son : Japonais (DTS 5.1), Italien (DTS 5.1), Allemand (DTS 5.1), Anglais (DTS-HD 5.1), Français (DTS 5.1), Espagnol (DTS 5.1)

S-T : Allemand, Arabe, Japonais, Italien, Français, Suédois, Finnois, Danois, Portugais, Hindi, Norvégien, Néerlandais, Espagnol, Islandais

Éditeur/distrib. : Universal Pictures Date de sortie : 01 02 2017

Site officiel:

Film : 3/6 Technique : 3/6

Interactivité 3/6

Synopsis : Dans un futur proche, l’Amérique est contrôlée par un conglomérat d’entreprises tout-puissant. L’évènement majeur de l’année est une course de voitures où tous les coups sont permis ! Le champion en titre est un demi-homme, à la fois humain et machine répondant au nom de Frankenstein. Mais ce qu’il ne sait pas, c’est que cette fois son co-pilote est un espion rebelle qui souhaite renverser le pouvoir…

LES ÉVADÉS DE L’AN 2050

Suite du culte pour tous les bisseux La course à la mort de l’an 2000, (sorti en 1975 avec le débutant Sly), ce nouveau méfait du pape de la série Z ne déroge pas à la règle avec un ovni embarrassant et fun.

Complètement fauché, mais assumé (à l’inverse du remake de Paul W. Anderson : la série des Résident Evil ET Event Horizon, allez comprendre), le film est un véritable délire sous acide entre cinéphiles consentants. Repompant sans vergogne les succès des 10 dernières années (Hunger Games et Mad Max Fury Road en tête), le métrage serait plutôt à ranger entre une soirée Sharknado ou un fond visuel pour concept store branché. Impossible de le nier, le film est mauvais. Très mal interprété (le Tom Hardy du pauvre, la journaliste, la bombe sexuelle…), peu inspiré malgré quelques trouvailles visuelles sympathiques (le meurtre de K2000), ce Carmageddon like ne pourra satisfaire que les véritables amoureux du cinéma corrosif et sincère. Inutile de chercher un quelconque intérêt cinématographique, le film transpire le déjà vu. Plans saccadés accélérés, fonds verts, personnages surjoués, tout, absolument tout ressemble au manuel d’erreurs à ne pas reproduire pour les apprentis cinéastes. Pour autant, pour peu que vous mettiez votre matière grise en veille, que vous appeliez quelques amis à vous retrouver accompagnés de quelques bières et de pizza, nul doute que vous passerez une très belle soirée. Nécessitant un état éthylique avancé pour apprécier son côté décalé et risible, La couse à la mort de l’an 2050 fait du bien par sa sincérité et son dévouement. Pas besoin de s’embarrasser avec des lignes de scripts, le but est simple: inutile d’arriver en tête, l’important est de faire le plus de victimes sur la route.A l’image de l’extraordinaire série animée d’Hannah Barbera Les Fous du volant, la pellicule doit donc se recevoir comme un pause naïve et distrayante.

SPEED RACER… MAIS AVEC UN CRICK

Sexy, gore, rentre-dedans, hallucinogène ou caustique, le film de G. J. Echterkamp redouble d’efforts pour maintenir un peu d’intérêt. Critique virulente pour les anti-libéraux, les capitalistes, les cyniques ou le système de surveillance civile américain (patriote paraît-il…), tout le monde en prends pour son grade. Ainsi, si vous savez a quoi vous attendre, que le pédantisme ne fait pas partie de votre vocabulaire et que Pierre Niney vous donne des envies de meurtres, vous devriez passer un bon moment. Amoureux de Mad Movies, voilà une nouvelle raison de défendre le cinéma fauché et qui traîne ses traces de pneus (ça tombe bien) hors des sentiers battus. Symptôme d’une Amérique dirigée pour encore quelques temps (hors réveil) par un président complètement à côté de ses pompes, le film ressemble a l’Amérique. Aussi génial que critiquable, fascinant que schizophrène. Navet bienvenu offrant même la confirmation que Malcolm McDowell est désormais complètement hasbeen et doté de tagline particulièrement rafraîchissantes (« Je veux pas mourir sans être bourré »), la suite du film de Paul Bartel devrait donc ravir les amoureux de Nanarland, de ninjas et de jolis fessiers. A l’image du merveilleux Running Man, Death Race 3000 enfonce des portes ouvertes (la victoire ou la mort pour le bonheur des téléspectateurs) mais s’adressant frontalement à son spectateur (même dans sa forme), impossible de lui en vouloir, on se contente de se marrer devant la coupe du président.

Parsèment son délire pelliculé par quelques moments de discours sur l’avenir du monde et sa folie (il cite même Blaise Pascal!!), force est de constater que ces réflexions sont drôlement inoffensives. Plus proche des Dessous des cartes pour les nuls que d’une analyse géopolitique, ne cherchez pas midi à 14 heures pour ce produit 100 % Corman. Des jolies gonzesses, des bagnoles en carton customisés, des crachats au visage de cet abruti de Donald Trump, rien a ajouter, à plus de 90 ans, l’icône du bis a toujours le feu sacré et nous offre ici un navet stratosphérique arrivé 30 ans trop tard mais particulièrement attachant.

Image : Le transfert est précis mais gare aux fonds verts et aux CGI particulièrement embarrassants.

Son : Le doby digital 5.1 fait le travail et le doublage français est satisfaisant. mais la version originale donne plus d’ampleur au multicanal.

Interactivité : Le très court making-of d’une dizaine de minutes intéresse pour l’intervention de Roger Corman. Le plaisir de l’équipe qui se marre à chaque plan confirme que c’est un travail d’équipe avançant dans un but commun. Les scènes coupées elles portent bien leur nom et la légitimité de leur suppression ne fait aucun doute. Le look de 2050 s’attarde durant quelques minutes sur les costumes du film. Inoffensif donc. Voiture à gogo met l’accent sur l’ingéniosité de l’équipe pour transformer les bolides. Tour d’horizon des voitures présente les 5 voitures par leur pilotes et se suit sans déplaisir grâce à l’humour de ces derniers.

Liste des bonus :
Making of
Le look de 2050
Tour d’horizon des voitures
Voiture à gogo
Scènes coupées

Poster un commentaire

Jack Reacher : Never Go Back

Jack-Reacher-Never-Go-Back-Images

JACK REACHER: NEVER GO BACK – USA – 2017

Genre : Action / Thriller
Réalisateur : Edward Zwick
Acteurs : Tom Cruise, Cobie Smulders, Robert Knepper, Adis Hodge, Danika Yarosh
Musique : Henry Jackman
Durée :  1h58min

Image : Codec: MPEG-4 AVC Resolution: 1080p Aspect ratio: 2.39:1Original aspect ratio: 2.39:1
Son : English: Dolby Atmos English: Dolby TrueHD 7.1 French (Canada): Dolby Digital 5.1 Spanish: Dolby Digital 5.1 Portuguese: Dolby Digital 5.1
S-T : English, English SDH, French, Portuguese, Spanish
Éditeur/distrib. : Paramount ¨Pictures – Universal Pictures Vidéo
Date de sortie : 19 octobre 2016 en salles

Site officiel: http://www.jackreacher.fr/

Film : 1/6
Technique : 4/6
Interactivité :3/6

Synopsis :Jack Reacher est de retour, prêt à tout pour obtenir justice. Susan Turner, qui dirige son ancienne unité, est arrêtée pour trahison : Jack Reacher ne reculera devant rien pour prouver l’innocence de la jeune femme. Ensemble, ils sont décidés à faire éclater la vérité sur ce complot d’État.

TOP GUN… A BOUCHONS

De retour avec le metteur en scène de l’oubliable Dernier Samouraï (déjà dédié à la gloire du grand Tom), adapté du livre éponyme de Lee Child, on navigue en eaux familières (et un peu troubles) pour ce second volet des aventures du badass Jack. Enfin badass…

Formidable acteur malgré de nombreux détracteurs, Tom Cruise a longtemps été LA référence, LE nom. Mais un paquet de nouvelles bobines sont depuis apparues et il n’y a désormais qu’ à se baisser pour que la comparaison scarifie ce bon vieux Tom. Jake Gyllenhall, Ryan Gosling, Léo (le roi), Tom Hardy… Aujourd’hui, celui qui a tourné dans le dernier Kubrick ne tient plus la cadence.  C’est d’ailleurs à ce moment précis que la pression monte. Pourquoi nier l’évidence ? Pourquoi continuer à faire des films d’actions alors que sa palette de jeu parviendrait sans peine à magnifier thrillers, films d ‘espionnages ou suspense? Souvenez-vous pour vous en convaincre du sublime La Firme! Malgré un hallucinant dernier épisode de Mission Impossible, chant du cygne des capacités physiques du bonhomme, on a pour la première fois du mal à reconnaître la star… N’étant déjà plus un Expendable avec 20 ans de moins, on se retrouve souvent mal à l’aise face à la pauvreté, le manque d’impact et surtout les durées faméliques des 2 ou 3 séquences de combat du film. Tout au plus quelques secondes… Aujourd’hui à des années lumières du cinéma d’action asiatique, notamment coréen, le film d’Edward Zwick ne souffre aucune comparaison. Frais, décomplexé, assumé et surtout libre, le premier volet était un petit plaisir coupable à déguster entre amis autour de quelques bières. C’est donc cette réflexion que Tom Cruise aurait dû entreprendre pour ce direct to vidéo de luxe. Ressemblant à s’y méprendre à un téléfilm de seconde partie de soirée, le métrage n’intéresse jamais. Pire, il évolue vers l’embarrassant en accumulant les poncifs jusqu’à s’exclamer :  »non il n’ont pas osé!?», le film se prenant bien trop au sérieux. Ennuyeux à mourir, bourré de clichés et d’intrigues post-it, le film en devient même insultant en saupoudrant son intrigue de faux indices ! Se croyant plus malin que son spectateur cinéphile, la pellicule en devient même agaçante. Le manque de palpitant sur les courses-poursuites ou la fébrilité de la mise en scène sont sans doute parmi les premiers griefs. Mad Max Fury Road est passé par là, le niveau d’écart est inmesurable.

THE LAST ACTION HERO ?

 Rosamund Pike a disparue (sic) et Cobie Smulders ne joue pas dans la même cour. Comme dans Avengers, a chaque apparition, on s’attend à la voir chanter Let’s go to the mall ! On est donc très loin de la partition de Gone Girl. Une vraie et belle erreur de casting. Scénarisé par le réalisateur et deux comparses peu inspirés, n’offrant même pas le plaisir de voir se déshabiller la tout de même jolie Codie : difficile de trouver des qualités au métrage tant ce dernier est lisible dès les 5 premières minutes. Malgré ces efforts pour prendre son spectateur a contre-pieds (bluette ? Parenté ?), le script se noie dans un énième récit 1000 fois exploité. Sur fond de complots et de trafic d’armes, de sociétés militaires privées et de mercenaires eux aussi vieillissants, Jack Reacher Never Go Back ! est simplement barbant et extrêmement mal filmé. Loin de la gifle  Blood Diamond, on ne souffre ici aucun punch, aucune trouvaille formelle ni instant de grâce. Loin, bien loin d’un The Raid 2 par exemple. Comme exprimé plus haut, laborieux, premier degré ou prétentieux, le film n’a aucun intérêt. Tom Cruise devrait donc in fine songer à arrêter la production de films destinés à le glorifier pour réfléchir à des projets érudits et enrichissants. La fin de carrière qui s’annonce est à la croisée des chemins. S’il veut laisser une marque à l’image d’un Jeff Bridges par exemple, les choix à venir seront cruciaux pour ne pas devenir has-been.

John Wic 2 du pauvre où pour la première fois Cruise peine à trouver son second souffle, une évidence s’impose : Jack, never go back !

Image : Profondeur de champ, noir profond : force est de constater que techniquement, c’est inattaquable. Le piqué est assez hallucinant. On a jamais si bien apprécié la couperose de Lestat de Lioncourt

Son : Le son envoi du lourd. Les explosions et rafales aident à rester éveillé. Privilégier la vo et le Dolby Atmos puissant et bien équilibré

Interactivité : Malgré deux heures de bonus, on baigne en pleine promo. Film formidable, acteurs au top… Tout le monde fait de son mieux pour vendre sa série B comme un James Bond. Mais que ce soit les modules sur le retour de Reacher (dont tout le monde se fiche), le fight attendu pendant deux heures sur le toit ou pire, celui sur la famille: on ne peut s’empêcher de survoler tout cela du coin de l’œil. Les séquences de combats chorégraphiés sont par exemple bien plus longues que les scènes elles-mêmes. Une famille « inattendue »? Vraiment ? Si on n’a jamais mis les pieds dans une salle de cinéma peut-être… Deux bons amuses bouches à retenir toutefois avec la featurette sur les confidences de l’acteur et de David James, le photographe de plateau. Le module le plus intéressant reste toutefois celui de la séquence de carnaval en Louisiane, la meilleure idée du film.

Liste des bonus : 

Le retour de Reacher
Pas de pitié : combat sur le toit
Une famille inattendue
Sans répit : sur le tournage en Louisiane
Accomplis ta vengeance : combat à mort
Reacher dans l’objectif : avec Tom Cruise et le photographe David James

Poster un commentaire

INJECTION : TOME 1

Sans titre.png

Dessinateur : Declan Shalvey

Scénariste : Warren Ellis

128 pages

Date de sortie : 20 janvier 2017

Collection : URBAN INDIES

3/6

Synopsis : Cinq génies sont invités à jouer les apprentis sorciers et à inventer, littéralement, la prochaine évolution technique de l’homme afin de permettre à celui-ci de poursuivre son évolution. Mais le résultat de leur démarche dépasse toutes leurs espérances, ou plutôt leurs peurs les plus profondes.

LA TAUPE SORTIE D’ASILE

Une création de Warren Ellis est toujours un évènement. Planetary, Trees ou le génialissime Transmetropolitan : le romancier – scénariste surdoué, également source d’inspiration pour le  cinéma (Red, Iron Man 3), est une référence. Touche à tout auteur d’articles sur les nouvelles technologies, l’érudition du bonhomme l’a visiblement servi pour imaginer ce récit particulièrement tordu et hermétique. Épaulé par l’auteur irlandais Declan Shalvey à l’univers particulièrement sombre et désenchanté (Freakshow, Sweeney Todd, le spin off de 28 Jours plus tard) et déjà bras droit sur Marvel Moon Knight, le tout distribué par l’excellent éditeur Urban Comics… Impossible de le nier, on bave ici d’impatience à la réception du comic book tant la dream tream promet tous les fantasmes. Et pourtant… Particulièrement ambitieuses (prétentieuses ?), les thématiques avec lesquels jongle le scénariste font forcément écho dans un monde en pleine mutation, en pleine crise identitaire face à une science toute puissante, entre fascination et défiance, méfiance et abandon. Dans un élan parfaitement cohérent, la bande dessinée commence avec moult précautions à poser les bases d’un monde particulièrement complexe. Une équipe de scientifique aux motivations obscurs, une organisation secrète mystérieuse, un puzzle qui avance lentement vers des enjeux planétaires, force est de constater qu’on avance à tâtons dès les premières lignes. Le style est magnifique, le découpage impeccable mais l’exposition des faits, et c’est voulu, est toutefois sacrément éprouvante. N’est pas Ghost in the shell qui veut. Rugueuse, exigeante, au crayonné minérale hypnotisant, nul doute que certains poseront les mains sur Injection en lisant le nom d’Ellis mais n’iront pas plus loin que quelques pages. Malgré toutes ces réticences ce serait un tort.

 LA MÉMOIRE DANS LES VEINES

Car le parti pris d’Ellis, notamment son refus d’une structure linéaire classique fait grandir l’aventure. Débarqué dans un asile sans sommation, encore dérouté par un propos écologique inquiétant et une nébuleuse corporation, le récit sera visiblement exigeant et demandera une implication totale de son lectorat. On navigue en eaux troubles quand à cette fameuse « injection », ces pouvoirs inexpliqués et ces héros qui n’en sont pas (encore l’amour d’Ellis pour les « sans voix »). Heureusement magnifiés par la coloriste Jodie Bellaire, elle aussi bourrée  de talent, on persiste.  Complexe à résumer et à exposer, Ellis le génie distille son œuvre comme bon lui semble. Il conviendra à l’évidence de juger sa création une fois le mot « FIN » imprimé. Jeu de piste souvent déroutant, ce 3/6 est donc à entendre comme un ‘wait and see’… Des personnages brisés par la vie, certaines cases éblouissantes (le fight) et une histoire qui ne prend pas ses lecteurs pour des abrutis : ce n’est déjà pas si mal. Ajoutant à cela un graphisme d’orfèvre, une évolution constante de l’intrigue entre occultisme et sf, espionnage et magie ou une écriture mature de personnages intrigants : on laisse la porte ouverte à une suite très attendue.

A ne pas mettre dans toute les mains, nécessitant un minimum d’implication pour digérer les flashbacks et les questions sans réponses, ce premier tome est un vrai travail d’équipe. Le trait illustrant à merveille les fulgurances de l’auteur, avançons alors à pas feutrés car on tient peut-être là un futur classique si le dynamisme du second tome laisse exploser sa rage. Affaire à suivre.

Poster un commentaire

OLYMPUS MONS T1

1

TOME 01 : ANOMALIE UN

Dessinateur : Stefano Raffaele
Scénariste : Christophe Bec

56 pages

Album cartonné

234 X 323 mm

14 euros 95

Date de sortie : 25 janvier 2017

4/6

Synopsis : 2026. D’étranges phénomènes se produisent simultanément en différents lieux. Dans les profondeurs de la Mer Baltique, des chasseurs de trésors sous-marins découvrent ce qui semble être les vestiges d’un artefact inconnu ; dans l’Iowa, un medium est hanté par d’étranges visions dans lesquelles il visite une épave mystérieuse au fond de la mer. Sur un écran, un message adressé aux habitants de la Terre ; sur Mars, des cosmonautes trouvent une série d’objets énigmatiques. En suivant leur piste, ils arrivent sur les pentes de la plus haute éminence de Mars : le Mont Olympus, où ils découvrent la carcasse d’un vaisseau spatial. L’énigme est totale mais aucun doute : ces différents phénomènes sont bien liés entre eux !

UN PETIT PAS POUR L’HOMME

Plongée en Mer Baltique à la recherche d’un mystérieux artefact, visions cauchemardesques d’une hypnotisante épave en Iowa, tournage risqué en Turquie … Le moins que l’on puisse dire est que ce premier tome d’Olympus Mons fait voyager son lecteur… Un voyage éprouvant jusqu’aux confins d’une galaxie surprenante et malheureusement inhospitalière. A l’origine : Olympus Mons, appellation latine du mont Olympe est un volcan bouclier situé dans les quadrangles d’Amazonis et de Tharsis de la planète rouge. Plus haut relief connu du système solaire culminant à 21 229 mètres, le mont fascine les astronomes.

Une roche montagneuse à haut potentiel réfléchissant : voilà un théâtre scénaristique particulièrement intéressant. C’est ce théâtre inouï qu’ont choisi d’exploiter les auteurs de Prométhée et Deepwater Prison. Saga inspirée des « anomalies de la mer baltique » et prévoyant une parution biannuelle, Christophe Bec et Stephano Raffaele (Batman, Conan le barbare…) embarquent leur auditoire dans un récit particulièrement audacieux et (trop ?) ambitieux. Ambitieux donc car le scénariste choisit ici de morceler son histoire à outrance. Un choc rapidement ingurgité mais particulièrement préjudiciable. En effet, impossible ici de s’abandonner à l’imagination car toutes les 6/8 pages, le récit morcelé en 4 intrigues destinées à se regrouper change de protagonistes. Difficile donc de s’acoquiner avec ces derniers et de lâcher prise. Un parti pris surprenant, dommageable mais pas insurmontable.

Visuellement assez quelconque (de jolis effets de lumières et un cadre impeccable malgré tout), impossible pour autant de nier le pied ressenti à la lecture de ces trop courtes pages.

MEMENTO MORI

En effet, plongé dès les premières lignes dans la découverte de San Salvador (n’étant pas sans rappeler le 1492 de Ridley Scott) ou perdu dans des intrigues à tiroirs jonglant entre le Memento de Christopher Nolan ou Déjà vu : Olympus Mons risque de ne laisser personne indifférent. Thriller d’anticipation obsédant et transpirant la sueur et la planche de travail, le thriller en 3 dimensions (fond marins, montagne, planète) joue avec les parallèles de la tridimensionnalité extatique de la conscience. Séparées de plusieurs centaines d’années, les aventures de ces quatre équipes formeront à coup sûr un grand tout lors du twist final. Pour autant (et malgré un manque flagrant d’originalité), impossible de lâcher la bd. Captivante, l’histoire ne fera surement pas l’humanité eu égard à ce puzzle morcelé et gâchant parfois le plaisir de la découverte. Quid de ce gigantesque fragment de vaisseau extraterrestre ? De ces visions médiumniques ? En l’état, ces 4 intrigues qui n’en formeront qu’une laissent un vrai gout d’inachevé par cette structure narrative exigeante mais maitrisée. Un premier tome qui ne raconte pas grand-chose et se contente de poser les bases pour une montée en puissance qu’on espère dantesque. En attendant, on ronge notre frein.

Si l’on en croit l’exceptionnelle couverture de Pierre Loyvet, Olympus Mons T1 joue les Prometheus (tiens, encore Ridley Scott) dans son illustration formelle et pose les jalons d’une aventure qui s’annonce comme l’une des plus belles promesses de 2017 en matière de SF. Des russes les premiers sur mars (vous avez dit Le Maitre du Haut-Château ?), un crash en mode Roswell, des clins d’œil soutenus : on trépigne donc d’impatience et la bave aux lèvres pour la suite de cette mise en bouche classique mais sacrément efficace. Une très bonne entrée en matière.